Dans les alentours du Park Spoor Noord, plusieurs nuits ont été secouées par des détonations de grenades placées sous des voitures, des explosions qui n'ont heureusement pas fait de victime jusqu'ici. La gravité de la situation n'a pas pour autant mené le bourgmestre de la ville à se rendre sur place. " Je ne vais pas faire de ballade médiatique ", a averti Bart De Wever (N-VA), laissant les riverains livrés à leurs peurs.
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Dans les alentours du Park Spoor Noord, plusieurs nuits ont été secouées par des détonations de grenades placées sous des voitures, des explosions qui n'ont heureusement pas fait de victime jusqu'ici. La gravité de la situation n'a pas pour autant mené le bourgmestre de la ville à se rendre sur place. " Je ne vais pas faire de ballade médiatique ", a averti Bart De Wever (N-VA), laissant les riverains livrés à leurs peurs. Ne pas se déplacer était sans doute le meilleur moyen de ne pas être confronté à l'échec apparent de la " guerre contre la drogue " menée par le bourgmestre depuis le début de son mandat. Ces trois dernières années, pas moins de 60 actes de violence, dont des enlèvements, des échanges de tirs et des explosions de grenades, ont ébranlé le nord de la métropole. Les mesures déployées pour lutter contre les cartels de la drogue n'ont pas encore porté leurs fruits, malgré la mise en place d'une unité d'élite dans le cadre du Stroomplan (plan du fleuve) lancé il y a un an. A défaut de pouvoir profiter d'une " ballade médiatique ", Bart De Wever a préféré opter pour une sortie plus maîtrisée : lors d'un entretien sur Radio 1 (VRT), il a dénoncé l' " hypocrisie des "yogis sniffeurs" qui luttent pour une meilleure qualité de l'air ", mais qui, le week-end venu, " prennent volontiers un rail de coke ", et contribuent ainsi, selon lui, à entretenir les réseaux criminels. En quelques phrases, le président de la N-VA est parvenu à capter les médias, dévier l'attention des causes réelles du problème et incriminer dans la foulée les " bobos-cocos ", qu'il associe opportunément aux marcheurs pour le climat. Les experts sont pourtant unanimes : pointer un doigt moralisateur vers les consommateurs ne change rien à la réalité du terrain. Si des mesures sécuritaires, impliquant notamment une hausse des contrôles policiers et des caméras de surveillance, ont été adoptées, leur impact direct demeure minime et pousserait avant tout les criminels à se déplacer vers d'autres quartiers. En ce qui concerne la prévention et la sensibilisation des consommateurs, les mesures se font toujours attendre. Même constat pour les projets favorisant un encadrement adéquat des jeunes de quartiers, cible privilégiée des barons de la drogue. Pour certains, l'arrivée récente de deux échevins socialistes à la ville d'Anvers pourrait insuffler un vent nouveau, d'autant que Jinnih Beels, chargée notamment de la jeunesse et de l'intégration, est une ancienne commissaire de police, et que Tom Meeuws, doté des affaires sociales et de l'égalité des chances, a été directeur de la Sécurité intégrale de la ville. Rien ne laisse toutefois présager de réel changement dans l'immédiat, pas avant le 26 mai en tout cas, date à laquelle Bart De Wever devrait pouvoir quitter son inconfortable siège de bourgmestre et se propulser à la tête du gouvernement flamand.