Voitures de société zéro émission: l’hydrogène, une alternative à la batterie?

Olivier Rogeau
Olivier Rogeau Journaliste au Vif

L’engagement du gouvernement de décarboniser la flotte des voitures de société à partir de 2026 sera-t-il tenu ? Voici plusieurs clés pour comprendre cette révolution verte.

Deux types de véhicules n’émettent pas de CO2 lors de leurs déplacements : les voitures électriques à batterie et celles à pile à combustible alimentée à l’hydrogène. Un moteur à hydrogène ne rejette aucune émission polluante, seulement de la vapeur d’eau. Autres avantages de cette technologie par rapport à la batterie : la voiture se recharge en quelques minutes et a une autonomie comparable à celle d’un moteur thermique (environ 600 kilomètres).

Est-ce à dire que les voitures de société rouleront un jour à l’hydrogène ? L’exploitation industrielle de cette énergie n’en est qu’à ses balbutiements et les véhicules à pile à combustible à hydrogène restent, à l’achat, hors de portée de la plupart des bourses. Ils sont d’ailleurs très peu nombreux sur les routes belges. Une bonne vingtaine ont été officiellement immatriculés : 1 en 2016, 4 en 2017, 8 en 2018, 7 en 2019, et 6 pour les huit premiers mois de cette année. Deux modèles seulement sont présents sur le marché belge : la Nexo de Hyundai, un SUV commercialisé à partir de 82 000 euros, largement en tête des ventes, et la Mirai de Toyota, un hybride vendu 80 000 euros minimum. « Il ne faut pas s’attendre à une offre beaucoup plus large en 2026, prévient Joost Kaesemans (Febiac) : la pile à hydrogène est une technologie complexe et le réseau d’approvisionnement est embryonnaire. »

Pertinent mais pas partout

Deux stations publiques seulement permettent actuellement de faire le plein, l’une à Zaventem, l’autre à Hal. Des entreprises misent néanmoins sur cette technologie, en particulier le groupe Colruyt, qui a entamé la production d’hydrogène « vert », issu d’énergies renouvelables, par un processus d’électrolyse de l’eau. Pour des raisons économiques, l’hydrogène est encore très largement produit à partir de sources fossiles (gaz naturel, charbon), émettrices de CO2, ce qui élimine avant longtemps cette piste des solutions pour une mobilité zéro émission. Selon Damien Ernst, professeur en électromécanique à l’ULiège, la propulsion à l’hydrogène est « une voie sans avenir » : elle ne pourra concurrencer le moteur électrique. « Tout dépendra des innovations dans le secteur des batteries, explique Joost Kaesemans : si leur prix diminue, si elles sont de moins en moins encombrantes et de plus en plus légères et performantes, cela n’aura pas beaucoup de sens de continuer à investir des fortunes dans les moteurs à hydrogène. Cette technologie est surtout prometteuse pour les secteurs du transport naval et aérien. Faire décoller un avion zéro émission alourdi par des tonnes de batteries électriques n’a évidemment aucun sens. » Pierre Courbe complète : « La pile à hydrogène sera pertinente pour l’alimentation des bus de liaison entre grandes villes, mais jamais pour rouler en voiture vingt ou trente kilomètres par jour. »

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