Solutions à court terme
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Solutions à court terme Entre-temps, les constructeurs automobiles mettent les bouchées doubles pour élaborer des solutions à court terme nécessaires pour respecter les normes d'émission de plus en plus strictes. Les marques de voitures qui ne réussissent pas risquent à la fois de compromettre leur réputation et de se voir infliger de lourdes amendes. Une de ces solutions intermédiaires, c'est l'utilisation de carburant bio. Une autre façon de réduire la consommation, et donc les émissions de CO2, c'est de diminuer la cylindrée et le nombre de cylindres. Une troisième possibilité consiste à associer un moteur diesel ou essence conventionnel à un ou plusieurs moteurs électriques. Cette technique permet de rouler uniquement électrique sur une petite distance ou à une vitesse faible. La percée de la voiture électrique est une question de temps Le but ultime demeure l'émission zéro. Selon l'état actuel des choses, c'est possible à l'aide de propulsion électrique et d'hydrogène. Une voiture électrique puise son énergie dans un accu qui se recharge par le réseau électrique domestique, mais ce processus peut durer jusqu'à huit heures. Il y a moyen de les charger rapidement à l'aide d'un chargeur turbo public, mais où les trouver en Belgique ? Les voitures électriques sont encore un épiphénomène, mais la situation change rapidement. Ces cinq prochaines années, les grandes villes se rempliront de voitures (citadines) électriques : la percée aura lieu en Chine, car malheureusement l'Europe n'est plus le centre du monde automobile. Une station publique d'hydrogèneEt entre-temps, qu'advient-il de la voiture à hydrogène? Il y a dix ans, on lui prédisait un avenir plus grand encore que la voiture électrique. La voiture à hydrogène produit son énergie elle-même : en mélangeant l'hydrogène à l'oxygène, on génère de l'électricité. Cependant, 50% de l'énergie se perd lors de ce processus compliqué. En outre, la pile à combustible se compose de pièces extrêmement coûteuses. Autres inconvénients : aujourd'hui, l'hydrogène est surtout extrait de pétrole et de gaz naturel, avec une série de conséquences négatives pour l'environnement. Il est également possible de produire de l'hydrogène, mais politiquement c'est très sensible. En outre, l'hydrogène est un gaz léger et très explosif, ce qui peut s'avérer problématique quand on fait le plein du réservoir à hydrogène. Celui-ci se trouve en effet à la place du réservoir à essence ou à diesel. À propos de faire le plein : c'est assez simple et ne dure que cinq minutes. Le problème, c'est qu'en Belgique il n'y a qu'une station publique d'hydrogène. Une deuxième est en préparation, à Hal. Une station coûterait un million d'euros. L'offre de voitures à hydrogène est également très réduite et se limite à la pile à combustible Hyundai ix35 et la Toyota Mirai. Cette dernière coûte 79 000 euros et d'après le constructeur japonais elle garantit une autonomie d'environ 400 kilomètres en circonstances réalistes. En attente Les marques américaines (GM) et européennes (BMW, Mercedes et VW) ont mis le développement de leur voiture à hydrogène en attente après avoir investi d'innombrables milliards dans cette technologie du futur. Ils ont tous conclu que la voiture à hydrogène ne permet pas de gagner de l'argent, alors que c'est le cas de la future génération de voitures électriques. Elles coûteront à peine plus que le modèle diesel comparable et disposeront d'une autonomie de 600 kilomètres. Du coup, les grandes marques européennes et américaines focalisent sur l'expansion de l'électromobilité dans toutes ses applications. Les cinq prochaines années, Mercedes pompera 10 milliards dans le développement de la plateforme EQ. La voiture électrique a été boostée par la résolution des bourgmestres d'une série de métropoles de décréter une interdiction de roulage pour les voitures à essence et à diesel. Le succès improbable de Tesla joue également un rôle qui n'est pas à sous-estimer. En valeur boursière, le nouveau venu américain est devenu plus grand que GM. Si même les petits investisseurs sont convaincus des opportunités de croissance de l'électromobilité, l'avenir de la voiture électrique semble assuré, au point même que la direction de Toyota a décidé de développer une nouvelle voiture électrique. Il n'y a pas (encore) de confirmation officielle. Cela pourrait signifier la fin de la voiture à hydrogène et ce serait une mauvaise blague pour tous ceux qui ont déjà acheté une Mirai. En Belgique, il s'agit d'une dizaine de concessionnaires Toyota et de personnes privées. À suivre.