De nouvelles "recommandations", pour les femmes, ont été annoncées dimanche par le ministère pour la Promotion de la vertu et la Répression du vice. Ces mesures inquiètent les femmes afghanes.

Des droits qui ne cessent de se limiter

Rina Amiri a été nommée l'émissaire des États-Unis pour les droits des femmes afghanes. Cette ancienne conseillère de l'administration Obama, devra s'occuper de "dossiers d'une importance critique." Elle même est née en Afghanistan, elle doit être une émissaire pour les droits des femmes et filles afghanes.

Car les talibans ne veulent pas entretenir les mêmes relations internationales que lors de leur premier règne (de 1996 à 2001), ils veulent montrer qu'ils ont changé: du moins c'est ce qu'ils ont voulu faire croire au niveau des droits des femmes. Plus le temps passe, plus la situation devient celle que les observateurs internationaux craignent. Les droits des femmes se réduisent de jour en jour. Dimanche, de nouvelles recommandations ont été annoncées et elles sont très claires: par exemple, il est demandé aux taxis de ne pas prendre des femmes seules si elles veulent faire plus de 72km, comme l'a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère. Ces recommandations interviennent alors que plusieurs ONG dénoncent les conditions de la femme dans le pays. Cela fait longtemps que les talibans ont énoncé une série de mesures qui touchent les femmes comme par exemple l'interdiction de continuer leurs études après l'école primaire. Heureusement, des écoles clandestines ont vu le jour, comme le montrent nos confrères de la RTBF. L'arrêt de l'école pour les filles est une étape vers l'objectif des talibans: que les femmes ne sortent plus de chez elles.

Amnesty International avait également publié une recherche le 6 décembre qui porte sur les violences faites aux femmes: "Lorsque les talibans ont pris le contrôle de l'Afghanistan, le système de services de protection s'est effondré. Les foyers ont été fermés, et la plupart ont été pillés et réquisitionnés par des talibans. Parfois, ceux-ci ont harcelé ou menacé le personnel." Alors que comme le raconte une témoin à l'ONG, les violences à prendre en charge sont violentes "[Les cas] étaient vraiment extrêmes. Nous avions une femme par exemple : son mari lui avait arraché les ongles des doigts... [Un] autre homme a pris un pied-de-biche pour enlever la peau de sa femme... Une autre femme subissait de nombreuses violences de la part de sa famille. Elle ne pouvait même plus utiliser les toilettes." Les femmes ont donc besoin que les services d'accompagnement continuent leur travail dans des conditions optimales, ce qui n'est plus le cas.

La recommandation la plus floue qui a été exprimée dimanche est celle-ci: il est demandé aux femmes de porter un "voile islamique". Ce n'est pas clair dans le sens où la majorité des femmes de la population afghane portent un foulard, mais lors de la première prise de pouvoir des talibans, elles devaient se vêtir d'une burqa. La recommandation ne précise pas si les femmes pourront rester avec un foulard ou devront changer leurs habits (même si certaines l'ont déjà fait).

Lors de la rencontre entre les États-Unis, l'Union Européenne et les talibans au Qatar début décembre (pour discuter de leurs relations diplomatiques), la situations était déjà vague: "Lors de la réunion, la délégation afghane a confirmé son engagement à faire respecter les droits de l'homme et les libertés fondamentales, y compris les droits des femmes, des enfants et des personnes appartenant à des minorités, ainsi que la liberté d'expression et des médias, conformément aux principes islamiques." pouvait-on lire dans le communiqué du service diplomatique de l'Union Européenne. La liberté des femmes était déjà compromise. C'était également l'avis de Sébastien Boussois, docteur en sciences politiques et chercheur sur le Moyen Orient et les relations euro-arabes (ULB), interviewé par le Vif : "Cette liberté qui pourrait être octroyée par les talibans aux femmes me semble malheureusement difficilement applicable dans la réalité de l'Afghanistan profond. "

Manifestation réprimée

Mardi, une manifestation s'est déroulée à Kaboul, elle a rassemblé une trentaine de femmes qui réclamaient la défense de leurs droits, comme le montrent ces images de France 24.

Malheureusement, la manifestation a été rapidement interrompue par les membres des talibans. Selon l'AFP : "Les talibans ont brièvement détenu plusieurs journalistes qui couvraient la manifestation et confisqué leurs caméras et appareils photo, ne les rendant qu'après avoir fait effacer les images."

Ariane Kandilaptis

De nouvelles "recommandations", pour les femmes, ont été annoncées dimanche par le ministère pour la Promotion de la vertu et la Répression du vice. Ces mesures inquiètent les femmes afghanes.Des droits qui ne cessent de se limiterRina Amiri a été nommée l'émissaire des États-Unis pour les droits des femmes afghanes. Cette ancienne conseillère de l'administration Obama, devra s'occuper de "dossiers d'une importance critique." Elle même est née en Afghanistan, elle doit être une émissaire pour les droits des femmes et filles afghanes. Car les talibans ne veulent pas entretenir les mêmes relations internationales que lors de leur premier règne (de 1996 à 2001), ils veulent montrer qu'ils ont changé: du moins c'est ce qu'ils ont voulu faire croire au niveau des droits des femmes. Plus le temps passe, plus la situation devient celle que les observateurs internationaux craignent. Les droits des femmes se réduisent de jour en jour. Dimanche, de nouvelles recommandations ont été annoncées et elles sont très claires: par exemple, il est demandé aux taxis de ne pas prendre des femmes seules si elles veulent faire plus de 72km, comme l'a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère. Ces recommandations interviennent alors que plusieurs ONG dénoncent les conditions de la femme dans le pays. Cela fait longtemps que les talibans ont énoncé une série de mesures qui touchent les femmes comme par exemple l'interdiction de continuer leurs études après l'école primaire. Heureusement, des écoles clandestines ont vu le jour, comme le montrent nos confrères de la RTBF. L'arrêt de l'école pour les filles est une étape vers l'objectif des talibans: que les femmes ne sortent plus de chez elles. Amnesty International avait également publié une recherche le 6 décembre qui porte sur les violences faites aux femmes: "Lorsque les talibans ont pris le contrôle de l'Afghanistan, le système de services de protection s'est effondré. Les foyers ont été fermés, et la plupart ont été pillés et réquisitionnés par des talibans. Parfois, ceux-ci ont harcelé ou menacé le personnel." Alors que comme le raconte une témoin à l'ONG, les violences à prendre en charge sont violentes "[Les cas] étaient vraiment extrêmes. Nous avions une femme par exemple : son mari lui avait arraché les ongles des doigts... [Un] autre homme a pris un pied-de-biche pour enlever la peau de sa femme... Une autre femme subissait de nombreuses violences de la part de sa famille. Elle ne pouvait même plus utiliser les toilettes." Les femmes ont donc besoin que les services d'accompagnement continuent leur travail dans des conditions optimales, ce qui n'est plus le cas. La recommandation la plus floue qui a été exprimée dimanche est celle-ci: il est demandé aux femmes de porter un "voile islamique". Ce n'est pas clair dans le sens où la majorité des femmes de la population afghane portent un foulard, mais lors de la première prise de pouvoir des talibans, elles devaient se vêtir d'une burqa. La recommandation ne précise pas si les femmes pourront rester avec un foulard ou devront changer leurs habits (même si certaines l'ont déjà fait).Lors de la rencontre entre les États-Unis, l'Union Européenne et les talibans au Qatar début décembre (pour discuter de leurs relations diplomatiques), la situations était déjà vague: "Lors de la réunion, la délégation afghane a confirmé son engagement à faire respecter les droits de l'homme et les libertés fondamentales, y compris les droits des femmes, des enfants et des personnes appartenant à des minorités, ainsi que la liberté d'expression et des médias, conformément aux principes islamiques." pouvait-on lire dans le communiqué du service diplomatique de l'Union Européenne. La liberté des femmes était déjà compromise. C'était également l'avis de Sébastien Boussois, docteur en sciences politiques et chercheur sur le Moyen Orient et les relations euro-arabes (ULB), interviewé par le Vif : "Cette liberté qui pourrait être octroyée par les talibans aux femmes me semble malheureusement difficilement applicable dans la réalité de l'Afghanistan profond. "Manifestation répriméeMardi, une manifestation s'est déroulée à Kaboul, elle a rassemblé une trentaine de femmes qui réclamaient la défense de leurs droits, comme le montrent ces images de France 24.Malheureusement, la manifestation a été rapidement interrompue par les membres des talibans. Selon l'AFP : "Les talibans ont brièvement détenu plusieurs journalistes qui couvraient la manifestation et confisqué leurs caméras et appareils photo, ne les rendant qu'après avoir fait effacer les images."Ariane Kandilaptis