Après l'Inspection générale de l'armée, le comité R s'est également penché sur l'affaire de ce caporal-chef aux idées d'extrême droite qui avait quitté son quartier militaire le 17 mai en possession d'armes subtilisées, et dont le corps sans vie a été retrouvé le 20 juin.

L'organe de contrôle des services de renseignement aboutit à des conclusions qui vont dans le même sens à propos du SGRS. Il est "indéniable" que des "erreurs graves" ont été commises à tous les niveaux de ce service mais aussi dans la ligne hiérarchique de la Défense, note le rapport dont l'agence Belga a pu avoir des échos.

Il est question d'un manque structurel d'effectifs, d'une grande rotation du personnel, de la perte de connaissances et d'expérience, d'une supervision limitée de Jürgen Conings dans son unité alors que l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (Ocam) l'avait classé au niveau 3 de menace depuis le mois de février, d'une défaillance dans le flux d'informations ou encore d'un manque de politique claire en matière d'extrémisme.

Le problème de communication d'informations n'est pas seulement interne à la Défense. Il est constaté également entre les différents acteurs de la sécurité. "Des erreurs ont pu être constatées dans le chef d'autres acteurs" (police, parquet, juge d'instruction), dit le rapport.

D'autres services étaient au courant de la dangerosité de Jürgen Conings. Le 29 juin 2020, la Sûreté de l'État informe ainsi le SGRS, l'Ocam et le parquet fédéral que, selon elle, le militaire appartient "aux cercles d'extrême droite les plus radicaux" du royaume. D'"innombrables recommandations" ont déjà été formulées à l'adresse du gouvernement et du parlement à propos des deux services de renseignement, rappelle encore le comité R.

En 2017, la commission d'enquête sur les attentats terroristes y avait consacré une partie de ses recommandations. Le rapport sera discuté lundi à 13h00 en commission de la Défense au cours d'un échange de vues avec la ministre Ludivine Dedonder et, à 16h15, à huis-clos, en commission de suivi du comité R.

Comment un agent de sécurité a perdu son habilitation mais surveille toujours un dépôt de munitions

Dans ce contexte, le quotidien flamand De Morgen, qui a pu avoir accès au rapport, évoque le cas particulier d'un certain Bart D.S. qui a travaillé pendant des années comme agent de sécurité dans les casernes de Leopoldsburg. Cependant, les services de renseignements militaires savaient qu'il était membre du club de motards MC Egmond Nomads, qui a des liens avec les Hells Angels. Après la fuite de Jürgen Conings, Bart D.S. a perdu son habilitation de sécurité. Depuis, il monte cependant toujours la garde dans le dépôt de munitions, à certains moments.

Aujourd'hui, Bart D.S. travaille pour le service du 18e bataillon logistique responsable de l'entretien quotidien de la caserne de Leopoldsburg. Ce service doit parfois également garder le dépôt de munitions.. En tant que sous-officier, Bart D.S. dirige une équipe de six soldats. Le double des clés des entrepots de munitions est conservé dans la salle de garde, afin de pouvoir y entrer en cas d'urgence, explique De Morgen. Une source dit : "Faire monter la garde par Bart D.S. au dépôt de munitions est un choix naïf et peu judicieux. Cela montre que des personnes au sein de l'armée ne comprennent toujours pas la gravité de la situation."

Après l'Inspection générale de l'armée, le comité R s'est également penché sur l'affaire de ce caporal-chef aux idées d'extrême droite qui avait quitté son quartier militaire le 17 mai en possession d'armes subtilisées, et dont le corps sans vie a été retrouvé le 20 juin. L'organe de contrôle des services de renseignement aboutit à des conclusions qui vont dans le même sens à propos du SGRS. Il est "indéniable" que des "erreurs graves" ont été commises à tous les niveaux de ce service mais aussi dans la ligne hiérarchique de la Défense, note le rapport dont l'agence Belga a pu avoir des échos. Il est question d'un manque structurel d'effectifs, d'une grande rotation du personnel, de la perte de connaissances et d'expérience, d'une supervision limitée de Jürgen Conings dans son unité alors que l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (Ocam) l'avait classé au niveau 3 de menace depuis le mois de février, d'une défaillance dans le flux d'informations ou encore d'un manque de politique claire en matière d'extrémisme. Le problème de communication d'informations n'est pas seulement interne à la Défense. Il est constaté également entre les différents acteurs de la sécurité. "Des erreurs ont pu être constatées dans le chef d'autres acteurs" (police, parquet, juge d'instruction), dit le rapport.D'autres services étaient au courant de la dangerosité de Jürgen Conings. Le 29 juin 2020, la Sûreté de l'État informe ainsi le SGRS, l'Ocam et le parquet fédéral que, selon elle, le militaire appartient "aux cercles d'extrême droite les plus radicaux" du royaume. D'"innombrables recommandations" ont déjà été formulées à l'adresse du gouvernement et du parlement à propos des deux services de renseignement, rappelle encore le comité R. En 2017, la commission d'enquête sur les attentats terroristes y avait consacré une partie de ses recommandations. Le rapport sera discuté lundi à 13h00 en commission de la Défense au cours d'un échange de vues avec la ministre Ludivine Dedonder et, à 16h15, à huis-clos, en commission de suivi du comité R.