Pour le CD&V, Magnette a fait preuve d'"une absence totale de respect". "Juste au moment où il doit chercher une large base de soutien entre les différents partis, il se réunit avec un petit club", a déclaré Sammy Mahdi, candidat-président du CD&V au quotidien De Morgen. "Et puis il nous dira: signez le texte. Cela ne se fait pas."

Le vice-premier ministre Koen Geens (CD&V) estime quant à lui qu'il est temps de donner une chance à Bart De Wever (N-VA) de prouver qu'il veut véritablement former un gouvernement fédéral. "Si certains pensent qu'il ne veut pas y parvenir, pourquoi ne lui donnent-ils pas la chance de le démontrer", s'est interrogé lundi Geens sur les ondes de la VRT.

Le parti chrétien-démocrate dénonce également une forme d'atmosphère "révolutionnaire" dans l'approche actuelle des sujets éthiques, tels que l'avortement et l'euthanasie. En agissant de la sorte, on est "en train de brûler des ponts", a commenté Geens.

À la N-VA, le président Bart De Wever ne cache pas son mécontentement. Pour lui, Magnette s'est promu formateur et les libéraux, les socialistes, et les écologistes l'ont suivi. Le nationaliste flamand se sent surtout trahi par l'Open VLD, qui siège au gouvernement flamand avec la N-VA et le CD&V. "Pendant deux semaines, je n'ai pas eu de nouvelles d'eux, et puis j'ai appris qu'ils allaient parler à Magnette dans mon dos. Je me sens dupé", a-t-il déclaré à la VRT.

Propositions "exécrables"

Selon lui, son parti n'a pas l'intention de rejoindre l'opposition. Et si on lui donne l'initiative, il "ne la refusera certainement pas", a-t-il ajouté, ne serait-ce que pour corriger les propositions "exécrables" de Paul Magnette qui d'après lui coûteront des milliards et pèseront très lourdement sur l'économie.

Reste à voir si les libéraux flamands lâcheront la N-VA pour rejoindre une coalition arc-en-ciel au détriment d'une formation violette-jaune. Comme le rappelle le journal De Standaard, une coalition arc-en-ciel n'aurait qu'une majorité très étroite au parlement (76 sur 150 sièges). De plus, les Flamands seraient nettement minoritaires (à peine 29 sièges). Au sein de l'Open VLD, la question divise et les libéraux flamands semblent se scinder en deux camps.