Ces chiffres, en provenance de la Cour des comptes européenne, illustrent l'impact dramatique de la pollution de l'air sur notre santé, notamment provoquée par les particules fines et le dioxyde d'azote sortant des échappements des véhicules. Les constructeurs et le monde politique ont pris le problème à bras-le-corps, les instances officielles fixant les normes d'émissions et veillant à leur respect.

La pollution atmosphérique constitue la principale menace environnementale pour la santé publique en Europe. Mais les gouvernements sont défaillants puisque la plupart des Etats membres ne respectent pas les normes européennes. C'est ce que l'on peut lire dans un rapport cinglant de la Cour des comptes européenne. Organe indépendant et externe analysant les comptes de la Commission européenne, elle veille sur nos intérêts et ne peut absolument pas être soupçonnée d'être composée de sympathisants écologistes ou d'activistes environnementaux.

Selon ses constatations, quelque 400.000 Européens meurent chaque année de manière prématurée des suites de la pollution atmosphérique. Soit plus de 1.000 par jour. À titre de comparaison, le nombre de victimes de la route est dix fois moins élevé. C'est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle pour les marques automobiles. D'un côté, la voiture et la circulation sont devenues bien plus sûres que voici 10 ou 20 ans. Mais d'un autre côté, la circulation automobile provoque davantage de victimes en raison des émissions nocives.

MOINS DE MORTS SUR LES ROUTES

Durant des décennies, les constructeurs automobiles se sont concentrés sur l'augmentation de la puissance afin de pouvoir offrir des vitesses de pointe plus élevées et des accélérations plus impressionnantes. Une Porsche 356 du début des années 50 disposait de seulement 44 ch. Aujourd'hui, une Porsche 911 développe 370 ch. Et au niveau des accélérations ou des vitesses de pointe, plus aucune comparaison n'est possible.

Avec plus de voitures sur les routes et des vitesses plus élevées, le prix s'est payé au niveau du nombre de morts. Sous pression de l'opinion publique et du monde politique, les marques ont déplacé le curseur vers la sécurité. Cela a notamment entraîné l'obligation d'utiliser la ceinture de sécurité et le déploiement des airbags ainsi que l'adoption de systèmes antipatinage. Volvo et Mercedes, notamment, ont montré l'exemple.

Aujourd'hui, tous les nouveaux modèles réalisent des scores élevés lors des crash-tests Euro NCAP. Existant depuis 1997, ces crash-tests sont devenus la norme dans le secteur de l'automobile. Ils sont composés de trois épreuves : une collision frontale, une collision latérale et un test d'impact latéral contre un poteau. Une variante prévoit aussi un choc avec un piéton ou un cycliste. La nouvelle génération de SUV et de voitures hybrides affiche également de bons, voire de très bons résultats.

Avec l'hydrogène, Toyota assume son rôle de pionnier.
Avec l'hydrogène, Toyota assume son rôle de pionnier.

Les efforts ont été récompensés. Année après année, le nombre de victimes d'accidents de la route mortels diminue, même si nous faisons toujours moins bien que nos pays voisins. Une partie de l'explication est que 9 accidents sur 10 sont la conséquence d'une erreur humaine. Les compagnies d'assurances ne prévoient pas des primes plus élevées pour les conducteurs de SUV, ce qui laisse supposer que cette catégorie d'utilisateurs ne provoque pas plus d'accidents que les autres.

OBJECTIF ZÉRO ÉMISSION

Contrairement à la problématique de la sécurité routière, l'impact des émissions nocives sur la santé publique est longtemps resté sous le radar. Heureusement, les choses ont changé. Cet impact est en effet bien plus important qu'imaginé, comme en attestent les conclusions angoissantes de ce rapport de la Cour des comptes européenne.

En fixant des objectifs plus stricts en matière de CO2, et en augmentant les amendes pour le non-respect des normes, la Commission européenne oblige les constructeurs automobiles à agir. L'alliance Renault-Nissan a fait de l'électromobilité une priorité voici quasiment 10 ans. BMW, GM/Opel et Mercedes ont également réalisé du bon travail. De l'autre côté de la planète, Toyota endosse, depuis 1997, un statut de pionnier dans le domaine de la voiture hybride. Tous ces constructeurs n'ont qu'un objectif : réduire les émissions nocives et viser le " zéro émission ".

C'est à Tesla que revient le mérite d'avoir accéléré le mouvement des voitures électriques, faisant blêmir d'inquiétude les patrons des marques premium en Allemagne, en Grande-Bretagne et en Suède. Le Vorsprung durch Technik (" L'avancée par la technologie ") semblait soudainement dépassé, contraignant ces constructeurs à une course-poursuite. Jaguar a été le premier à réagir, lançant au printemps son I-Pace, un vrai concurrent pour la Tesla X. C'est aujourd'hui au tour d'Audi de présenter son e-tron, made in Belgium qui plus est. Pour voir débarquer sur le marché la Mercedes EQC, il faudra attendre le printemps 2019. Tous ces nouveaux modèles bénéficient d'une autonomie réelle variant entre 300 et 400 km. Cette autonomie demeure une exigence minimale pour espérer convaincre les clients potentiels de franchir le pas. De plus en plus de consommateurs semblent prêts à apporter leur contribution à une meilleure qualité de l'air, mais ils ne veulent pas pour autant payer une facture trop élevée, et sûrement pas en matière de confort ou de facilité d'utilisation.

CHOISIR ENTRE LA PESTE ET LE CHOLÉRA

Les conducteurs de SUV se trouvent confrontés à un choix difficile. Plus massif et plus lourd qu'une berline, un SUV consomme davantage et émet donc aussi plus de gaz nocifs. Les chiffres prouvent que les moteurs diesel de dernière génération affichent des valeurs plus ou moins acceptables en matière de consommation de carburant et d'émissions de CO2. Mais les moteurs diesels produisent des particules fines et des NOx, nocifs pour la santé.

Tesla a permis à la voiture électrique de passer à la vitesse supérieure.
Tesla a permis à la voiture électrique de passer à la vitesse supérieure.

C'est pour cette raison d'ailleurs que le monde politique a déclaré la guerre au diesel, ce qui se traduit concrètement par une augmentation importante de ses taxes et de ses prix. Depuis le Dieselgate, le lobby automobile (allemand) n'a plus le même poids à Berlin ou à Bruxelles. Le monde politique s'est senti floué par Volkswagen et les autres, ne semblant pas prêt pour l'instant à faire des concessions. Même si cela affecte la position concurrentielle des marques automobiles européennes, et le secteur automobile pourtant fort pourvoyeur d'emplois en Europe. Dès l'an prochain, les centres de plusieurs grandes villes européennes seront même interdits aux moteurs diesel les plus anciens. Cela concerne des millions de véhicules. Et revenir en arrière n'est plus possible, même si la nouvelle génération de diesels est objectivement plus respectueuse de l'environnement que de nombreux modèles à essence.

La sortie du diesel signifie donc qu'il faut passer à l'essence. Cela va faire hurler d'effroi les adeptes de gros SUV qui vont soudain voir leur consommation moyenne passer à 13 ou 15 l/100 km. En ville et sur les autoroutes allemandes, ils pourront encore ajouter quelques litres.

LE TRAIN ÉLECTRIQUE ENFIN PARTI

Quelles sont les autres alternatives ? Vous pouvez passer au moteur électrique ou à une combinaison associant moteur électrique et moteur à essence, c'est-à-dire un modèle hybride rechargeable. Avec une batterie rechargée via une simple prise de courant, le moteur électrique garantit dans la pratique une autonomie de 30 à 50 km. Cela suffit pour les déplacements quotidiens de la majorité de la population. Mais il faut pour cela brancher chaque soir son véhicule sur une prise, ce qui exige une certaine discipline. En principe, un véhicule hybride rechargeable permet d'abaisser sa consommation et de faire des économies tout en contribuant à la santé publique. Un modèle hybride rechargeable affichant de faibles émissions de CO2, il donne aussi droit à divers avantages fiscaux. Ceux-ci sont cependant limités dans le temps.

Renault ZOE. La première voiture électrique compacte.
Renault ZOE. La première voiture électrique compacte.

Pour une entreprise ou un indépendant, il est donc intéressant d'acheter un modèle hybride rechargeable puisqu'il est déductible fiscalement jusqu'à 100 %. Mais un particulier ne pouvant bénéficier de cette déductibilité fiscale, il ne tirera pas avantage d'un modèle hybride rechargeable. Ceux-ci sont aussi plus onéreux qu'un SUV diesel ou essence comparable. La présence d'une batterie plus grosse entraîne par ailleurs un poids plus élevé, et donc une consommation plus importante si le véhicule n'est pas correctement utilisé. C'est-à-dire rechargé chaque soir.

Reste alors les SUV électriques. La Tesla X a été le premier sur le marché. Au printemps, il a été rejoint par la Jaguar I-Pace, aussi impressionnante sur la route qu'en tout-terrain. Un modèle qui a de grandes chances de succéder au Peugeot 3008 pour le titre de 'Voiture de l'Année'. Avec son nouveau e-tron, Audi a pris de vitesse ses concurrents directs allemands Mercedes et BMW. D'autres marques vont rapidement s'ajouter à la liste. Avec quelques années de retard, le train de la voiture électrique semble enfin parti pour de bon. Et celui qui le manquera peut faire une croix sur son indépendance dans le futur.

Ces chiffres, en provenance de la Cour des comptes européenne, illustrent l'impact dramatique de la pollution de l'air sur notre santé, notamment provoquée par les particules fines et le dioxyde d'azote sortant des échappements des véhicules. Les constructeurs et le monde politique ont pris le problème à bras-le-corps, les instances officielles fixant les normes d'émissions et veillant à leur respect.La pollution atmosphérique constitue la principale menace environnementale pour la santé publique en Europe. Mais les gouvernements sont défaillants puisque la plupart des Etats membres ne respectent pas les normes européennes. C'est ce que l'on peut lire dans un rapport cinglant de la Cour des comptes européenne. Organe indépendant et externe analysant les comptes de la Commission européenne, elle veille sur nos intérêts et ne peut absolument pas être soupçonnée d'être composée de sympathisants écologistes ou d'activistes environnementaux. Selon ses constatations, quelque 400.000 Européens meurent chaque année de manière prématurée des suites de la pollution atmosphérique. Soit plus de 1.000 par jour. À titre de comparaison, le nombre de victimes de la route est dix fois moins élevé. C'est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle pour les marques automobiles. D'un côté, la voiture et la circulation sont devenues bien plus sûres que voici 10 ou 20 ans. Mais d'un autre côté, la circulation automobile provoque davantage de victimes en raison des émissions nocives. Durant des décennies, les constructeurs automobiles se sont concentrés sur l'augmentation de la puissance afin de pouvoir offrir des vitesses de pointe plus élevées et des accélérations plus impressionnantes. Une Porsche 356 du début des années 50 disposait de seulement 44 ch. Aujourd'hui, une Porsche 911 développe 370 ch. Et au niveau des accélérations ou des vitesses de pointe, plus aucune comparaison n'est possible. Avec plus de voitures sur les routes et des vitesses plus élevées, le prix s'est payé au niveau du nombre de morts. Sous pression de l'opinion publique et du monde politique, les marques ont déplacé le curseur vers la sécurité. Cela a notamment entraîné l'obligation d'utiliser la ceinture de sécurité et le déploiement des airbags ainsi que l'adoption de systèmes antipatinage. Volvo et Mercedes, notamment, ont montré l'exemple. Aujourd'hui, tous les nouveaux modèles réalisent des scores élevés lors des crash-tests Euro NCAP. Existant depuis 1997, ces crash-tests sont devenus la norme dans le secteur de l'automobile. Ils sont composés de trois épreuves : une collision frontale, une collision latérale et un test d'impact latéral contre un poteau. Une variante prévoit aussi un choc avec un piéton ou un cycliste. La nouvelle génération de SUV et de voitures hybrides affiche également de bons, voire de très bons résultats. Les efforts ont été récompensés. Année après année, le nombre de victimes d'accidents de la route mortels diminue, même si nous faisons toujours moins bien que nos pays voisins. Une partie de l'explication est que 9 accidents sur 10 sont la conséquence d'une erreur humaine. Les compagnies d'assurances ne prévoient pas des primes plus élevées pour les conducteurs de SUV, ce qui laisse supposer que cette catégorie d'utilisateurs ne provoque pas plus d'accidents que les autres. Contrairement à la problématique de la sécurité routière, l'impact des émissions nocives sur la santé publique est longtemps resté sous le radar. Heureusement, les choses ont changé. Cet impact est en effet bien plus important qu'imaginé, comme en attestent les conclusions angoissantes de ce rapport de la Cour des comptes européenne. En fixant des objectifs plus stricts en matière de CO2, et en augmentant les amendes pour le non-respect des normes, la Commission européenne oblige les constructeurs automobiles à agir. L'alliance Renault-Nissan a fait de l'électromobilité une priorité voici quasiment 10 ans. BMW, GM/Opel et Mercedes ont également réalisé du bon travail. De l'autre côté de la planète, Toyota endosse, depuis 1997, un statut de pionnier dans le domaine de la voiture hybride. Tous ces constructeurs n'ont qu'un objectif : réduire les émissions nocives et viser le " zéro émission ". C'est à Tesla que revient le mérite d'avoir accéléré le mouvement des voitures électriques, faisant blêmir d'inquiétude les patrons des marques premium en Allemagne, en Grande-Bretagne et en Suède. Le Vorsprung durch Technik (" L'avancée par la technologie ") semblait soudainement dépassé, contraignant ces constructeurs à une course-poursuite. Jaguar a été le premier à réagir, lançant au printemps son I-Pace, un vrai concurrent pour la Tesla X. C'est aujourd'hui au tour d'Audi de présenter son e-tron, made in Belgium qui plus est. Pour voir débarquer sur le marché la Mercedes EQC, il faudra attendre le printemps 2019. Tous ces nouveaux modèles bénéficient d'une autonomie réelle variant entre 300 et 400 km. Cette autonomie demeure une exigence minimale pour espérer convaincre les clients potentiels de franchir le pas. De plus en plus de consommateurs semblent prêts à apporter leur contribution à une meilleure qualité de l'air, mais ils ne veulent pas pour autant payer une facture trop élevée, et sûrement pas en matière de confort ou de facilité d'utilisation. Les conducteurs de SUV se trouvent confrontés à un choix difficile. Plus massif et plus lourd qu'une berline, un SUV consomme davantage et émet donc aussi plus de gaz nocifs. Les chiffres prouvent que les moteurs diesel de dernière génération affichent des valeurs plus ou moins acceptables en matière de consommation de carburant et d'émissions de CO2. Mais les moteurs diesels produisent des particules fines et des NOx, nocifs pour la santé. C'est pour cette raison d'ailleurs que le monde politique a déclaré la guerre au diesel, ce qui se traduit concrètement par une augmentation importante de ses taxes et de ses prix. Depuis le Dieselgate, le lobby automobile (allemand) n'a plus le même poids à Berlin ou à Bruxelles. Le monde politique s'est senti floué par Volkswagen et les autres, ne semblant pas prêt pour l'instant à faire des concessions. Même si cela affecte la position concurrentielle des marques automobiles européennes, et le secteur automobile pourtant fort pourvoyeur d'emplois en Europe. Dès l'an prochain, les centres de plusieurs grandes villes européennes seront même interdits aux moteurs diesel les plus anciens. Cela concerne des millions de véhicules. Et revenir en arrière n'est plus possible, même si la nouvelle génération de diesels est objectivement plus respectueuse de l'environnement que de nombreux modèles à essence. La sortie du diesel signifie donc qu'il faut passer à l'essence. Cela va faire hurler d'effroi les adeptes de gros SUV qui vont soudain voir leur consommation moyenne passer à 13 ou 15 l/100 km. En ville et sur les autoroutes allemandes, ils pourront encore ajouter quelques litres. Quelles sont les autres alternatives ? Vous pouvez passer au moteur électrique ou à une combinaison associant moteur électrique et moteur à essence, c'est-à-dire un modèle hybride rechargeable. Avec une batterie rechargée via une simple prise de courant, le moteur électrique garantit dans la pratique une autonomie de 30 à 50 km. Cela suffit pour les déplacements quotidiens de la majorité de la population. Mais il faut pour cela brancher chaque soir son véhicule sur une prise, ce qui exige une certaine discipline. En principe, un véhicule hybride rechargeable permet d'abaisser sa consommation et de faire des économies tout en contribuant à la santé publique. Un modèle hybride rechargeable affichant de faibles émissions de CO2, il donne aussi droit à divers avantages fiscaux. Ceux-ci sont cependant limités dans le temps. Pour une entreprise ou un indépendant, il est donc intéressant d'acheter un modèle hybride rechargeable puisqu'il est déductible fiscalement jusqu'à 100 %. Mais un particulier ne pouvant bénéficier de cette déductibilité fiscale, il ne tirera pas avantage d'un modèle hybride rechargeable. Ceux-ci sont aussi plus onéreux qu'un SUV diesel ou essence comparable. La présence d'une batterie plus grosse entraîne par ailleurs un poids plus élevé, et donc une consommation plus importante si le véhicule n'est pas correctement utilisé. C'est-à-dire rechargé chaque soir. Reste alors les SUV électriques. La Tesla X a été le premier sur le marché. Au printemps, il a été rejoint par la Jaguar I-Pace, aussi impressionnante sur la route qu'en tout-terrain. Un modèle qui a de grandes chances de succéder au Peugeot 3008 pour le titre de 'Voiture de l'Année'. Avec son nouveau e-tron, Audi a pris de vitesse ses concurrents directs allemands Mercedes et BMW. D'autres marques vont rapidement s'ajouter à la liste. Avec quelques années de retard, le train de la voiture électrique semble enfin parti pour de bon. Et celui qui le manquera peut faire une croix sur son indépendance dans le futur.