L'enjeu : la dernière d'Elio Di Rupo

Au milieu du chemin de sa vie politique, Nicolas Martin, comme Dante Alighieri s'appuyant sur Virgile pour traverser les neuf cercles de l'enfer, était accompagné d'un prédécesseur illustre, un grand latin qui régna sur sa ville comme Virgile domina les lettres romaines. Mais quoiqu'ils soient chacun florentin à leur manière, Dante n'est pas Nicolas, Alighieri n'est pas Martin, et Elio Di Rupo n'est pas Virgile : Dante a écrit la Divine Comédie un gros millénaire après la mort de l'auteur de L'Enéide, mais Nicolas Martin n'a pas encore eu la peau de son prédécesseur. La succession paraissait pourtant écrite depuis des années, claire comme le toscan dantesque. Elle ne se lira, au soir du 14 octobre, qu'à travers les épaisses lunettes de l'exégète.
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Au milieu du chemin de sa vie politique, Nicolas Martin, comme Dante Alighieri s'appuyant sur Virgile pour traverser les neuf cercles de l'enfer, était accompagné d'un prédécesseur illustre, un grand latin qui régna sur sa ville comme Virgile domina les lettres romaines. Mais quoiqu'ils soient chacun florentin à leur manière, Dante n'est pas Nicolas, Alighieri n'est pas Martin, et Elio Di Rupo n'est pas Virgile : Dante a écrit la Divine Comédie un gros millénaire après la mort de l'auteur de L'Enéide, mais Nicolas Martin n'a pas encore eu la peau de son prédécesseur. La succession paraissait pourtant écrite depuis des années, claire comme le toscan dantesque. Elle ne se lira, au soir du 14 octobre, qu'à travers les épaisses lunettes de l'exégète. Fils chéri de la puissance dirupienne, Nicolas Martin pensait déjà au mayorat de Mons avant même de pouvoir se raser, et alors qu'il n'était même pas encore socialiste mais déjà wallingant. En 1994, à pas encore 18 ans, sa carte de Jeune FDF en poche après des accords de la Saint-Michel qui attisèrent sa révolte adolescente, il se fait élire conseiller communal à la tête d'une liste " Jeunes ". A ce moment, Elio Di Rupo ne domine pas encore le chef-lieu du Hainaut. Il n'est que vice-Premier ministre, brille à Bruxelles, mais bute à Mons contre le bastion des anciens, le mayeur Maurice Lafosse en tête, qui le détestent, ce qu'il leur rend généreusement. Elio Di Rupo sait néanmoins que son heure viendra : il n'y a en fait plus que dans sa ville qu'il manque de soutien socialiste. Qu'importe, Elio Di Rupo s'impose. Tout jeune ministre-président wallon et frais président du PS, le bientôt bourgmestre de Mons engage dès l'automne 1999, dans son cabinet à l'Elysette, Nicolas Martin. Celui-ci, en octobre 2000, sera sur la liste socialiste montoise menée par Elio Di Rupo, mais comme candidat d'ouverture. C'est Elio Di Rupo, encore, qui le propulsera à la tête du CHU Ambroise Paré, comme il en fera son bourgmestre faisant fonction après les communales de 2012, lorsque le maître du boulevard de l'Empereur, désormais résident du 16, rue de la Loi dût s'empêcher. A ce moment déjà, pourtant, cette succession pouvait souffrir deux niveaux de lecture. Au premier degré, la transition semblait évidente, nécessaire même : Elio Di Rupo désignait souverainement un dauphin dont le parcours politique et militant, comme le sien, n'avait pas été celui d'un apparatchik. Mais les exégètes plus tatillons de la geste dirupienne savaient, eux, que la promotion de Nicolas Martin avait été imposée par les urnes. Ses 6 024 voix l'avaient rendu incontournable. Voire embarrassant. La suite de la législature municipale allait, jusqu'à son épilogue du 14 octobre, montrer que la succession serait moins un héritage qu'une bagarre où, chacun, père proclamé comme fils putatif, allait engager ses forces à l'ancienne, en bandant les muscles. Après les élections de mai 2014, Elio Di Rupo aurait pu faire de Nicolas Martin, qui récolta alors le cinquième taux de pénétration wallon, un ministre régional. Il ne le fit pas, pas plus qu'il ne le fit pas remplacer un Paul Furlan démissionnaire, début 2017. Entre-temps, Nicolas Martin avait conquis la présidence de la Fédération socialiste de Mons-Borinage, la plus puissante du Hainaut sans que le président national et bourgmestre de Mons n'y pût rien. La jeune puissance du fils fit monter la pression sur le père. " Tu quoque, mi fili ? " demanda le second. " Lasciate ogni speranza ", lui répondit le premier, infernal, lorsqu'il devint vital, pour Elio Di Rupo, d'éviter un affrontement direct lors d'un poll montois pour la tête de liste communale. Elio Di Rupo aurait sans doute remporté ce scrutin interne. Mais il aurait perdu Nicolas Martin pour toujours : les cruels statuts de l'Union socialiste communale de Mons interdisent au perdant d'une telle élection de figurer sur la liste qu'il aspirait à tirer... Alors Elio Di Rupo, qui ne pouvait pas faire autrement, céda. En mars, il annonça laisser la tête de liste à Nicolas Martin. Lui, il la pousserait, depuis la quarante-cinquième et dernière place. Mais le père ne ferait pas campagne pour le fils. Du bout des lèvres et à nos insistants confrères du Soir seulement, il concéda, le 4 mars dernier : " Il revient à la tête de liste de prendre son destin en main et le destin de Nicolas est de devenir bourgmestre de Mons. " Ailleurs, il alternait langue de bois froissée et élusions mollasses. A la rentrée, sur RTL-TVi, il parvint même à se cabrer sur un drôle d'appel à la loi : en Wallonie est élu bourgmestre le candidat de la plus grande liste qui récolte le plus de voix de préférence. Il paraît certain que le PS restera le plus grand parti montois. Mais il n'est pas impossible qu'Elio Di Rupo en reste l'élu le plus populaire... Son choix, alors, ne fera aucun doute : il déclinera, et Nicolas Martin devrait bien être le prochain bourgmestre de Mons. L'incertitude, qu'il cultive, doit lui permettre de ne pas sortir trop abîmé d'un scrutin affronté depuis l'arrière du bataillon socialiste, et de ne pas décourager les électeurs fanatiques - il y en a, et il lui en reste - d'offrir le suffrage à un autre champion ou, surtout, à un autre parti. Elle l'érigera ainsi en père vivant de la nation du Doudou, qui aura joué de toute sa puissance, et Dieu (pas Guy Spitaels, l'autre) sait qu'elle fut, pour élever Mons à un statut supérieur au sien, celui d'une préfecture de province. On sait les gloses infinies, et parfois les condescendantes railleries, qui ont accompagné, de Bruxelles et d'ailleurs, la laborieuse construction de cette gare surdimensionnée, ou, bien sûr, la désignation de Mons comme capitale européenne de la culture en 2015. Mons, si petite, si tranquille, si provinciale, forcée, par l'ambition d'un homme, d'enfiler un costume de métropole. Le tailleur voyait peut-être trop grand, mais l'habit restera lumineux. Les difficultés postérieures, entre les licenciements au Manège et la rouille qui, déjà, tavèle la structure ferroviaire dessinée par Calatrava, exposent à la légitime critique. En attendant, ce fut fait, et cela restera. Parmi les faibles leviers dont disposent aujourd'hui les municipalistes wallons pour influer sur le triste cours social et économique des choses, la culture en est un, à Mons, que les autres ne peuvent pas enclencher. Mais sur lequel Nicolas Martin, pour les années futures, ne pourra pas trop s'appuyer. Sa campagne et son programme reposent sur un retour aux missions de bases d'un pouvoir communal : la propreté et, surtout, la sécurité. Nicolas Martin est de ces socialistes qui veulent davantage de caméras de surveillance, une brigade spéciale d'intervention, cent policiers locaux de plus, et, en lettres bien grasses et surtout bien rouges, la tolérance zéro. Question d'inclination personnelle, sans doute, lui qu'on ne situe pas, loin de là, à la gauche d'un parti que certains taxent de dérive centriste, mais question, aussi, de crédibilité. Car la réalisation des grandes ambitions de son prédécesseur n'a été autorisée que par son influence nationale, grosse de moyens publics et d'assertivité politique. Aurait-on vu les socialistes liégeois refuser de porter leur ville au rang de capitale culturelle d'un continent comme ils le firent penaudement si le bourgmestre de Mons n'avait été que Martin, Nicolas et pas Di Rupo, Elio, ci-devant président du PS ? La transition, donc, ne sera pas que personnelle. Elle aura des conséquences sur les choix politiques montois. Celui d'un partenaire, dont la rumeur dit qu'il se décidera très vite après le dépouillement, sera à ce titre important. Evidemment, le nombre de sièges amassé par le PS orientera les manoeuvres. Même s'il conserve sa majorité absolue, le PS n'ira pas seul au pouvoir. La tradition, inaugurée par Elio Di Rupo en 2000, lorsqu'il invita au collège les libéraux du très plastique Richard Miller, ne se démentira pas. Le CDH de l'échevine Savine Moucheron, entrée dans la majorité au printemps 2016, pourra faire valoir son droit de préemption s'il ne s'effondre pas trop. Mais le choix du ou des partenaires dépendra également du rapport de force entre le père et le fils. Ou entre Dante et Virgile. Aucun des deux, jamais, ne signera avec le PTB, qui mord partout leur électorat et qui ne veut pas exercer de responsabilités, ou avec Mons en mieux, dont la tête de liste, Georges-Louis Bouchez, a tant accumulé d'inimitiés socialistes qu'un million de crins du Dragon ne lui rendraient encore aucune faveur. Mais Elio Di Rupo, on le pressent, verrait bien les écologistes monter dans la coalition qui vient. Son agenda est national, et plusieurs écologistes nationaux, comme Jean-Marc Nollet, l'ont déjà mis au défi d'implanter dans son jardin la majorité qu'il appelle dans les Régions. Mais Nicolas Martin, on le voit bien, aimerait plutôt continuer avec les humanistes, et seulement avec eux. Son agenda est communal, et ses préoccupations environnementales modérément compatibles avec celles des verts - il veut construire des parkings dans le centre-ville, et eux pas. A cet égard, le nombre de sièges socialistes autant que le nombre de ses voix de préférence décidera, dès le soir du 14 octobre, si Nicolas Martin s'impose déjà comme le nouveau décideur ou, pour encore six ans, plutôt comme un exécuteur. Pas encore testamentaire mais presque. Déjà tête de liste en 2012, échevin ensuite, parlementaire wallon encore, enfin privé de l'un par la démission, au gouvernement fédéral, de Jacqueline Galant, dont il était le suppléant, de l'autre par le changement de partenaire du Parti socialiste, dont il était le cauchemar, Georges-Louis Bouchez a été sauvé par Charles Michel au printemps 2016. Le Premier ministre, en effet, a insisté pour ne pas priver son parti de son plus bouillant talent. Olivier Chastel a obtempéré, et a élevé le jeune Montois au rang de délégué général à l'animation. Une profession jusqu'alors inconnue, dont deux années de bruyant exercice laissent aujourd'hui voir la nature : elle consiste à, aussi fréquemment que possible, intervenir dans tous les débats, parfois en contredisant son parti (sur l'allocation universelle, la globalisation des revenus ou la majorité à la Province de Hainaut) et parfois en se contredisant en ne voulant pas contredire son parti (en défendant la dégressivité renforcée des allocations de chômage quand on défend l'allocation universelle), mais toujours en énervant les socialistes montois. Payé, somme toute, pour nuire à Elio Di Rupo dans sa propre cour, Georges-Louis Bouchez a pris son mandat avec un grand coeur. D'une part, son opposition aura été brutale (il a notamment fait démissionner l'échevin Pascal Lafosse et humilié Anne-Sophie Charle, proche d'Elio Di Rupo désignée secrétaire communale adjointe), bavarde (les conseils communaux se sont prolongés nuitamment, et Bouchez y accaparait les deux tiers du temps de parole) et bravache (l'administration wallonne comme la justice semblent, jusqu'à présent, donner raison à Pascal Lafosse autant qu'à Anne-Sophie Charle). D'autre part, la composition de sa liste aura occupé beaucoup de son temps, et au moins autant d'espace médiatique. Levier de la stratégie de bipolarisation de son leader, Mons en mieux devait rassembler les Montois de toute obédience qui, lassés de la domination socialiste, auraient eu envie d'autre chose. S'y joignirent des libéraux de toujours présentés comme des recrues, Richard Miller et Françoise Colinia, une humaniste de toujours présentée comme montoise, Opaline Meunier, des syndiqués présentés comme des syndicalistes, un médecin des pauvres qui annonça rejoindre Mons en mieux, et puis le quitter, mais qui ne le quitta pas, et même un écologiste fatigué présenté comme ressuscité mais dont personne n'a plus entendu parler depuis, François Collette. Ce n'est pas rien, mais ce n'est pas le rassemblement annoncé : les autres partis montois, écologistes d'abord, humanistes ensuite, ont refusé les propositions de Bouchez et, malgré quelques mandats intercommunaux, il avait peu à offrir à d'éventuelles recrues. En guise de bipolarisation, Mons en mieux aura donc surtout polarisé. Car si la liste de Georges-Louis Bouchez est intéressante, celle de ses ennemis montois est beaucoup plus fournie. Et beaucoup plus puissante. Les socialistes, bien sûr, le détestent : c'est normal, c'est son métier. La section CDH de Mons ne lui pardonnera pas d'avoir négocié l'arrivée d'Opaline Meunier avec Benoît Lutgen. Les écologistes regrettent de l'avoir appuyé dans quelques initiatives, dont le sabordage de Pascal Lafosse. Il échange insultes et plaintes avec John Joos, élu sur une liste citoyenne en 2012 et désormais sur la liste socialiste. Et une partie du MR local (la tête de liste provinciale Catherine Hocquet ou l'ancien conseiller communal Lionel Bonjean, que Bouchez a fait démissionner, par exemple) fait même, l'air de rien, campagne contre lui. Ou mine de quelque chose, puisqu'un des candidats de Mons en mieux, le conseiller communal Joël Van Aelst, est aujourd'hui sur la liste PS. La présidente de la fédération d'arrondissement MR, Jacqueline Galant, ne les y décourage au reste pas : elle hait Bouchez depuis longtemps, et pour toujours depuis qu'il s'est présenté contre elle à la dernière élection présidentielle fédérale. Bref, Mons en mieux aura gagné des électeurs au projet personnel de Georges-Louis Bouchez, mais Georges-Louis Bouchez aura perdu tout partenaire possible au projet collectif de Mons en mieux. Au soir du 14 octobre, chacun jugera de la réussite de l'initiative de là où il regarde. Dans son miroir, Georges-Louis Bouchez se trouvera le plus beau. Il a posé comme objectif de " casser la majorité absolue du PS ", majorité absolue qui, si elle se casse, le devra sans doute moins à Mons en mieux qu'à la crise de la social-démocratie mondiale. De plus loin, les autres rappelleront qu'il a également posé comme objectif de succéder à Elio Di Rupo comme bourgmestre. Il n'y parviendra sans doute pas. Ça l'arrange sans doute. On dit qu'au fond, les affaires municipales l'ennuient. Qu'est-ce que ça sera quand les affaires ne l'ennuieront plus ? Entre la Haine et la Trouille, les écologistes se régalent. L'inédite hostilité entre les deux plus grands partis montois, qui ont dirigé la capitale hennuyère pendant seize ans, met les verts au centre du jeu. " On voit dans la campagne que les autres listes se positionnent déjà par rapport à nous : les socialistes ouvrent la porte aux gobelets réutilisables, le MR se met à parler de mobilité douce, etc. ", disait Charlotte De Jaer, tête de liste Ecolo, au Vif/L'Express au début de l'été. Elle sait que ses sièges, trois aujourd'hui, probablement davantage le 14 octobre, seront gourmandement lorgnés, et elle a soigneusement évité de choisir son camp dans la guerre de tranchées. Partant d'à peine huit sièges, le MR de Georges-Louis Bouchez a peu de chances de convaincre Agora-CDH ou le PTB de constituer avec lui une coalition sans le PS, que la sociologie électorale montoise rend déjà très improbable. Il ne lui reste qu'Ecolo, et encore. Les rouges auront besoin des verts s'ils n'atteignent pas la majorité absolue et si l'appoint Agora-CDH ne leur suffit pas. Seul nuage dans ce beau ciel vert, hormis les gobelets réutilisables du PS et la mobilité douce du MR - Mons en mieux, les grandes options de sécurité et de mobilité des deux candidats bourgmestres affichés (même de celui qui fait ça pour la blague), ne sont pas substantiellement différentes : les deux veulent davantage de caméras de surveillance et davantage de places de parking dans le centre-ville. Mais que valent des options lorsque le pouvoir est en jeu ? Si les sièges écologistes sont indispensables, Ecolo va pouvoir négocier, mais sans avoir rien à perdre. Même les nuages annoncent donc parfois du beau temps. Certes son parti n'offre pas la meilleure mine, ni au niveau national, ni au niveau local, où ses trois sièges pèsent peu dans un conseil communal qui en compte quarante-cinq. Certes elle n'est échevine que depuis le printemps 2016, et le changement de majorité l'ayant installée aux départements de la culture, de l'environnement et de la famille. Certes elle n'est pas parvenue à mener combat commun avec John Joos, élu " citoyen " sur la liste CDH aux régionales de 2014, désormais candidat d'ouverture PS. Certes sa résistance opiniâtre à la volonté de Georges-Louis Bouchez et, surtout, de Benoît Lutgen, de voir le CDH montois accompagner Opaline Meunier dans le projet Mons en mieux l'a coupée de la tête de son parti. Mais pour incertain qu'il soit - l'électeur a encore quelque chose à dire -, le futur de Savine Moucheron, tête de liste Agora-CDH, n'est pas complètement dépourvu de perspectives. Souvent liés à ce qui semble grever son avenir, ses atouts l'autorisent à espérer conserver son échevinat. Que celui-ci soit récent, d'abord, laisse aisément concevoir que le PS n'a pas signé avec elle un contrat précaire de très court terme. On ne fait pas l'appoint si tard dans la législature sans garantie de prorogation. Qu'elle ait refusé d'entrer dans un cartel antisocialiste avec les libéraux a resserré les rangs d'une section locale qui s'est sentie lobée, donc méprisée. Qu'elle soit brouillée avec son président national la sert sur une scène locale où Benoît Lutgen n'est guère plus aimé des socialistes du coin. Et l'ancrage de son équipe dans la vie montoise, où des grandes familles gardent encore une influence notable, ne doit pas l'empêcher d'aspirer à la continuation de sa carrière d'échevine. Sa condition d'existence sera sa stabilisation : moins de trois sièges, c'est deux. Et deux sièges, dont un pour une échevine, ce n'est pas glorieux. Imaginez un parti de gauche en pleine croissance, dans une ville aussi marquée par la crise économique que par l'implacable domination d'un autre parti de gauche accusé d'avoir renoncé à tous ses idéaux. Imaginez que cette ville soit dirigée par le président de ce parti de gauche accusé d'avoir renoncé à tous ses idéaux, et imaginez que l'action de bourgmestre de ce président accusé d'avoir renoncé à tous ses idéaux puisse donner du crédit à ceux qui le pensent. Imaginez, par exemple, qu'il ait multiplié les ronds-de-jambe devant des multinationales de l'informatique, de l'habillement ou de l'ameublement pour qu'elles s'implantent sur le territoire communal, ou qu'il ait concentré d'importants moyens dans des projets de prestige, culturels notamment. Imaginez tout ça. Vous imagineriez, vous, alors, qu'un parti de gauche en pleine croissance ne présente qu'une liste incomplète, de quatorze vagues noms pour remplir un conseil communal de quarante-cinq ? Vous ne l'imagineriez pas si vous ne connaissiez pas le PTB, ce parti dont les succès wallons inquiètent tant sa direction flamande qu'elle doit les freiner, et tout particulièrement à Mons, où elle ne compte guère trop sur ses forces locales. Tant pis pour John Beugnies, tête de liste, actuel conseiller communal et président du PTB Mons-Borinage. Revenus, taux de chômage global, niveau de diplôme... Si Mons fait un peu mieux que des villes comme La Louvière et Charleroi pour certains indicateurs socio-économiques, le chômage des jeunes y reste particulièrement problématique, malgré son rang de pôle universitaire. Sur le plan de la mobilité, elle subit aussi une forte croissance du nombre de voitures particulières, bien plus nombreuses qu'ailleurs dans la province. Deux priorités pour la future législature ?Activez le mode plein écran ci-dessous pour découvrir Mons en chiffres