Les deux procureurs, qui représentent la société civile, tenteront de démontrer la culpabilité des deux accusés en présentant différents éléments d'enquête qui, pour eux, constituent des preuves.

Lundi, mardi, mercredi et jeudi passés, les quelques avocats de la partie civile ont déjà énuméré la plupart de ces éléments. Ils ont aussi livré leur analyse du dossier, plus particulièrement celle de la personnalité de Mehdi Nemmouche ainsi que de sa manière de se défendre. Si le ministère public est la partie au procès chargée avant tout de rapporter la preuve "au-delà de tout doute raisonnable" de la culpabilité d'un ou plusieurs accusés, il peut également proposer aux jurés une "lecture du dossier" en abordant le mobile du crime et la personnalité des auteurs présumés par exemple.

Yves Moreau, avocat général habitué à requérir en cour d'assises, et Bernard Michel, procureur fédéral spécialisé dans les dossiers de terrorisme, entameront leur réquisitoire lundi matin pour l'achever mardi soir. Après une journée de pause, ce sont ensuite les avocats de la défense qui plaideront jeudi et vendredi. Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer, deux Français âgés de 33 et 30 ans, sont accusés devant la cour d'assises de Bruxelles d'être auteur et co-auteur de l'attaque terroriste commise le 24 mai 2014 au Musée juif de Belgique, situé rue des Minimes à Bruxelles. L'attentat avait coûté la vie à quatre personnes: Emanuel et Miriam Riva, un couple de touristes israéliens, Dominique Sabrier et Alexandre Strens, deux membres du personnel du musée.

Mehdi Nemmouche avait été arrêté six jours après les faits, le 30 mai 2014, à la gare routière de Marseille. Il était en possession de munitions et d'armes - une kalachnikov et un revolver - qui ont servi lors de l'attaque au Musée juif. Selon l'enquête, il est celui qui a fait feu sur les quatre victimes à l'intérieur du musée, l'homme visible sur les images de caméras de vidéo-surveillance dans et autour du musée lors de l'attaque, et qui avaient fait l'objet d'un avis de recherche largement diffusé. Mehdi Nemmouche ne conteste pas avoir possédé les armes du crime, mais il nie être le tireur. Quant à Nacer Bendrer, arrêté le 9 décembre 2014 à Marseille, il est soupçonné d'avoir fourni les armes à Mehdi Nemmouche.