Vendredi dernier, le vice-premier ministre Alexander De Croo a participé à Helsinki à une réunion informelle des ministres européens des Finances. Lors de cette réunion, la Banque centrale européenne a décidé de racheter des obligations d'État sur le marché secondaire et de durcir les taux de pénalités pour les banques qui placent leur argent à la BCE. Le président sortant de la BCE, Mario Draghi, qui a sorti le bazooka jeudi, a essuyé une vague de critiques.
...

Vendredi dernier, le vice-premier ministre Alexander De Croo a participé à Helsinki à une réunion informelle des ministres européens des Finances. Lors de cette réunion, la Banque centrale européenne a décidé de racheter des obligations d'État sur le marché secondaire et de durcir les taux de pénalités pour les banques qui placent leur argent à la BCE. Le président sortant de la BCE, Mario Draghi, qui a sorti le bazooka jeudi, a essuyé une vague de critiques.De Croo n'est guère satisfait des plans de Francfort. "J'ai posé quelques questions critiques à Draghi sur les préoccupations de la majorité des États membres", dit-il à Knack. "N'est-ce pas là une réaction excessive ? Il est vrai que nous n'atteignons pas la cible d'inflation de 2 %, mais nous ne sommes pas non plus en récession. Draghi fait valoir que le marché réagirait mal, car il avait indiqué à plusieurs reprises que la BCE interviendrait et injecterait des fonds supplémentaires dans l'économie. Eh bien, peut-être qu'il devrait arrêter de créer ces attentes", dit-il.En outre, le ministre des Finances craint que les plans de la Banque centrale européenne n'aggravent les inégalités. "Les taux d'intérêt resteront bas, malgré le fait que l'épargnant ordinaire est le dindon de la farce depuis plusieurs années maintenant. De tels programmes de rachat à grande échelle entraîneront également une inflation des actifs. L'immobilier et les loyers continuent d'augmenter, ce qui profite en particulier à l'augmentation des revenus. Il est vrai, bien sûr, que le programme a créé beaucoup d'emplois, mais les personnes qui travaillent pour de faibles revenus n'en bénéficient pas beaucoup. La politique de la BCE commence à avoir beaucoup d'effets négatifs", déclare De Croo.Enfin, De Croo craint que des taux de pénalité et les taux d'épargne faibles ne forcent les banques à se restructurer encore davantage. "Cela a un impact énorme sur le secteur financier. Les banques belges sont soumises à d'énormes pressions en raison des faibles taux d'intérêt à long terme. Sans parler des fonds de pension. En Belgique, il y a évidemment toujours un pilier de pension légal, mais aux Pays-Bas, par exemple, le rendement faible se fera sentir plus fortement."Peut-on s'attendre à un parcours différent sous l'impulsion de Christine Lagarde, la Française qui reprendra le flambeau de Draghi le mois prochain? De Croo n'est pas très optimiste. "Dans ses interventions précédentes, Lagarde a déjà indiqué qu'elle poursuivrait dans cette voie".De Croo se range à l'avis de Draghi pour exiger que la politique monétaire européenne soit complétée par une approche fiscale coordonnée qui stimule l'investissement dans l'économie. "Aujourd'hui, la BCE n'est chargée que de mener la politique, ce qui l'oblige à poursuivre une politique purement monétaire. Il est urgent de la compléter par une politique fiscale stimulante et coordonnée au niveau européen. Le manque d'influence de la Commission européenne est, en fait, à la base du problème. La prochaine Commission européenne sait ce qui lui reste à faire", conclut De Croo.