Après la sortie du gouvernement, l'arrivée d'Assita Kanko est une aubaine pour la N-VA. Ce sont "les valeurs des Lumières" défendues par le parti qui l'ont persuadée, mais aussi le confédéralisme dit-elle. Elle se présentera lors des prochaines élections de 2019 sur une liste N-VA, a annoncé vendredi la formation nationaliste flamande.
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Après la sortie du gouvernement, l'arrivée d'Assita Kanko est une aubaine pour la N-VA. Ce sont "les valeurs des Lumières" défendues par le parti qui l'ont persuadée, mais aussi le confédéralisme dit-elle. Elle se présentera lors des prochaines élections de 2019 sur une liste N-VA, a annoncé vendredi la formation nationaliste flamande. En février dernier, celle qui était encore conseillère communale pour le Mouvement Réformateur, forte de 355 voix de préférence obtenues en 2012, avait pourtant annoncé vouloir prendre du recul pour se consacrer aux droits de la femme, et plus concrètement à Polin, un incubateur qu'elle a initié pour encourager les femmes à l'action politique. Huit mois plus tard, Mme Kanko change de cap. "Dans les circonstances actuelles, je ne veux pas suivre la politique de manière passive, mais jouer à nouveau moi-même un rôle et prendre la parole", a-t-elle dit, dans une communication de sa nouvelle formation, la Nieuw-Vlaamse Alliantie. "La liberté de penser doit retrouver plus de place en politique. La N-VA apporte un récit clair et honnête, certainement à propos de la migration et de l'intégration", a-t-elle dit dans un commentaire relayé par la N-VA. "Aujourd'hui, en Europe, les valeurs des Lumières, telles que la liberté de pensée et d'expression, sont menacées", précise-t-elle dans le bureau du président de la N-VA aux deux journalistes du Standaard qui l'interrogent. "Je suis très sûr de mon choix. Le moment décisif a été la sortie du livre de Theo fin septembre ('Continent sans frontière', ndlr). A ce moment j'ai cru qu'il y aurait un véritable débat de fond sur la migration. Au lieu de cela, il y a eu toutes sortes de réactions méchantes qui n'avaient rien à voir avec le contenu. Un tel déferlement de hargne m'a fait comprendre qu'il est encore difficile dans notre pays d'être celui qu'on veut être, d'exprimer son opinion ou de défier les gens intellectuellement. (...) Il y a une seule façon de penser qui est acceptée collectivement, et si vous osez exprimer une opinion différente ou ouvrir le débat, vous êtes taxé d'extrême droite. Il n'est pas permis de défier quelqu'un avec de nouvelles idées. Or je trouve que c'est important pour une société qu'il y ait une interaction intellectuelle.Dans ce contexte, Assita Kanko éprouve en particulier un "profond respect pour Theo Francken", l'ex-secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration qu'elle qualifie, toujours selon la N-VA, de "chouette gars" et d'"homme politique fort" qui "ose venir avec des idées et les défendre". "Ce dont nous avons besoin, c'est d'une migration honnête, gérée, et tenable", a-t-elle encore dit, citée par la N-VA. Ne craint-elle pas d'être utilisée par la N-VA pour s'éloigner de son image d'extrême droite ? "Je ne me vois pas comme un outil. Je pense et je décide par moi-même. Je dirai toujours ce que je pense, mais j'exprimerais peut-être mes réserves en interne. Pour le monde extérieur, nous sommes une équipe intelligente et efficace. (...) La différence entre le MR et la N-VA, c'est que la N-VA n'essaie pas d'être populaire auprès de tout le monde. Ils sont très clairs et je pense que c'est bien. Il y a beaucoup de gens, de différents partis, avec lesquels on est en droit de se demander ce qu'ils défendent. Ce dont on a aujourd'hui besoin ce sont des gens qui ont des positions claires et qui ne réagissent pas de manière opportuniste. Et la dernière campagne très critiquée? Une erreur. "Mais Bart De Wever l'a dit immédiatement dénoncé et c'est tout à son honneur. Combien de partis reconnaissent leurs erreurs si rapidement ?" Elle trouve par contre que le Pacte ne résoudra pas les problèmes. Elle propose plutôt que "les dirigeants africains prennent leurs responsabilités au lieu de financer leur dictature avec beaucoup d'argent, qui passe aussi par l'aide au développement. Ils doivent offrir un avenir à leur jeunesse."L'ancienne membre du MR fait aussi son coming-out en tant que nationaliste flamand et partisane du confédéralisme. "Notre pays est déjà séparé dans les faits. Je ne connais pas la Flandre depuis longtemps. J'en avais même un peu peur, à cause de toutes les histoires dans les médias francophones. Mais maintenant je m'y sens chez moi et je pense que c'est une grande région."Lui a- t-on promis un poste en vue ? Même pas, selon ses dires : "je ne fais pas ça pour obtenir un poste. Si cela avait mon but, je serais déjà très vite devenue vice-premier ministre PS. Ah oui, une femme noire doit être à gauche et Bruxelles est l'endroit idéal pour attirer les voix ethniques avec toutes sortes de promesses. Sauf que j'ai toujours trouvé cela répréhensible. Je crois que j'ai le même profil que Bart De Wever et bien sûr j'aimerais occuper un poste ou on peut changer les choses. Je n'ai pas peur de la responsabilité et tout le monde sait que je m'intéresse beaucoup à Bruxelles, aux droits des femmes et à la coopération internationale".