Conclusion de Greenpeace: le Belge semble bien "ouvert au changement", mais à condition que les alternatives (aux classiques déplacements en voiture diesel ou essence) soient abordables, notamment sur le plan financier, et faciles.

Selon les réponses d'un millier de Belges actifs mais ne travaillant pas depuis chez eux, interrogés en ligne début janvier (2-8 janvier), la popularité du moteur diesel a pris un sérieux coup. Seuls 8% de cet échantillon représentatif (en termes d'âge, de genre, de langue et de diplôme, marge d'erreur 3,02%) indiquent qu'ils envisageraient un véhicule roulant au diesel s'ils devaient actuellement choisir une nouvelle voiture à acheter.

Le contournement des normes anti-pollution des gaz d'échappement révélé par le "Dieselgate" pourrait avoir joué un rôle, tout comme l'évolution du prix et la multiplication des villes instaurant des "zones basse émission" qui sont surtout limitatives pour les moteurs diesel. A noter cependant que si le diesel avait récemment mauvaise presse, c'est entre autres lié à des polluants comme l'oxyde d'azote, qui ont un impact direct sur la qualité de l'air. L'essence a des avantages sur ce plan... mais émet davantage de CO2, gaz qui contribue au réchauffement climatique.

Greenpeace avait d'ailleurs publié en septembre dernier un rapport préconisant l'arrêt total de la vente à des particuliers de tout véhicule à carburants fossiles, qu'il soit au diesel ou à l'essence, d'ici 2028 au plus tard. A l'échelle européenne, cette mesure était jugée nécessaire pour avoir de bonnes chances de rencontrer l'objectif idéal de l'Accord de Paris sur le climat (augmentation maximale de 1,5°C par rapport aux températures pré-industrielles).

Un véhicule électrique, oui, mais bon marché

Quant à la voiture électrique, qui pourrait dans cette optique faire partie de la solution, elle semble tomber dans les bonnes grâces du consommateur, mais uniquement si cette option est bon marché: près de 70% affirment qu'ils choisiraient une voiture électrique si elle coutait la même chose qu'un véhicule à combustion. Un peu plus de la moitié des sondés (54%) affirme souhaiter laisser plus souvent la voiture de côté. Une part presque aussi importante des personnes interrogées (49%) indique par ailleurs qu'il serait bon d'abandonner les voitures de société, un sujet pourtant hautement sensible.

Selon Greenpeace, même parmi les bénéficiaires de ce système, un travailleur sur deux s'accorde à dire que le soutien fiscal aux voitures de société contribue grandement aux problèmes de mobilité dans notre pays. Dans une optique de limitation du trafic routier, les transports en commun sont indiqués comme une bonne solution (par trois quarts des Belges), mais de nombreux répondants (61%) estiment que les connections ne sont pas suffisamment bonnes pour leur trajet domicile-boulot.

"Un pacte mobilité audacieux"

Joeri Thijs, expert en Mobilité durable et en qualité de l'air chez Greenpeace, voit dans les résultats un signe que le consommateur semble "prêt à dire adieu aux voitures diesel ou essence". "Certainement les jeunes", qui sont "de plus en plus souvent prêts à ne pas posséder eux-mêmes une voiture mais à limiter les coûts via le partage". "L'industrie va-t-elle enfin prendre ses responsabilités vis-à-vis de deux grands défis de notre temps, les changement climatique et la pollution de l'air? De nos jours, il n'y a toujours pas une voiture familiale électrique véritablement abordable sur le marché", constate l'expert. Si l'industrie est pointée d'une part, les autorités ont aussi leur rôle à jouer, selon Greenpeace.

Pour la prochaine législature, il s'agira d'aboutir "à un pacte mobilité ambitieux. Un pacte qui pousse clairement l'industrie automobile en fixant rapidement une date de péremption pour l'immatriculation de toutes les voitures aux combustibles fossiles". "Des pays comme la Norvège (d'ici 2025), la Suède, le Danemark, la France, la Grande-Bretagne et l'Inde l'ont déjà fait, la Chine suivra bientôt", note Joeri Thijs. Parallèlement, des investissements sont demandés dans les transports en commun et l'infrastructure pour les cyclistes.

Conclusion de Greenpeace: le Belge semble bien "ouvert au changement", mais à condition que les alternatives (aux classiques déplacements en voiture diesel ou essence) soient abordables, notamment sur le plan financier, et faciles.Selon les réponses d'un millier de Belges actifs mais ne travaillant pas depuis chez eux, interrogés en ligne début janvier (2-8 janvier), la popularité du moteur diesel a pris un sérieux coup. Seuls 8% de cet échantillon représentatif (en termes d'âge, de genre, de langue et de diplôme, marge d'erreur 3,02%) indiquent qu'ils envisageraient un véhicule roulant au diesel s'ils devaient actuellement choisir une nouvelle voiture à acheter. Le contournement des normes anti-pollution des gaz d'échappement révélé par le "Dieselgate" pourrait avoir joué un rôle, tout comme l'évolution du prix et la multiplication des villes instaurant des "zones basse émission" qui sont surtout limitatives pour les moteurs diesel. A noter cependant que si le diesel avait récemment mauvaise presse, c'est entre autres lié à des polluants comme l'oxyde d'azote, qui ont un impact direct sur la qualité de l'air. L'essence a des avantages sur ce plan... mais émet davantage de CO2, gaz qui contribue au réchauffement climatique. Greenpeace avait d'ailleurs publié en septembre dernier un rapport préconisant l'arrêt total de la vente à des particuliers de tout véhicule à carburants fossiles, qu'il soit au diesel ou à l'essence, d'ici 2028 au plus tard. A l'échelle européenne, cette mesure était jugée nécessaire pour avoir de bonnes chances de rencontrer l'objectif idéal de l'Accord de Paris sur le climat (augmentation maximale de 1,5°C par rapport aux températures pré-industrielles). Quant à la voiture électrique, qui pourrait dans cette optique faire partie de la solution, elle semble tomber dans les bonnes grâces du consommateur, mais uniquement si cette option est bon marché: près de 70% affirment qu'ils choisiraient une voiture électrique si elle coutait la même chose qu'un véhicule à combustion. Un peu plus de la moitié des sondés (54%) affirme souhaiter laisser plus souvent la voiture de côté. Une part presque aussi importante des personnes interrogées (49%) indique par ailleurs qu'il serait bon d'abandonner les voitures de société, un sujet pourtant hautement sensible. Selon Greenpeace, même parmi les bénéficiaires de ce système, un travailleur sur deux s'accorde à dire que le soutien fiscal aux voitures de société contribue grandement aux problèmes de mobilité dans notre pays. Dans une optique de limitation du trafic routier, les transports en commun sont indiqués comme une bonne solution (par trois quarts des Belges), mais de nombreux répondants (61%) estiment que les connections ne sont pas suffisamment bonnes pour leur trajet domicile-boulot. Joeri Thijs, expert en Mobilité durable et en qualité de l'air chez Greenpeace, voit dans les résultats un signe que le consommateur semble "prêt à dire adieu aux voitures diesel ou essence". "Certainement les jeunes", qui sont "de plus en plus souvent prêts à ne pas posséder eux-mêmes une voiture mais à limiter les coûts via le partage". "L'industrie va-t-elle enfin prendre ses responsabilités vis-à-vis de deux grands défis de notre temps, les changement climatique et la pollution de l'air? De nos jours, il n'y a toujours pas une voiture familiale électrique véritablement abordable sur le marché", constate l'expert. Si l'industrie est pointée d'une part, les autorités ont aussi leur rôle à jouer, selon Greenpeace. Pour la prochaine législature, il s'agira d'aboutir "à un pacte mobilité ambitieux. Un pacte qui pousse clairement l'industrie automobile en fixant rapidement une date de péremption pour l'immatriculation de toutes les voitures aux combustibles fossiles". "Des pays comme la Norvège (d'ici 2025), la Suède, le Danemark, la France, la Grande-Bretagne et l'Inde l'ont déjà fait, la Chine suivra bientôt", note Joeri Thijs. Parallèlement, des investissements sont demandés dans les transports en commun et l'infrastructure pour les cyclistes.