Invité par l'hebdomadaire Humo à s'exprimer sur l'impasse politique au niveau fédéral, Karel De Gucht estime qu'il n'y a pas lieu de paniquer. "De nouvelles élections sont de plus en plus probables. Mais pourquoi cela signifierait-il la fin de la Belgique ? (...) Dans une démocratie, les partis ne doivent pas avoir peur des élections", déclare-t-il.
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Invité par l'hebdomadaire Humo à s'exprimer sur l'impasse politique au niveau fédéral, Karel De Gucht estime qu'il n'y a pas lieu de paniquer. "De nouvelles élections sont de plus en plus probables. Mais pourquoi cela signifierait-il la fin de la Belgique ? (...) Dans une démocratie, les partis ne doivent pas avoir peur des élections", déclare-t-il.Contrairement à de nombreux politiciens, il ne craint pas que la N-VA et le Vlaams Belang obtiennent une majorité en cas de nouvelles élections. "Pas un seul homme politique francophone ne s'embarquera avec Tom Van Grieken (NDLR : le président du Vlaams Belang). Nous non plus. Et je pense que même De Wever ne voudra pas former une alliance avec le Vlaams Belang. Tout comme il ne veut pas rejoindre l'opposition. C'est pourquoi il continue à essayer de former un gouvernement avec le PS", estime De Gucht.L'électeur n'a pas toujours raison Si la situation politique est ce qu'elle est aujourd'hui, c'est de la faute de l'électeur, avait déclaré Karel De Gucht en décembre dernier, une sortie qui lui avait valu une bordée d'injures. "L'électeur n'a pas toujours raison, je suis désolé. Il a fait un bras d'honneur au centre et a renforcé les extrêmes, et maintenant il veut que les partis du centre, affaiblis, réconcilient l'eau et le feu. Les gens auraient mieux fait de réfléchir. Dire maintenant 'nous avons choisi, mais ces bricoleurs n'y arrivent pas', c'est trop facile. J'ai presque pitié de ceux qui doivent maintenant trouver une solution".De Gucht n'hésite pas non plus à dire ce qu'il pense du président de la N-VA Bart De Wever, considéré par d'aucuns comme le plus grand talent politique de sa génération. "L'une des grandes erreurs de la politique belge, c'est de penser que De Wever a de grands principes. Il est intelligent, mais il est surtout opportuniste. Et pour moi, ce n'est même pas négatif. François Mitterrand a dit un jour : 'L'opportunisme est le trait commun de tous les grands hommes politiques'."Pour lui, De Wever place le pouvoir et la stratégie électorale au-dessus des principes idéologiques. Cependant, son attitude parfois brutale ne lui vaut pas que des amis. "Combien de collègues De Wever a-t-il offensés ces dernières années ? Et puis il s'attend à ce qu'ils fassent ses quatre volontés. Cela ne fonctionne pas comme ça", déclare De Gucht à Humo. "Bart De Wever ne boit plus. C'est peut-être là le problème", conclut-il en riant en parlant des difficultés à former un gouvernement fédéral.Magnette et Bouchez Pour lui, les nouveaux présidents de parti compliquent également la situation. "Si vous avez traversé ensemble des négociations difficiles, vous connaissez les limites de chacun. J'ai eu des discussions difficiles avec Laurette Onkelinx, mais nous nous respections. Les gens qui se réunissent là maintenant se connaissent à peine ou sont déjà brouillés. Entre Magnette et Bouchez, ça ne va déjà plus. Conner Rousseau (sp.a) a à peine 27 ans. Et Joachim Coens du CD&V est un homme raisonnable, mais il adopte une attitude très catholique, et pour nous c'est difficile ".