Mercredi, la ministre de la Santé publique Maggie De Block s'est rendue à la prison de Saint-Gilles dans le cadre d'un projet-pilote pour une prise en charge sur mesure de chaque toxicomane.

Selon le docteur Fokoua Mouafa, médecin-chef à la prison de Saint-Gilles, "80 % des détenus, ayant fait un séjour de trois mois au moins, touchent de près ou de loin à la drogue (...) Si l'on ne compte que les détenus qui se droguent directement, on est à 40-50%. Tout cela dépend de la durée du séjour. Plus on reste en prison, plus on a de chance de se droguer", décrit-il. Au delà du désespoir pour les détenus, "la drogue est une maladie contagieuse. En prison, plus qu'ailleurs, il y a l'effet de groupe: pour te sentir intégré dans la famille, tu te drogues comme les autres. Tu peux aussi entrer dans des combines où le joint ou d'autres substances devient une monnaie d'échange", explique encore le docteur. Son constat va dans le sens de celui des criminologues Louis Favril et Freya Vander Laenen, de l'université de Gand, tiré à l'issue d'une enquête menée dans 15 prisons flamandes. Un tiers des détenus y consomme de la drogue, alors qu'à peine 6% d'entre eux en faisaient usage avant leur incarcération. Les drogués en prison sont plus jeunes que les détenus sans assuétude et sont généralement de nationalité belge. Les proportions sont similaires pour les hommes et les femmes. Les criminologues recommandent de screener à ce sujet les détenus dès le début de leur peine. A la prison de Saint-Gilles, un dépistage via questionnaire est réalisé dès l'arrivée du détenu. La ministre de la Santé publique a visité mercredi l'établissement pénitentiaire dans le cadre d'un projet-pilote mené aussi dans les prisons de Lantin et Hasselt. Celui-ci, d'un montant de 1,4 million d'euros, vise la prise en charge sur mesure de chaque toxicomane. "En leur assurant un trajet de soins sur mesure, nous leur évitons de nombreux problèmes de santé mais nous améliorons aussi la sécurité en prison", estime Maggie De Block, qui envisage d'étendre le programme à l'ensemble du pays, précise Sudpresse. En 2014, 202 actions ont mené dans 45 % des cas à une saisie de drogues, a indiqué le ministre de la Justice Koen Geens qui évoque des contrôles plus nombreux et plus ciblés. Ce chiffre a augmenté en 2017 à 304 actions dont 63 % d'entre elles ont permis de déceler des drogues.

Mercredi, la ministre de la Santé publique Maggie De Block s'est rendue à la prison de Saint-Gilles dans le cadre d'un projet-pilote pour une prise en charge sur mesure de chaque toxicomane.Selon le docteur Fokoua Mouafa, médecin-chef à la prison de Saint-Gilles, "80 % des détenus, ayant fait un séjour de trois mois au moins, touchent de près ou de loin à la drogue (...) Si l'on ne compte que les détenus qui se droguent directement, on est à 40-50%. Tout cela dépend de la durée du séjour. Plus on reste en prison, plus on a de chance de se droguer", décrit-il. Au delà du désespoir pour les détenus, "la drogue est une maladie contagieuse. En prison, plus qu'ailleurs, il y a l'effet de groupe: pour te sentir intégré dans la famille, tu te drogues comme les autres. Tu peux aussi entrer dans des combines où le joint ou d'autres substances devient une monnaie d'échange", explique encore le docteur. Son constat va dans le sens de celui des criminologues Louis Favril et Freya Vander Laenen, de l'université de Gand, tiré à l'issue d'une enquête menée dans 15 prisons flamandes. Un tiers des détenus y consomme de la drogue, alors qu'à peine 6% d'entre eux en faisaient usage avant leur incarcération. Les drogués en prison sont plus jeunes que les détenus sans assuétude et sont généralement de nationalité belge. Les proportions sont similaires pour les hommes et les femmes. Les criminologues recommandent de screener à ce sujet les détenus dès le début de leur peine. A la prison de Saint-Gilles, un dépistage via questionnaire est réalisé dès l'arrivée du détenu. La ministre de la Santé publique a visité mercredi l'établissement pénitentiaire dans le cadre d'un projet-pilote mené aussi dans les prisons de Lantin et Hasselt. Celui-ci, d'un montant de 1,4 million d'euros, vise la prise en charge sur mesure de chaque toxicomane. "En leur assurant un trajet de soins sur mesure, nous leur évitons de nombreux problèmes de santé mais nous améliorons aussi la sécurité en prison", estime Maggie De Block, qui envisage d'étendre le programme à l'ensemble du pays, précise Sudpresse. En 2014, 202 actions ont mené dans 45 % des cas à une saisie de drogues, a indiqué le ministre de la Justice Koen Geens qui évoque des contrôles plus nombreux et plus ciblés. Ce chiffre a augmenté en 2017 à 304 actions dont 63 % d'entre elles ont permis de déceler des drogues.