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C'est la question à quelques milliers d'euros qui hante tout candidat acheteur d'une voiture, qu'elle soit neuve ou d'occasion, qu'il soit particulier ou professionnel: quel type de motorisation choisir? Comment s'y retrouver? Quels sont les principaux critères à prendre en compte aujourd'hui et pour l'avenir, puisque les règles du jeu évolueront dans les prochaines années, notamment sur le plan fiscal? Bien malin celui qui détient la réponse à l'heure de trancher. "Le premier impératif est d'avoir en face quelqu'un qui prend le temps de vous conseiller convenablement", avance Emmanuel Percy, concessionnaire pour les marques du groupe VW en Brabant wallon. Cela ressemble à une lapalissade mais les paramètres à prendre en compte sont tellement nombreux que les vendeurs professionnels semblent redevenir les seuls saints auxquels l'automobiliste en quête de son prochain carrosse peut aujourd'hui se vouer. Chez Percy Motors, ils ont en tout cas reçu des formations poussées qui les ont rendus "experts automobiles... et énergétiques"!" Faisons simple. Avant, on avait le choix entre des modèles roulant à l'essence ou au diesel et, impact environnemental mis à part, il suffisait grosso modo de se baser sur son profil de conducteur et le nombre moyen de kilomètres effectués par an pour trancher. Vu le différentiel de prix à la pompe entre les deux types de carburant, plus on roulait, plus le surcoût de la voiture diesel était compensé par l'économie sur la consommation. "Aujourd'hui, on sait que les véhicules électriques et hybrides sont sensiblement plus chers - parfois du simple au double - que ceux équipés d'un moteur à combustion, souligne Emmanuel Percy. Mais pour avoir une idée plus claire de ce que va lui coûter globalement sa voiture, l'automobiliste doit calculer ce qu'on appelle le TCO (total cost of ownership), le coût total du véhicule tout au long de son utilisation." Suite de l'article après l'infographie.Comme le résume Marc Demoulin, directeur éditorial du magazine link2fleet pour Touring, "il faut prendre en compte le prix d'achat, options et remise comprises, les frais d'entretien, les pneus, les éventuelles réparations et y inclure la consommation. Qu'il s'agisse de diesel, d'essence, de CNG ou d'électricité. A cela, il convient d'ajouter le volet fiscal qui sera d'autant plus favorable que les émissions de CO2 du véhicule sont basses." Et tenir compte également d'une durée de vie potentiellement plus longue des moteurs électriques, qui nécessitent moins d'entretien que les moteurs thermiques. Bref, ce calcul complexe dépend de nombreux éléments - y compris la dépréciation du véhicule au fil du temps ou le prix réel de l'électricité, qui varie selon l'endroit et le moment où il sera rechargé le plus souvent - et que tout bon concessionnaire fera volontiers pour son client. Ou alors il faut aller voir ailleurs! Résultat? Aucune règle ne peut en être déduite, on est réellement entré dans l'ère du cas par cas. Ce qui est sûr, c'est que l'évolution annoncée du cadre législatif incite de plus en plus les automobilistes à se tourner vers les modèles électriques ou hybrides, comme le montrent les chiffres. Du côté des immatriculations neuves, la part de marché des voitures à essence a baissé de 52,5% à 44,4% entre 2020 et août 2021 et celle des modèles diesel de 31,2% à 22% alors que les véhicules hybrides sont passés de 8,4% à 16,8%, les hybrides rechargeables de 4,6% à 11,7% et les full électriques de 2,4% à 4,3%. Une progression fulgurante en à peine quelques mois. En cause, dans le désordre, la crainte de ne plus pouvoir rouler en ville - singulièrement à Bruxelles - avec un véhicule dont les émissions de CO2 dépassent un certain seuil, la pression sociale qui pousse davantage de conducteurs à poser un choix considéré - à tort ou à raison - comme plus vert... mais aussi la loi de l'offre et de la demande. La gamme de voitures roulant totalement ou partiellement à l'électricité s'est largement étoffée ces dernières années dans tous les segments, l'autonomie des batteries s'accroît (450 km et plus) et certains constructeurs ont annoncé leur intention de ne plus produire d'engins à moteur thermique d'ici à 2025 ou 2030. C'est le cas, par exemple, de Fiat, Alfa Romeo, Volvo, Ford ou même Jaguar et Bentley. Sans oublier l'aspect fiscal qui, chez nous et singulièrement en Flandre, privilégie volontairement les motorisations basses émissions - même si contrairement à ce qui se passe dans les pays voisins (et en Flandre jusqu'à il y a deux ans), la Belgique n'a pas choisi d'octroyer des primes aux automobilistes qui optent pour une motorisation plus verte. Mais si l'on est décidé à franchir le pas, comment choisir entre un modèle hybride ou électrique? Elle n'est propulsée que par un moteur électrique alimenté par une batterie qui doit être rechargée sur une borne dédiée. L'autonomie des batteries s'est considérablement accrue ces dernières années et les constructeurs entendent encore améliorer leurs performances à l'avenir. Actuellement, la plupart des modèles peuvent rouler entre deux cents et cinq cents kilomètres (voire plus pour le champion Tesla). "Sachant que 90% des automobilistes belges roulent moins de cent kilomètres par jour, c'est largement suffisant si l'on dispose d'une borne à la maison et/ou au travail", assure Emmanuel Percy. Quitte à emprunter une autre voiture pour partir en vacances, même si les réseaux de bornes publiques et dans les stations-service s'étoffent rapidement dans les pays voisins - bien plus vite que chez nous! Côté consommation, de nombreuses études montrent que le coût au kilomètre d'un VE est plus de moitié inférieur à celui d'un moteur essence ou diesel, mais tout dépend en réalité de l'endroit où l'on recharge le plus souvent. Au bureau aux frais de l'employeur, à la maison la nuit avec ou sans compteur bi-horaire et/ou panneaux photovoltaïques, sur une borne publique dont le tarif peut varier du simple au triple selon le fournisseur... Avantage aussi pour les entretiens, qui coûtent en moyenne 40% moins cher au kilomètre que pour les véhicules à moteur thermique. C'est le modèle qui connaît actuellement le plus de succès sur le marché belge. Il combine un moteur thermique à essence (le plus souvent) avec un moteur électrique doté d'une autonomie moyenne d'environ cinquante kilomètres. Bien suffisant pour l'aller-retour quotidien au bureau et les trajets en ville, d'autant qu'il suffit de le recharger la nuit à domicile et qu'il n'est même pas indispensable de disposer d'une borne dédiée, une simple prise de courant peut suffire (même si ce n'est pas conseillé). Revers de la médaille: ces véhicules coûtent (nettement) plus cher à l'achat, même chose côté entretien et, comme ils sont plus lourds, ils sont aussi plus gourmands en carburant lorsqu'ils roulent à l'essence. C'est donc du seul côté fiscal qu'il faut chercher l'explication de leur succès: leur faible taux d'émissions leur permet pratiquement de bénéficier des mêmes avantages que les 100% électriques. Cela intéresse tout particulièrement les entreprises et les indépendants, qui peuvent déduire leurs frais automobiles. Mais ça ne va pas durer, ce qui risque de peser, à terme, sur la valeur de revente de ce type de modèle sur le marché de l'occasion. A lire sur le sujet > Voitures électriques: six idées reçues à la loupeUn tel véhicule roule à l'essence ou au diesel mais dispose d'un moteur électrique d'appoint dont la batterie se recharge quand on freine. Par conséquent, pas besoin de borne. La technologie hybride optimise en permanence l'utilisation combinée d'essence et d'électricité pendant que l'on roule - en général, la propulsion est électrique au démarrage ou à petite vitesse et thermique dès qu'on monte dans les tours -, ce qui réduit d'autant la consommation. Même s'il est aussi plus cher à l'achat, ce type de voitures constitue un excellent compromis pour de nombreux automobilistes qui n'ont, par exemple, pas accès facilement à des bornes de recharge et/ou peuvent bénéficier des avantages fiscaux.