En mai 2018, l'Unité du Bien-Être animal du SPW procédait à la saisie de 151 chiens chez un éleveur de Remicourt. Son permis d'agrément lui avait été retiré en octobre 2017 par le ministre wallon du Bien-être animal, Carlo Di Antonio - une première en Wallonie. En cause, "une série d'infractions constatées sur les normes relatives au bien-être animal" selon le cabinet du ministre. L'éleveur ne pouvait donc plus vendre de chiens. Il n'en était pas à son premier fait d'armes : en 2008, près de 170 chiens avaient déjà été saisis au même chenil.

Les 151 chiens saisis en mai ont été répartis dans différents refuges wallons. Dont 35 à l'ABSL Sans Colliers. Sébastien De Jonge est directeur du refuge. Il était présent à la saisie. "J'ai rarement vu une saisie dans des conditions aussi dramatiques. Les chiens étaient complètement traumatisés" explique l'homme. Selon lui, il s'agissait principalement de maltraitance psychologique. "Les chiens étaient en bonne santé. Mais psychologiquement, ils étaient au bout. Surtout les mamans. Elles n'étaient pas du tout sociabilisées. Elles avaient 5-6 ans et en paraissaient dix de plus" poursuit Sébastien De Jonge.

Un recours introduit par l'éleveur

Le refuge prend en charge les chiens qui y resteront pendant plus de 9 mois. Habituellement, la procédure est plus rapide. Le bourgmestre ou ministre compétent donne sa décision dans les 60 jours. En juillet 2018, près de deux mois après l'intervention du Bien-Être animal, l'éleveur introduit un recours contre la saisie. "C'est ce qui m'a vraiment choqué dans cette affaire : non seulement l'éleveur maltraite ces animaux, mais en plus, il ose contester la saisie" soutient le directeur de Sans Colliers. Contacté par nos soins, l'éleveur n'a pas souhaité s'exprimer.

Le Conseil d'État décide alors de suspendre la procédure. Au motif qu'il n'y avait "Aucune proportionnalité entre la saisie de tous les chiens et les objectifs recherchés au niveau du bien-être animal" selon Me Rigaux, avocat de l'éleveur interrogé par nos confrères de Sudpresse. La saisie n'est pourtant pas "annulée". Les animaux ne sont pas remis au contrevenant et ne peuvent pas non plus être mis à l'adoption. Il se passera alors des mois avant que la décision ne tombe. Une situation difficile pour les refuges. "Ces chiens occupent 30 places, qu'on ne peut pas mettre à la disposition d'autres chiens. En moyenne, un animal reste un mois au refuge. Là, ces trentes places ont été occupées pendant 9 mois. Il faut les nourrir, les soigner. Pour les chiots, il a fallu faire un gros travail de socialisation et d'éducation. Certains de nos bénévoles ne faisaient presque que ça ", explique Sébastien De Jonge. Selon le directeur du refuge, la Région wallonne a versé une indemnité de 150 euros par chien pour leur prise en charge. Une somme qui est loin de rembourser les frais des animaux en question. "Rien que la pension est estimée à 8 euros par jour". Le directeur se réjouit donc que la décision soit enfin tombée. "Un peu plus et la situation serait devenue insoutenable".

[ Saisie de Remicourt ] Pris en charge il y a neuf mois par Sans Collier ASBL, la trentaine de chiens saisis chez l'...

Geplaatst door Sans Collier ASBL op Dinsdag 15 januari 2019

Le 10 janvier 2019, le ministre Carlo Di Antonio ordonne la levée de la saisie et la mise à l'adoption des chiens. Une décision "à l'amiable" avec l'éleveur a pu être trouvée selon le cabinet du ministre. Depuis, une grande majorité des chiens ont été adoptés. Chez Sans Colliers, il ne reste plus que 8 des 35 chiens pris en charge en mai. "Les adoptions ont été très rapides parce que les gens connaissaient leur histoire et ont été touchés. Et pour la plupart, il s'agissait de jeunes chiens. Pour lesquels les gens ont plus d'attraits que pour des plus vieux", poursuit Sébastien De Jonge. Une partie des chiens avaient également été placés en familles d'accueil. La plupart les ont adoptés définitivement à la levée de la saisie.

Une décision qui soulage les refuges, mais aussi les animaux. "Les chiots ont vécu quasiment toutes leurs vies en refuge. Même s'ils étaient mieux ici que chez l'éleveur, ils grandissent mieux en familles. Pour les mamans par contre, ce délai nous a permis de faire un gros travail de socialisation. Quand elles sont arrivées, elles s'urinaient dessus quand on les approchait. On n'aurait pas pu le faire en 2 semaines", explique Sébastien De Jonge.

Le commerce est toujours en activité

Sur Facebook, beaucoup d'internautes se réjouissent de cette décision. Mais certains signalent que l'éleveur a ré-ouvert son commerce sous un autre nom. La page Facebook mentionnée renvoie en effet à la même adresse que l'éleveur chez qui avait eu lieu la saisie. Chez Sans Colliers, on confirme qu'il s'agit du même individu.

L’élevage a déjà réouvert avec un nouvel agrément au nom de « Les Toutous de Bernou » à Pousset. On banni, faites passer le message.

Geplaatst door Morgus Muggle op Woensdag 16 januari 2019

Selon le cabinet du ministre Carlo Di Antonio, l'éleveur s'est vu refuser un nouvel agrément à plusieurs reprises en 2018. Jusqu'à la dernière demande introduite. "Des médecins-vétérinaires de l'administration se sont rendus sur place et ont remarqué de nettes améliorations concernant le respect des conditions réglementaires en matière d'élevage". Un nouvel agrément lui a donc été délivré. Mais le ministre aurait limité cet agrément pour que "l'élevage débute sur des bases saines et plus facilement gérables pour l'éleveur".

N.D.

En mai 2018, l'Unité du Bien-Être animal du SPW procédait à la saisie de 151 chiens chez un éleveur de Remicourt. Son permis d'agrément lui avait été retiré en octobre 2017 par le ministre wallon du Bien-être animal, Carlo Di Antonio - une première en Wallonie. En cause, "une série d'infractions constatées sur les normes relatives au bien-être animal" selon le cabinet du ministre. L'éleveur ne pouvait donc plus vendre de chiens. Il n'en était pas à son premier fait d'armes : en 2008, près de 170 chiens avaient déjà été saisis au même chenil. Les 151 chiens saisis en mai ont été répartis dans différents refuges wallons. Dont 35 à l'ABSL Sans Colliers. Sébastien De Jonge est directeur du refuge. Il était présent à la saisie. "J'ai rarement vu une saisie dans des conditions aussi dramatiques. Les chiens étaient complètement traumatisés" explique l'homme. Selon lui, il s'agissait principalement de maltraitance psychologique. "Les chiens étaient en bonne santé. Mais psychologiquement, ils étaient au bout. Surtout les mamans. Elles n'étaient pas du tout sociabilisées. Elles avaient 5-6 ans et en paraissaient dix de plus" poursuit Sébastien De Jonge.Le refuge prend en charge les chiens qui y resteront pendant plus de 9 mois. Habituellement, la procédure est plus rapide. Le bourgmestre ou ministre compétent donne sa décision dans les 60 jours. En juillet 2018, près de deux mois après l'intervention du Bien-Être animal, l'éleveur introduit un recours contre la saisie. "C'est ce qui m'a vraiment choqué dans cette affaire : non seulement l'éleveur maltraite ces animaux, mais en plus, il ose contester la saisie" soutient le directeur de Sans Colliers. Contacté par nos soins, l'éleveur n'a pas souhaité s'exprimer.Le Conseil d'État décide alors de suspendre la procédure. Au motif qu'il n'y avait "Aucune proportionnalité entre la saisie de tous les chiens et les objectifs recherchés au niveau du bien-être animal" selon Me Rigaux, avocat de l'éleveur interrogé par nos confrères de Sudpresse. La saisie n'est pourtant pas "annulée". Les animaux ne sont pas remis au contrevenant et ne peuvent pas non plus être mis à l'adoption. Il se passera alors des mois avant que la décision ne tombe. Une situation difficile pour les refuges. "Ces chiens occupent 30 places, qu'on ne peut pas mettre à la disposition d'autres chiens. En moyenne, un animal reste un mois au refuge. Là, ces trentes places ont été occupées pendant 9 mois. Il faut les nourrir, les soigner. Pour les chiots, il a fallu faire un gros travail de socialisation et d'éducation. Certains de nos bénévoles ne faisaient presque que ça ", explique Sébastien De Jonge. Selon le directeur du refuge, la Région wallonne a versé une indemnité de 150 euros par chien pour leur prise en charge. Une somme qui est loin de rembourser les frais des animaux en question. "Rien que la pension est estimée à 8 euros par jour". Le directeur se réjouit donc que la décision soit enfin tombée. "Un peu plus et la situation serait devenue insoutenable". Le 10 janvier 2019, le ministre Carlo Di Antonio ordonne la levée de la saisie et la mise à l'adoption des chiens. Une décision "à l'amiable" avec l'éleveur a pu être trouvée selon le cabinet du ministre. Depuis, une grande majorité des chiens ont été adoptés. Chez Sans Colliers, il ne reste plus que 8 des 35 chiens pris en charge en mai. "Les adoptions ont été très rapides parce que les gens connaissaient leur histoire et ont été touchés. Et pour la plupart, il s'agissait de jeunes chiens. Pour lesquels les gens ont plus d'attraits que pour des plus vieux", poursuit Sébastien De Jonge. Une partie des chiens avaient également été placés en familles d'accueil. La plupart les ont adoptés définitivement à la levée de la saisie. Une décision qui soulage les refuges, mais aussi les animaux. "Les chiots ont vécu quasiment toutes leurs vies en refuge. Même s'ils étaient mieux ici que chez l'éleveur, ils grandissent mieux en familles. Pour les mamans par contre, ce délai nous a permis de faire un gros travail de socialisation. Quand elles sont arrivées, elles s'urinaient dessus quand on les approchait. On n'aurait pas pu le faire en 2 semaines", explique Sébastien De Jonge. Sur Facebook, beaucoup d'internautes se réjouissent de cette décision. Mais certains signalent que l'éleveur a ré-ouvert son commerce sous un autre nom. La page Facebook mentionnée renvoie en effet à la même adresse que l'éleveur chez qui avait eu lieu la saisie. Chez Sans Colliers, on confirme qu'il s'agit du même individu. Selon le cabinet du ministre Carlo Di Antonio, l'éleveur s'est vu refuser un nouvel agrément à plusieurs reprises en 2018. Jusqu'à la dernière demande introduite. "Des médecins-vétérinaires de l'administration se sont rendus sur place et ont remarqué de nettes améliorations concernant le respect des conditions réglementaires en matière d'élevage". Un nouvel agrément lui a donc été délivré. Mais le ministre aurait limité cet agrément pour que "l'élevage débute sur des bases saines et plus facilement gérables pour l'éleveur". N.D.