Durant la campagne, il disait avoir appris le sens de l'expression "inch allah", "si dieu le veut". Les déités électorales ont finalement été clémentes vis-à-vis de Willy Demeyer. Le bourgmestre de Liège se doutait que les socialistes, y compris lui-même, auraient régressé par rapport à 2012, scandales teintés de rouge obligent. Ainsi soit-il : sa liste perd 5 sièges, passant ainsi de 22 à 17. Et la popularité du mayeur régresse (11 293 voix de préférence, 1 774 de moins que six ans plus tôt). Mais Willy Demeyer reste malgré tout l'élu le plus populaire de la Cité ardente. Et le PS s'affiche en grand seigneur, ayant la main pour composer une nouvelle majorité.

Plutôt rouge-bleue ? Le MR a perdu un siège et en comptabilise 10. Christine Defraigne et ses troupes n'ont pas réussi à gagner en popularité. La majorité reste possible : 27 sièges sur 49. Mais les Liégeois ont surtout voté à gauche, ce 14 octobre. Les deux grands gagnants du scrutin sont incontestablement le PTB et Vert Ardent. Le parti de Raoul Hedebouw passe de deux à neuf sièges et le porte-parole du parti d'extrême-gauche réalise le meilleur score de sa liste (4 312 voix), alors qu'il en occupait la dernière place. 17 sièges PS + 9 PTB, ça passerait aussi. Si ce n'est que Willy Demeyer n'a jamais caché son animosité par rapport au parti d'extrême gauche.

Avec Vert Ardent aussi, une majorité serait envisageable, bien que de justesse. La liste éco-citoyenne, tendance Ecolo, gagne deux sièges (8 au total). Sa tête de liste, Caroline Saal, était peu connue avant le scrutin mais engrange tout de même 3 635 votes de préférence. Le parti vert a lancé un appel du pied au PS, dans un communiqué, affirmant qu' "une majorité progressiste est possible et souhaitée par les Liégeois.e.s, l'urgence sociale et écologiste est là et nous sommes prêts à y répondre !"

Vega, le parti "vert et à gauche", conserve son unique siège et pourrait servir d'appoint. Son leader, François Schreuer, est passé de 800 à 1 300 voix. Défi s'offre également un siège au conseil communal grâce à ses 3,61 % des suffrages.

Le grand perdant est sans conteste le CDH, qui voit disparaître 4 de ses 7 sièges. Le premier échevin, Michel Firket, n'a même pas été réélu, pas plus que la ministre wallonne Alda Greoli n'a réussi à faire son entrée au conseil communal. Difficile, donc, pour les humanistes de vouloir rester dans la majorité, eux qui y participaient depuis 30 ans. Bye-bye CDH, c'est sans doute là la seule certitude en Cité ardente. Pour le reste, les jeux ont rarement été si ouverts. Le PS et Willy Demeyer s'apprêtent à en dicter les règles.