D'abord, rassembler les pièces du puzzle. Y mettre bon ordre. Puis tenter de comprendre. Chaque année, à l'heure où tombent les prévisions pour le budget de l'Etat, c'est pareil. Mais cette fois, l'équation est encore plus complexe. Car le gouvernement n'a plus les pleins pouvoirs. Minoritaire et en affaires courantes depuis des mois, il ne peut prendre la moindre mesure correctrice qui limiterait la casse budgétaire. Car c'est bien de casse qu'il s'agit puisque le déficit des finances publiques s'est remis à creuser sa propre tombe : il n'était que de 0,7 % du PIB (produit intérieur brut) en 2018, mais il s'apprête à trébucher à 1,3 % cette année, à s'écorcher à 1,7 % l'an prochain et à s'étaler à 2,1 % en 2021. Voire un peu plus, selon que les prévisions émanent du Bureau du plan ou du comité de monitoring budgétaire, cet aréopage chargé de suivre l'évolution des recettes et des dépenses de l'Etat.
...