Circonscrire l'incendie. Et témoigner du fait que l'on a pris ses responsabilités en temps voulu. Voilà ce qui transparaît des réactions politiques ou de leur absence, singulièrement au PS, après l'incarcération de Stéphane Moreau et sa lourde inculpation. Comme s'il y avait, au-delà de l'accélération judiciaire actuelle, une crainte diffuse que l'affaire Nethys ne sorte de son lit liégeois: les socialistes hennuyers ne sont d'ailleurs pas les derniers à fustiger leurs collègues principautaires.
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Circonscrire l'incendie. Et témoigner du fait que l'on a pris ses responsabilités en temps voulu. Voilà ce qui transparaît des réactions politiques ou de leur absence, singulièrement au PS, après l'incarcération de Stéphane Moreau et sa lourde inculpation. Comme s'il y avait, au-delà de l'accélération judiciaire actuelle, une crainte diffuse que l'affaire Nethys ne sorte de son lit liégeois: les socialistes hennuyers ne sont d'ailleurs pas les derniers à fustiger leurs collègues principautaires.En toute logique, les premiers à avoir réagi après l'arrestation de l'homme fort de Nethys furent les ministres socialistes des Pouvoirs locaux, qui avaient la tutelle sur l'intercommunale. L'ancien et le nouveau, Pierre-Yves Dermagne et Christophe Collignon, ont tous deux souligné que la Région wallonne avait "pris ses responsabilités" dans cette affaire en transmettant les éléments compromettants à la justice. "On s'est un peu servis sur l'intérêt public', souligne Christophe Collignon, suscitant quelques remarques acerbes. Un euphémisme, en effet...Au-delà de la prise de responsabilité régionale, n'y a-t-il pas eu un responsabilité politique dans la latitude laissée à ce "monstre" de grandir hors de contrôle? Et s'il s'agit bien sûr d'une décision de justice, qui n'appelle pas nécessairement de commentaire politique, n'est-il pas étonnant de voir de hauts responsables du PS s'abstenir d'exprimer à nouveau fortement leurs désapprobations de telles pratiques?Julie Fernandez Fernandez (PS), actuelle présidente d conseil d'administration d'Enodia (qui a pris la relève de Publifin/Nethys), est l'éminence propulsée par le parti pour "nettoyer les écuries" au niveau liégeois. Elle a souligné ce week-end combien elle était "profondément habitée aujourd'hui par le sentiment d'un immense gâchis". En ajoutant sa volonté de "continuer à travailler" à la remise en ordre et au "développement de cet outil économique essentiel pour la région liégeoise". Il faut tourner la page.D'aucuns ne manquent pourtant pas de rappeler qu'à l'époque où Stéphane Moreau avait été poussé vers la porte de sortie, la même Julie Fernandez Fernandez l'avait soutenu en soulignant: "que ce soit Nethys ou la commune de Ans, une des deux va perdre un excellent dirigeant". Elle ajoutait: "J'assume pleinement cet avis". "Je pense m'être plus que largement exprimée là-dessus... et avoir depuis pris je pense largement mes responsabilités dans ce triste dossier", répond-elle à ces détracteurs.Le linge sale, toujours, se lave en famille et, parfois, publiquement. "Je n'étais pas d'accord avec Julie à l'époque, souligne le député fédéral Patrick Prévot, ancien membre du cabinet d'Elio Di Rupo quand il était Premier ministre - et originaire comme lui de la province du Hainaut. Reconnaissons qu'elle a bien déchanté et que sa position actuelle n'est pas complaisante envers l'ancienne équipe de Nethys."Le même Patrick Prévot, qui fut député wallon avant de "monter" au fédéral et membre de la commission d'enquête régionale, ajoute: "J'ai peut-être été le premier élu socialiste à demander publiquement la démission de Stéphane Moreau. Ça m'en a coûté... notamment en interne et du côté liégeois. Mais je pense que je n'avais pas tout à fait tort." Une façon comme une autre de démontrer que les Hennuyers du PS en veulent fortement à leurs homologues liégeois. Les ténors du parti, Paul Magnette et Elio Di Rupo, ont tapé du poing sur la table au moment des révélations sur Nethys, mais sont restés discrets ces derniers jours. Il en va de même pour Jean-Claude Marcourt, homme fort de la fédération liégoise à l'époque.Le même, toujours, relativise l'influence qu'aurait eu Stéphane Moreau - on n'est jamais trop prudent. "Avant cette sombre histoire "Publifin", personne ne connaissait Moreau dans "mon coin", écrit-il. À titre perso, avant son exclusion, je ne le voyais jamais aux congrès, unifs d'été, etc. Depuis son exclusion, je pense également que son "influence" a fondu comme neige au soleil."Le coup d'accélérateur de la justice provoquera-t-il d'autres ondes de choc? Le PTB, par la voix de son porte-parole Germain Mugemangango, dénonce le soutien octroyé pendant longtemps par les ténors du gouvernement wallon à un autre homme clé inculpé dans ces dossiers, le patron de Mithra, François Fornieri.Bien d'autres, dont le professeur et ancien juge européen Franklin Dehousse, relèvent qu'il s'agissait là d'un "système développé pendant plus de 10 ans, avec le soutien des uns et la paresse des autres". Tout a-t-il été dit à ce sujet?