Deux types de véhicules n'émettent pas de CO2 lors de leurs déplacements : les voitures électriques à batterie et celles à pile à combustible alimentée à l'hydrogène. Un moteur à hydrogène ne rejette aucune émission polluante, seulement de la vapeur d'eau. Autres avantages de cette technologie par rapport à la batterie : la voiture se recharge en quelques minutes et a une autonomie comparable à celle d'un moteur thermique (environ 600 kilomètres).
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Deux types de véhicules n'émettent pas de CO2 lors de leurs déplacements : les voitures électriques à batterie et celles à pile à combustible alimentée à l'hydrogène. Un moteur à hydrogène ne rejette aucune émission polluante, seulement de la vapeur d'eau. Autres avantages de cette technologie par rapport à la batterie : la voiture se recharge en quelques minutes et a une autonomie comparable à celle d'un moteur thermique (environ 600 kilomètres). Est-ce à dire que les voitures de société rouleront un jour à l'hydrogène ? L'exploitation industrielle de cette énergie n'en est qu'à ses balbutiements et les véhicules à pile à combustible à hydrogène restent, à l'achat, hors de portée de la plupart des bourses. Ils sont d'ailleurs très peu nombreux sur les routes belges. Une bonne vingtaine ont été officiellement immatriculés : 1 en 2016, 4 en 2017, 8 en 2018, 7 en 2019, et 6 pour les huit premiers mois de cette année. Deux modèles seulement sont présents sur le marché belge : la Nexo de Hyundai, un SUV commercialisé à partir de 82 000 euros, largement en tête des ventes, et la Mirai de Toyota, un hybride vendu 80 000 euros minimum. "Il ne faut pas s'attendre à une offre beaucoup plus large en 2026, prévient Joost Kaesemans (Febiac) : la pile à hydrogène est une technologie complexe et le réseau d'approvisionnement est embryonnaire." Deux stations publiques seulement permettent actuellement de faire le plein, l'une à Zaventem, l'autre à Hal. Des entreprises misent néanmoins sur cette technologie, en particulier le groupe Colruyt, qui a entamé la production d'hydrogène "vert", issu d'énergies renouvelables, par un processus d'électrolyse de l'eau. Pour des raisons économiques, l'hydrogène est encore très largement produit à partir de sources fossiles (gaz naturel, charbon), émettrices de CO2, ce qui élimine avant longtemps cette piste des solutions pour une mobilité zéro émission. Selon Damien Ernst, professeur en électromécanique à l'ULiège, la propulsion à l'hydrogène est "une voie sans avenir" : elle ne pourra concurrencer le moteur électrique. "Tout dépendra des innovations dans le secteur des batteries, explique Joost Kaesemans : si leur prix diminue, si elles sont de moins en moins encombrantes et de plus en plus légères et performantes, cela n'aura pas beaucoup de sens de continuer à investir des fortunes dans les moteurs à hydrogène. Cette technologie est surtout prometteuse pour les secteurs du transport naval et aérien. Faire décoller un avion zéro émission alourdi par des tonnes de batteries électriques n'a évidemment aucun sens." Pierre Courbe complète : "La pile à hydrogène sera pertinente pour l'alimentation des bus de liaison entre grandes villes, mais jamais pour rouler en voiture vingt ou trente kilomètres par jour."