Le dispositif, faisant appel à un système de télédétection et des caméras, est actuellement à l'essai sur plusieurs routes namuroises. Les résultats serviront de base afin d'orienter les contrôles approfondis qui seront effectués sur le futur banc d'essai wallon, qui devrait être mis en service dans deux ans à Colfontaine.

Réalisée en collaboration avec la VUB et l'UCL, cette étude est effectuée dans le cadre du projet de recherche PEMSWALL (prospection des émissions des moteurs automobiles sur les routes wallonnes), initié par l'ISSeP au moment du "dieselgate".

Concrètement, deux boîtiers placés de part et d'autre de la route permettent de mesurer les émissions polluantes des véhicules à distance et en temps réel (CO, CO2, NOx, CxHy, particules...). En parallèle, des caméras de type ANPR identifient les véhicules contrôlés. Grâce à la base de données de la DIV, les données obtenues peuvent ensuite être comparées à celles fournies par les constructeurs. Pour objectiver les mesures faites en conditions réelles, l'ISSeP utilise également un laboratoire mobile placé sur un véhicule témoin. Celui-ci passe ainsi plusieurs fois devant les détecteurs, afin de vérifier que les données qu'ils fournissent ne sont pas tronquées.

"Le but de ces tests est d'effectuer un écrémage des véhicules qui seront contrôlés ultérieurement sur le banc d'essai fixe qui va voir le jour dans deux ans à Colfontaine", a expliqué Benjamin Bergmans, attaché scientifique et chef de projet à l'ISSeP. "On espère pouvoir contrôler 10.000 à 20.000 véhicules en une semaine ici à Namur. Cela va permettre d'identifier des marques ou des modèles qui poseraient problème et donc de sélectionner ceux qui devront prioritairement faire l'objet de tests complémentaires. Comme ces tests sur banc sont très coûteux et que le nombre de véhicules à contrôler est très important, c'est primordial."

A terme, l'ensemble des données sera centralisé au niveau européen. En outre, des sanctions pourraient alors être infligées aux constructeurs automobiles dont les émissions annoncées ne correspondraient pas à la réalité.

"Aujourd'hui, quatre ans après le 'dieselgate', je suis heureuse de constater que la Wallonie se donne les moyens de mesurer plus facilement la pollution automobile", a commenté la ministre wallonne de l'Environnement, Céline Tellier. "C'est essentiel pour préserver la santé de tous."