Le grand chambardement a eu lieu au début du mois de janvier dernier. En vertu de la sixième réforme de l'Etat, ce n'est plus l'Etat fédéral qui se charge du paiement des allocations familiales mais les Régions. Dès lors, chacune a le droit de fixer le montant de ces allocations comme bon lui semble. En tenant compte de cette diversité et de la multiplicité des situations particulières prises en compte (familles monoparentales, âge des d'enfants, hauteur des revenus), il est difficile de résumer en quelques chiffres les allocations familiales nouvelle formule. Mais à Bruxelles comme en Wallonie, celles-ci ne dépendront plus de la place que chaque marmot occupe dans la famille : elles seront forfaitaires et iden...

Le grand chambardement a eu lieu au début du mois de janvier dernier. En vertu de la sixième réforme de l'Etat, ce n'est plus l'Etat fédéral qui se charge du paiement des allocations familiales mais les Régions. Dès lors, chacune a le droit de fixer le montant de ces allocations comme bon lui semble. En tenant compte de cette diversité et de la multiplicité des situations particulières prises en compte (familles monoparentales, âge des d'enfants, hauteur des revenus), il est difficile de résumer en quelques chiffres les allocations familiales nouvelle formule. Mais à Bruxelles comme en Wallonie, celles-ci ne dépendront plus de la place que chaque marmot occupe dans la famille : elles seront forfaitaires et identiques pour tous au sein des fratries. A Bruxelles, tous les enfants, quelle que soit leur date de naissance, bénéficieront du même soutien financier. Les primes de base vont de 140 à 170 euros pour ceux qui suivent des cours dans l'enseignement supérieur. Une série de suppléments sont prévus en fonction des revenus de la famille, de son statut de cellule monoparentale ou non, du statut d'orphelin ou de l'invalidité éventuelle des enfants. Une prime scolaire, versée une fois par an et évolutive en fonction de l'âge des bénéficiaires, sera aussi versée. Le gouvernement bruxellois s'est engagé à ce que ces nouvelles règles ne réduisent pas la hauteur des allocations versées en 2019. Dans la capitale, une famille monoparentale de deux enfants avec des revenus moyens recevra désormais 330 euros, au lieu de 195 en 2000. Pour une famille avec un enfant et des revenus supérieurs à 45 000 euros annuels, l'allocation passe de 68 euros en 2000 à 140 cette année. Une famille à faibles revenus comptant quatre enfants recevra 1 000 euros alors qu'elle en aurait reçu 608 en 2000. Dans chacun de ces cas, les augmentations sont nettement supérieures à l'inflation. Avec cette nouvelle grille, 57,2 % des familles bruxelloises reçoivent des allocations supérieures à ce qu'elles étaient auparavant. Ce pourcentage devrait encore augmenter car de nombreuses familles à faibles revenus, qui ignorent encore qu'elles ont droit à un supplément, n'en bénéficient pas à ce jour. " Une évaluation systématique des revenus sera faite sur la base des données fiscales dès qu'elles seront disponibles en 2022, afin d'atteindre tous les ménages ", précise-t-on chez Iriscare. A terme, quelque 75 % des familles de Bruxelles toucheront un montant plus élevé que par le passé. En Wallonie, deux régimes coexisteront. Pour les enfants nés après le 1er janvier 2020, le montant de base s'élève à 155 euros pour les 0-18 ans et à 165 euros pour les 18-25 ans. Le gouvernement wallon a, lui aussi, décidé d'octroyer des suppléments sociaux lorsque les revenus des parents sont faibles, pour les familles monoparentales, pour les enfants orphelins ou porteurs de handicap. La situation professionnelle des parents ne sera plus déterminante pour le calcul de ces aides. Des suppléments d'âge qui s'échelonnent de 20 à 80 euros par an ont également été fixés. Une famille monoparentale de deux enfants à faibles revenus percevra dorénavant 460 euros au lieu de 256 dans l'ancien système. Et une famille de quatre enfants, 620 euros au lieu de 584 auparavant. Les enfants qui ont vu le jour avant 2020 conservent, eux, l'ancien système jusqu'en 2044, qui prévoyait des allocations croissantes en fonction du nombre d'enfants dans la fratrie. Ils continueront à les percevoir jusqu'à la fin de leurs études ou jusqu'à leurs 25 ans.