C'est vrai, on ne va pas se mentir, notre hommage à 2020 sera un rien teinté de soulagement après cette année ubuesque, marquée à jamais par le sceau du Covid et de nos libertés étranglées, de la mort énoncée chaque matin en de sinistres statistiques et de nos proches éloignés, vus à distance, à travers un masque. Peu de choses nous ont été épargnées et nombreux sont ceux qui de disent, jusque dans les couloirs du métro de Paris, que l'on n'est pas fâché de se débarrasser de cette cuvée qui était pourtant jolie avec sa symétrie dans les chiffres. Bonne nouvelle : 2020 se termine!
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C'est vrai, on ne va pas se mentir, notre hommage à 2020 sera un rien teinté de soulagement après cette année ubuesque, marquée à jamais par le sceau du Covid et de nos libertés étranglées, de la mort énoncée chaque matin en de sinistres statistiques et de nos proches éloignés, vus à distance, à travers un masque. Peu de choses nous ont été épargnées et nombreux sont ceux qui de disent, jusque dans les couloirs du métro de Paris, que l'on n'est pas fâché de se débarrasser de cette cuvée qui était pourtant jolie avec sa symétrie dans les chiffres. Bonne nouvelle : 2020 se termine!A vrai dire, le caractère ubuesque de cette année nous aura fait aussi sourire jusqu'à bout, en nous poussant dans nos retranchements au sujet de de notre vision du monde. Enfermés que nous étions, elle été forcément étriquée. Regardez comment elle se termine ! Il est interdit de circuler dans les Fagnes du 1er au 3 janvier - on se pince - après que la région ait été prise d'assaut les jours précédents, marqués par l'improbable buzz d'un cycliste bousculant une enfant et provoquant un tollé sur les réseaux sociaux - on se repince. Mieux vaut en rire, peut-être, à la façon de Coucou Charles, même si cela dit beaucoup sur ce que nous sommes.Rien ne nous aura été épargné, pas même la délation, tiens, cher Thomas Gunzig. Ceux qui respectent scrupuleusement les règles sont épuisés, ils en veulent à ceux qui ne les respectent pas, ils les dénoncent et se disent que tout compte, eux aussi ne le respecteraient pas. Voilà: cette semaine, 100 000 Belges sont partis en vacances à l'étranger, alors que c'est fortement déconseillé par le gouvernement. Oui, cent mille...Allez, ouste 2020, que vienne 2021! A vrai dire, on se surprend à ne pas trop oser souhaiter la bonne année à ceux qui nous sont proches, tant on craint que la suivante ne soit pire. "L'an dernier, s'amuse le député fédéral Patrick Prévot (PS), j'ai souhaité une bonne année et une bonne santé à toute la communauté Twitter. Vu le résultat en 2020, j'ai hésité à réitérer mes voeux." Nous le ferons quand même, gorgés d'espoir, convaincus que la vaccination nous permettra de voir le bout de tunnel, que 2021 sera emplie de rires, de bisous, de festivals, de voyages, de tablées gigantesques... On peut rêver.A l'instar de Didier Reynders (MR), notre commissaire européen, peut-être se contentera-t-on de souffler des voeux de santé, de bonheur et de contact humain. Oui, c'est fou quand même, nous voilà à nous souhaiter des contacts humains, la vieille formule éculée est revisitée: bonne année, bonne santé, bonne humanité!Accueillons donc 2021, c'est mieux. Paul Magnette, président du PS, réveille un slogan de... l'ancien président Guy Spitaels pour souhaiter "le retour du coeur". La président français Valéry Giscard d'Estaing, disparu cette année, aurait précisé qu'il ne dispose pas du monopole du coeur. Mais soit: la crise sanitaire démente que nous traversons a réveillé la solidarité, la prise en considération des métiers de la santé ou "de première ligne"... même si le naturel revient vite au galop et que, concrètement, nombreux sont ceux qui souffrent de déconsidération - songeons aux métiers soudain devenu "non-essentiels" - quelle tristesse.N'oublions tout de même pas: 2020 aura quand même été l'année de la prise de responsabilité, de la naissance d'un gouvernement fédéral (mais oui) avec un axe bleu-vert (mais oui, aussi). Dixit Georges-Louis Bouchez, devenu "el Tom Cruise du Borinage" le temps d'une vidéo: "Certains diront qu'elle fut affreuse. Elle n'a pas été douce, ni très heureuse. C'est un fait. Mais nous devons refuser la morosité. Chaque épreuve, individuelle ou collective, est une opportunité de réformer, de progresser, de réinventer." Ce n'est pas faux.Koen Metsu, bourgmestre Edegem et député fédéral N-VA, souligne même que 2020 fut l'année au cours de laquelle nous avons été heureux avec ce que nous avions déjà. Et joliment, il poursuit: "Le meilleur vaccin contre la misère, c'est nous-mêmes. Nous sommes des supercontaminateurs d'amour et de chaleur." Vous voyez, même les nationalistes trouvent dans cette phase difficile des sursauts d'humanité. Ne désespérons pas, jamais...Pour poursuivre sur le ton de la lumière et de la philosophie, reprenons ces quelques phrases d'un beau texte de Béatrice Delvaux, rédactrice en chef du Soir : "2020, c'est l'année où on devrait avoir compris que les soins de santé et la recherche sont indispensables, tout comme les énergies renouvelables, les plans de mobilité, la réduction des inégalités mais aussi la qualité de l'enseignement. Que l'argent, c'est fait pour investir dans les infrastructures qui protègent les individus, et la politique pour imprimer des changements de cap. Et lorsque sonnera minuit, il fera bon s'asseoir dans l'obscurité avec les siens pour parler de la mort. Se rappeler les disparus et boire quelque chose de chaud. Et repartir à l'assaut, plus tout à fait les mêmes, mais habités d'une irrépressible envie : revivre." C'est joliment exprimé, certains saluent, d'autres y voient la profondeur de tristesse générée par cette année pas comme les autres.Mais oui : revivre ! Alors on se met à espérer nous aussi que l'année débutera par quelques éclaircies dans cette météo maussade. Soyons fous, espérons aussi que les seuils de contaminations de positivité, d'hospitalisés et tout cela seront atteints avant mi-février, pour rouvrir un peu la société. Donner de l'espoir à ceux qui ne peuvent plus exercer les métiers qui sont une raison de vivre : restaurateurs, coiffeurs, acteurs, créateurs de toutes sortes...En attendant, puisons nos sources de sourire et de devenir dans des petites considérations sans chagriner. En renvoyant par exemple à 2020 que l'on n'a pas été contraint de faire de test PCR parce que l'on a télétravaillé et que l'on a tout respecté. Youpie. Vierge pour saluer 2021.