La Belgique à deux vitesses marque une pause, l'heure est aussi grave au nord qu'au sud du pays. Au nom de leur gouvernement, face aux chefs de groupes politiques, les ministres-présidents wallon et flamand ont choisi et pesé leurs mots. En bord de Meuse, Elio Di Rupo (PS) a parlé de la " terrible épreuve à laquelle nous faisons face aujourd'hui mais grâce à l'effort de chacun, la Wallonie, la Belgique, notre pays, se relèvera de cette crise plus grand et plus fort ", manière d'associer sans les nommer les Flamands aux malheurs du temps. ...

La Belgique à deux vitesses marque une pause, l'heure est aussi grave au nord qu'au sud du pays. Au nom de leur gouvernement, face aux chefs de groupes politiques, les ministres-présidents wallon et flamand ont choisi et pesé leurs mots. En bord de Meuse, Elio Di Rupo (PS) a parlé de la " terrible épreuve à laquelle nous faisons face aujourd'hui mais grâce à l'effort de chacun, la Wallonie, la Belgique, notre pays, se relèvera de cette crise plus grand et plus fort ", manière d'associer sans les nommer les Flamands aux malheurs du temps. A Bruxelles, capitale de la Flandre, Jan Jambon (N-VA) est resté confiné dans le strict champ de ses compétences : la Flandre, toute la Flandre, rien que la Flandre. Qui ne gagne plus pour l'instant mais qui, c'est sûr, rebondira et vaincra. Une voix s'est tout de même élevée dans l'assemblée flamande clairsemée pour n'oublier personne dans l'adversité. Willem-Frederik Schiltz, chef de groupe Open VLD et fils de feu Hugo Schiltz, grande figure du nationalisme flamand, s'est voulu rassembleur : " Le virus nous touche tous, hommes et femmes, limbourgeois et flandriens occidentaux, jeunes et vieux, chauffeurs de bus et ministres, Flamands et Wallons, libéraux, socialistes et même (sic) écologistes et nationalistes flamands. " Mais très vite, le naturel est revenu au galop. Chris Janssens, chef de groupe Vlaams Belang, s'est chargé avec plaisir de replacer le curseur à sa juste ( ? ) place. En guise de minipavé dans la mare, l'argent libéré en urgence par l'Union européenne, le paquet d'euros provenant de divers fonds non épuisés par les Etats membres. Près de 37 millions prévus pour la Belgique, mais la part du lion aux Wallons (16 millions), 9,6 millions à la Fédération Wallonie-Bruxelles, 4,3 millions à la Région bruxelloise. Et 6,5 millions pour la Flandre, " qui compte davantage d'habitants contaminés par le coronavirus ", s'est étranglé le VB friand de formules qui tuent. " A la Wallonie les sous, à la Flandre les victimes. " Un vrai slogan de campagne. Il n'a pas laissé insensible Jan Jambon. Qui a assuré partager l'indignation si peu délicatement exprimée par l'extrême droite. " Une fois de plus, l'aide financière urgente de l'Europe ignore la Flandre ", a confirmé le ministre-président, " en raison du mécanisme de répartition retenu, nous, le bon élève de la classe, nous ratons chaque fois le coche. Nous comptons le plus de victimes proportionnellement à la population mais c'est à peine si nous recevons des budgets de ce fonds. " Cela ne restera pas sans réaction. Démarche sera entreprise auprès de la Commission européenne pour le faire savoir. Le virus communautaire, sans doute plus résistant qu'un coronavirus. Et sans vaccin en vue.