La contestation antiraciste remet en question l'héritage colonial, en dégradant des statues. Elle entend aussi susciter le débat au sujet des oeuvres culturelles imprégnées par des relents colonialistes ou des parfums racistes, d'une époque où les interprétations du monde étaient différentes de ce qu'elles sont aujourd'hui.

Forcément, certains reviennent à la charge avec le débat récurrent au sujet des oeuvres de Hergé, singulièrement Tintin au Congo. Le sujet a pourtant été "purgé" en justice. En 2010, un citoyen belge avait demandé l'interdiction de vente de l'album, avec le soutien du Conseil Représentatif des Associations Noires (CRAN), qualifiant l'album en question de "raciste et xénophobe". Le tribunal de première instance de Bruxelles avait débouté les plaignants de leurs demandes en déclarant que Casterman et Moulinsart ne s'étaient pas rendues coupables d'infraction à loi belge de 1981, visant à réprimer certains actes inspirés par le racisme et la xénophobie.

C'est un reflet d'une époque révolue. Mais cette représentation, inconcevable aujourd'hui, ne passe toujours pas auprès de tout le monde. Et certains de se demander aujourd'hui si les statues d'Hergé ne devraient pas aussi être déboulonnées.

Le film Autant en emporte le vent est lui aussi pris pour cible. Qualifié par certains historiens de "révisionniste", il a été temporairement retiré cette semaine de la plateforme de streaming HBO Max, en plein mouvement de protestation contre le racisme et les violences policières visant les Noirs aux États-Unis. Ce long-métrage fleuve, sorti en 1939, est considéré par de nombreux universitaires comme l'instrument le plus ambitieux et efficace du révisionnisme sudiste.

"Il présente notamment une version romantique du Sud et une vision très édulcorée de l'esclavage, explique l'AFP, avec notamment du personnel de maison dépeint comme satisfait de son sort et traité comme des employés ordinaires. Cette réinterprétation d'une période sombre de l'histoire américaine est l'oeuvre de mouvements très organisés dans les anciens États confédérés, qui se sont attachés à montrer le Sud d'avant la guerre de Sécession sous un jour présentable."

Certains cinémas français ont apparemment aussi préféré ranger l'oeuvre oscarisée aux oubliettes pour l'instant, en attendant une période plus clémente. Le Grand Rex à Paris a ainsi retiré son film de l'affiche sur demande de la compagnie de production, la Warner! Depuis cette annonce, mercredi, les débats se multiplient entre ceux qui crient à la censure, à la dérive dictatoriale et ceux qui demandent plus justement un respect du passé culturel, tout en veillant à une meilleure éducation sur les préjugés du passé.

En Angleterre aussi, la vague touche des symboles culturels. L'épisode "Don't Mention the War" de la série des années 70 'Fawlty Towers' a ainsi été suspendu d'un service de streaming de la BBC, rapporte The Guardian. Lui aussi contiendrait des contenus à connotation raciste. S'agit-il d'une "nouvelle inquistion" comme l'exprime un message ou d'une réfexion ?

Dans toutes les tempêtes de l'actualité, la représentation artistique - par essence provocatrice, à contre-courant ou en phase avec son époque - est souvent prise à partie contre son gré. Voire revisitée à la lumière de nos polémiques actuelles.

La contestation antiraciste remet en question l'héritage colonial, en dégradant des statues. Elle entend aussi susciter le débat au sujet des oeuvres culturelles imprégnées par des relents colonialistes ou des parfums racistes, d'une époque où les interprétations du monde étaient différentes de ce qu'elles sont aujourd'hui.Forcément, certains reviennent à la charge avec le débat récurrent au sujet des oeuvres de Hergé, singulièrement Tintin au Congo. Le sujet a pourtant été "purgé" en justice. En 2010, un citoyen belge avait demandé l'interdiction de vente de l'album, avec le soutien du Conseil Représentatif des Associations Noires (CRAN), qualifiant l'album en question de "raciste et xénophobe". Le tribunal de première instance de Bruxelles avait débouté les plaignants de leurs demandes en déclarant que Casterman et Moulinsart ne s'étaient pas rendues coupables d'infraction à loi belge de 1981, visant à réprimer certains actes inspirés par le racisme et la xénophobie.C'est un reflet d'une époque révolue. Mais cette représentation, inconcevable aujourd'hui, ne passe toujours pas auprès de tout le monde. Et certains de se demander aujourd'hui si les statues d'Hergé ne devraient pas aussi être déboulonnées.Le film Autant en emporte le vent est lui aussi pris pour cible. Qualifié par certains historiens de "révisionniste", il a été temporairement retiré cette semaine de la plateforme de streaming HBO Max, en plein mouvement de protestation contre le racisme et les violences policières visant les Noirs aux États-Unis. Ce long-métrage fleuve, sorti en 1939, est considéré par de nombreux universitaires comme l'instrument le plus ambitieux et efficace du révisionnisme sudiste."Il présente notamment une version romantique du Sud et une vision très édulcorée de l'esclavage, explique l'AFP, avec notamment du personnel de maison dépeint comme satisfait de son sort et traité comme des employés ordinaires. Cette réinterprétation d'une période sombre de l'histoire américaine est l'oeuvre de mouvements très organisés dans les anciens États confédérés, qui se sont attachés à montrer le Sud d'avant la guerre de Sécession sous un jour présentable."Certains cinémas français ont apparemment aussi préféré ranger l'oeuvre oscarisée aux oubliettes pour l'instant, en attendant une période plus clémente. Le Grand Rex à Paris a ainsi retiré son film de l'affiche sur demande de la compagnie de production, la Warner! Depuis cette annonce, mercredi, les débats se multiplient entre ceux qui crient à la censure, à la dérive dictatoriale et ceux qui demandent plus justement un respect du passé culturel, tout en veillant à une meilleure éducation sur les préjugés du passé.En Angleterre aussi, la vague touche des symboles culturels. L'épisode "Don't Mention the War" de la série des années 70 'Fawlty Towers' a ainsi été suspendu d'un service de streaming de la BBC, rapporte The Guardian. Lui aussi contiendrait des contenus à connotation raciste. S'agit-il d'une "nouvelle inquistion" comme l'exprime un message ou d'une réfexion ?Dans toutes les tempêtes de l'actualité, la représentation artistique - par essence provocatrice, à contre-courant ou en phase avec son époque - est souvent prise à partie contre son gré. Voire revisitée à la lumière de nos polémiques actuelles.