L'issue des négociations pour la formation du prochain gouvernement fédéral demeure incertaine. Ce qui semble certain, en revanche, c'est la faculté de quelques-uns à renier leurs engagements. En témoigne la mise au frigo du texte dépénalisant totalement l'IVG et assouplissant ses conditions.

Ces engagements étaient essentiels: s'inscrire dans une société moderne qui donne aux femmes les moyens de leur émancipation, et soutenir toutes celles et ceux qui ont été impactés par cette crise sanitaire, économique, et sociale à juguler d'urgence.

Le Conseil des femmes francophones de Belgique l'a récemment rappelé: les femmes ont payé - et continuent de payer - un lourd tribut à cette crise. Les raisons en sont multiples : le personnel soignant est majoritairement féminin, le confinement a exposé les femmes à des pressions et des violences familiales tout aussi importantes qu'insupportables, sans oublier que cette crise est survenue dans une société structurellement sexiste.

La vie d'une femme serait ainsi faite: elle se verra confrontée à des violences institutionnelles, relationnelles, psychologiques, physiques, et économiques.

Les femmes occupent davantage d'emplois précaires, le plus souvent dans une économie informelle qui expose les femmes à un risque accru de perdre son emploi et de tomber dans la pauvreté, voire l'extrême pauvreté.

La tâche du prochain gouvernement est de refuser cette fatalité en apportant des réponses structurelles à un problème qui l'est tout autant.

C'est pourquoi, après avoir délibérément laissé tomber toutes celles qui sont ou seront confrontées à une grossesse non-désirée tardive - des femmes particulièrement vulnérables et précarisées -, ce gouvernement ne peut se permettre de laisser tomber toutes les autres.

Certains partis nous diront qu'ils obtiendront des compensations pour les droits des femmes.

Cette logique reviendrait à entériner l'idée selon laquelle le corps des femmes peut faire l'objet d'un marchandage politique porté par le CD&V et soutenu par l'extrême-droite.

Les associations de terrain ont donc raison : ne cédons pas sur la question de l'IVG!

Pour le reste, je m'interroge sur ces potentielles compensations.

L'une d'elles consisterait à allonger le congé de paternité de 10 à 20 jours. Une avancée sociétale indéniable: elle facilitera la conciliation de la vie familiale et professionnelle des parents, renforcera la présence des femmes sur le marché du travail, mais aussi l'égalité des femmes et des hommes dans l'éducation des enfants.

Nous restons toutefois loin d'un congé de naissance équivalent au congé de maternité de 15 semaines. Mais surtout: qu'en est-il des autres mesures de soutien aux femmes?

Voici plus de quatre mois que notre proposition de résolution demandant au gouvernement fédéral d'établir un vrai plan de lutte contre les violences faites aux femmes a été votée. A défaut de concrétisation, le gouvernement Vivaldi devra donner à la Justice et à la police, mais aussi aux associations soutenant les victimes, des moyens qui soient enfin à la hauteur de leurs missions. Le GREVIO (Groupe d'experts sur la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique, Conseil de l'Europe) vient d'ailleurs encore de nous le rappeler.

Les femmes constituent en outre 86% des familles monoparentales. Cette réalité enjoint le futur gouvernement fédéral à soutenir les entreprises dans l'organisation du télétravail. Une manière d'aider les femmes à mieux gérer leur temps et leur énergie.

La relance de notre économie passera en tout cas par la relance de l'emploi et de l'entreprenariat féminins. Or, une telle relance ne sera possible qu'en investissant dans la lutte contre les discriminations à l'embauche, contre les inégalités salariales, et en soutenant les femmes dans leur vocation entrepreneuriale.

Le prochain gouvernement devra ainsi évaluer sa loi sur les tests de situation et accroître les compétences de contrôle de l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes sur les salaires délivrés par les entreprises.

Concernant l'entreprenariat, le travail de sensibilisation mené à la Région bruxelloise porte ses fruits : de plus en plus de femmes se lancent dans l'entreprenariat, A charge pour le fédéral de participer à cet effort en proposant notamment aux indépendants un droit-passerelle qui devienne le vrai pendant du droit au chômage pour les salariés.

Les crises qui ont traversé notre histoire l'ont démontré: elles accroissent systématiquement les inégalités. Le gouvernement Vivaldi devra en tirer les enseignements et ne pas confondre compromis et compromissions. A défaut, son accord de gouvernement ne sera qu'une partition sans rythme ni ambition.

L'issue des négociations pour la formation du prochain gouvernement fédéral demeure incertaine. Ce qui semble certain, en revanche, c'est la faculté de quelques-uns à renier leurs engagements. En témoigne la mise au frigo du texte dépénalisant totalement l'IVG et assouplissant ses conditions.Ces engagements étaient essentiels: s'inscrire dans une société moderne qui donne aux femmes les moyens de leur émancipation, et soutenir toutes celles et ceux qui ont été impactés par cette crise sanitaire, économique, et sociale à juguler d'urgence.Le Conseil des femmes francophones de Belgique l'a récemment rappelé: les femmes ont payé - et continuent de payer - un lourd tribut à cette crise. Les raisons en sont multiples : le personnel soignant est majoritairement féminin, le confinement a exposé les femmes à des pressions et des violences familiales tout aussi importantes qu'insupportables, sans oublier que cette crise est survenue dans une société structurellement sexiste.La vie d'une femme serait ainsi faite: elle se verra confrontée à des violences institutionnelles, relationnelles, psychologiques, physiques, et économiques. Les femmes occupent davantage d'emplois précaires, le plus souvent dans une économie informelle qui expose les femmes à un risque accru de perdre son emploi et de tomber dans la pauvreté, voire l'extrême pauvreté. La tâche du prochain gouvernement est de refuser cette fatalité en apportant des réponses structurelles à un problème qui l'est tout autant. C'est pourquoi, après avoir délibérément laissé tomber toutes celles qui sont ou seront confrontées à une grossesse non-désirée tardive - des femmes particulièrement vulnérables et précarisées -, ce gouvernement ne peut se permettre de laisser tomber toutes les autres.Certains partis nous diront qu'ils obtiendront des compensations pour les droits des femmes. Cette logique reviendrait à entériner l'idée selon laquelle le corps des femmes peut faire l'objet d'un marchandage politique porté par le CD&V et soutenu par l'extrême-droite. Les associations de terrain ont donc raison : ne cédons pas sur la question de l'IVG!Pour le reste, je m'interroge sur ces potentielles compensations. L'une d'elles consisterait à allonger le congé de paternité de 10 à 20 jours. Une avancée sociétale indéniable: elle facilitera la conciliation de la vie familiale et professionnelle des parents, renforcera la présence des femmes sur le marché du travail, mais aussi l'égalité des femmes et des hommes dans l'éducation des enfants. Nous restons toutefois loin d'un congé de naissance équivalent au congé de maternité de 15 semaines. Mais surtout: qu'en est-il des autres mesures de soutien aux femmes?Voici plus de quatre mois que notre proposition de résolution demandant au gouvernement fédéral d'établir un vrai plan de lutte contre les violences faites aux femmes a été votée. A défaut de concrétisation, le gouvernement Vivaldi devra donner à la Justice et à la police, mais aussi aux associations soutenant les victimes, des moyens qui soient enfin à la hauteur de leurs missions. Le GREVIO (Groupe d'experts sur la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique, Conseil de l'Europe) vient d'ailleurs encore de nous le rappeler.Les femmes constituent en outre 86% des familles monoparentales. Cette réalité enjoint le futur gouvernement fédéral à soutenir les entreprises dans l'organisation du télétravail. Une manière d'aider les femmes à mieux gérer leur temps et leur énergie.La relance de notre économie passera en tout cas par la relance de l'emploi et de l'entreprenariat féminins. Or, une telle relance ne sera possible qu'en investissant dans la lutte contre les discriminations à l'embauche, contre les inégalités salariales, et en soutenant les femmes dans leur vocation entrepreneuriale.Le prochain gouvernement devra ainsi évaluer sa loi sur les tests de situation et accroître les compétences de contrôle de l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes sur les salaires délivrés par les entreprises. Concernant l'entreprenariat, le travail de sensibilisation mené à la Région bruxelloise porte ses fruits : de plus en plus de femmes se lancent dans l'entreprenariat, A charge pour le fédéral de participer à cet effort en proposant notamment aux indépendants un droit-passerelle qui devienne le vrai pendant du droit au chômage pour les salariés.Les crises qui ont traversé notre histoire l'ont démontré: elles accroissent systématiquement les inégalités. Le gouvernement Vivaldi devra en tirer les enseignements et ne pas confondre compromis et compromissions. A défaut, son accord de gouvernement ne sera qu'une partition sans rythme ni ambition.