A la question de savoir s'il gardait le silence pour protéger quelqu'un "qui doit s'éteindre", Mehdi Nemmouche a répondu par l'affirmative à la présidente de la cour d'assises, mercredi après-midi.

La semaine passée, Me Sébastien Courtoy, l'un des avocats de Mehdi Nemmouche, avait déjà insinué que son client se taisait pour protéger sa grand-mère.

"Est-ce votre grand-mère que vous protégez?", a encore questionné la présidente. "Vous aurez une réponse à cette question ultérieurement", lui a répondu Mehdi Nemmouche, selon la formule qu'il emploie depuis le début du procès.

Cette éventuelle crainte de représailles, cruciale pour la défense de cet accusé, a été amenée dans les débats mercredi à la suite des questions posées aux experts en radicalisation concernant le recours au droit au silence.

Deux avocats de la partie civile ont voulu savoir si le droit au silence était souvent utilisé par des personnes qui ont été radicalisées, lorsqu'elles sont ensuite confrontées à la justice.

"On retrouve dans les personnes qui sont parties [en Syrie] ou qui ont commis des attentats des structures de personnalité - antisociale, narcissique et 'borderline' - peu accessibles aux soins ou à la sanction, car la sanction doit avoir un sens. Or, si pour elles le seul système possible est la charia, la sanction n'a plus de sens dans la mesure où elle vise une réinsertion sociale. Cette personne n'a alors pas de raison de changer", a répondu Serge Garcet, psychologue et expert en radicalisation.

"Défaut d'empathie"

Ce dernier a ajouté qu'il voyait "plus de personnes dans le déni que le contraire". Selon lui, le fait de ne pas parler est aussi en lien avec la "relation interpersonnelle" d'un individu, autrement dit le refus ou la crainte de "divulguer des choses par rapport à sa propre personne". Il a précisé qu'il parlait à titre général et non à propos de Mehdi Nemmouche, principal accusé, qui refuse toujours de répondre aux questions.

Cet expert a encore ajouté que garder le silence pouvait aussi témoigner d'un "défaut d'empathie". Se taire signifie "le contrôle de ses émotions". La personne "définit le bien et le mal en fonction de ses attentes et non selon les normes de la société".

Selon lui, ne pas répondre aux questions montre un manque d'empathie, "soit la capacité de se mettre à la place de l'autre car l'autre n'existe même pas vu qu'on ne lui répond pas".

Trois experts en radicalisation

Mercredi matin, trois experts en radicalisation ont fait un long exposé pour donner aux jurés des éléments de contexte concernant les activités du groupe Etat Islamique (EI) en Syrie à l'époque de l'attentat au Musée juif de Belgique.

Pour rappel, les enquêteurs avaient déclaré que Mehdi Nemmouche s'était très probablement rendu en Syrie entre janvier 2013 et février 2014. Plusieurs journalistes français, qui seront entendus comme témoins jeudi, avaient déclaré que Mehdi Nemmouche était leur geôlier lorsqu'ils avaient été retenus en otage par l'EI en Syrie entre juillet et décembre 2013.

L'enquête avait également mis en exergue un rapport du directeur de la prison de Salon-de-Provence, située près de Marseille, où Mehdi Nemmouche avait été incarcéré en 2010. Ce rapport affirmait que l'accusé faisait du prosélytisme en prison.

Le procès se poursuivra jeudi à 09h00 et sera le théâtre d'un face-à-face très attendu entre Mehdi Nemmouche et les journalistes français ayant été otages de l'Etat islamique en Syrie. "Lorsque je serai sur le banc des accusés, vous viendrez témoigner", leur avait-il prédit alors qu'ils étaient retenus à Alep au milieu de l'année 2013..

A la question de savoir s'il gardait le silence pour protéger quelqu'un "qui doit s'éteindre", Mehdi Nemmouche a répondu par l'affirmative à la présidente de la cour d'assises, mercredi après-midi. La semaine passée, Me Sébastien Courtoy, l'un des avocats de Mehdi Nemmouche, avait déjà insinué que son client se taisait pour protéger sa grand-mère. "Est-ce votre grand-mère que vous protégez?", a encore questionné la présidente. "Vous aurez une réponse à cette question ultérieurement", lui a répondu Mehdi Nemmouche, selon la formule qu'il emploie depuis le début du procès. Cette éventuelle crainte de représailles, cruciale pour la défense de cet accusé, a été amenée dans les débats mercredi à la suite des questions posées aux experts en radicalisation concernant le recours au droit au silence. Deux avocats de la partie civile ont voulu savoir si le droit au silence était souvent utilisé par des personnes qui ont été radicalisées, lorsqu'elles sont ensuite confrontées à la justice. "On retrouve dans les personnes qui sont parties [en Syrie] ou qui ont commis des attentats des structures de personnalité - antisociale, narcissique et 'borderline' - peu accessibles aux soins ou à la sanction, car la sanction doit avoir un sens. Or, si pour elles le seul système possible est la charia, la sanction n'a plus de sens dans la mesure où elle vise une réinsertion sociale. Cette personne n'a alors pas de raison de changer", a répondu Serge Garcet, psychologue et expert en radicalisation. Ce dernier a ajouté qu'il voyait "plus de personnes dans le déni que le contraire". Selon lui, le fait de ne pas parler est aussi en lien avec la "relation interpersonnelle" d'un individu, autrement dit le refus ou la crainte de "divulguer des choses par rapport à sa propre personne". Il a précisé qu'il parlait à titre général et non à propos de Mehdi Nemmouche, principal accusé, qui refuse toujours de répondre aux questions. Cet expert a encore ajouté que garder le silence pouvait aussi témoigner d'un "défaut d'empathie". Se taire signifie "le contrôle de ses émotions". La personne "définit le bien et le mal en fonction de ses attentes et non selon les normes de la société". Selon lui, ne pas répondre aux questions montre un manque d'empathie, "soit la capacité de se mettre à la place de l'autre car l'autre n'existe même pas vu qu'on ne lui répond pas". Mercredi matin, trois experts en radicalisation ont fait un long exposé pour donner aux jurés des éléments de contexte concernant les activités du groupe Etat Islamique (EI) en Syrie à l'époque de l'attentat au Musée juif de Belgique. Pour rappel, les enquêteurs avaient déclaré que Mehdi Nemmouche s'était très probablement rendu en Syrie entre janvier 2013 et février 2014. Plusieurs journalistes français, qui seront entendus comme témoins jeudi, avaient déclaré que Mehdi Nemmouche était leur geôlier lorsqu'ils avaient été retenus en otage par l'EI en Syrie entre juillet et décembre 2013. L'enquête avait également mis en exergue un rapport du directeur de la prison de Salon-de-Provence, située près de Marseille, où Mehdi Nemmouche avait été incarcéré en 2010. Ce rapport affirmait que l'accusé faisait du prosélytisme en prison. Le procès se poursuivra jeudi à 09h00 et sera le théâtre d'un face-à-face très attendu entre Mehdi Nemmouche et les journalistes français ayant été otages de l'Etat islamique en Syrie. "Lorsque je serai sur le banc des accusés, vous viendrez témoigner", leur avait-il prédit alors qu'ils étaient retenus à Alep au milieu de l'année 2013..