Violences en RDC - La FIDH dénonce des violations des droits humains perpétrées par les forces congolaises

22/05/14 à 14:40 - Mise à jour à 14:40

Source: Le Vif

(Belga) "Des militaires des FARDC de la 6e région militaire, des policiers et des membres de la Garde républicaine ont perpétré de graves violations des droits humains dans le cadre de la répression, le 30 décembre 2013, des adeptes de la secte du Ministère de la Restauration à partir de l'Afrique Noire (MRAN) de Jospeh Mukungbila", ont dénoncé jeudi la Ligue des Electeurs et la Fédération internationale des Ligues des Droits de l'Homme (FIDH), lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

Violences en RDC - La FIDH dénonce des violations des droits humains perpétrées par les forces congolaises

Le lundi 30 décembre 2013, les forces de défense et de sécurité congolaises ont violemment réprimé des attaques commises par des adeptes de la secte du MRAN à des endroits stratégiques de la RDC, dont Kinshasa et Lubumbashi. Des preneurs d'otages sur le site de la télévision publique RTNC s'étaient ainsi clairement réclamés du pasteur Mukungubila Mutombo, qui fut candidat à la présidentielle de 2006 remportée par M. Kabila. Le bilan officiel de ces événements a fait état de 103 morts, dont 8 éléments de l'armée, 9 blessés et 187 personnes arrêtées. "Mais selon les témoignages recueillis et les enquêtes menées, le bilan serait bien plus lourd, atteignant quelque 250 morts", précise le secrétaire général de la FIDH, Paul Nsapu. "La plupart des adeptes de la secte, qualifiés de terroristes, ont été exécutés sommairement, alors même que certains n'étaient munis que de bâtons, d'autres blessés et des dizaines d'autres sont aujourd'hui détenus après avoir été sévèrement torturés et battus. Plusieurs dizaines sont toujours portés disparus", poursuit-il. Le rapport souligne que les raisons du déclenchement de la violence d'Etat contre les adeptes du MRAN restent floues. Ces derniers s'étaient mobilisés sur l'ensemble du territoire pour revendiquer la libération des fidèles de leur secte emprisonnés et manifester leur colère à cet égard. "La version officielle d'attaques contre l'Etat a permis aux autorités de justifier la sanglante répression et les graves violations des droits humains perpétrées par les forces de défense et de sécurité congolaises à l'encontre des partisans de Joseph Mukungbila", ajoute la FIDH. La présidente de l'association des victimes du 30 décembre 2013 dénonce par ailleurs la véritable chasse à l'homme à laquelle se livrent encore les forces de sécurité congolaises à l'encontre des proches de Jospeh Mukungbila. "Cette traque donne lieu à des abus et de la violence: arrestations, disparitions forcées, perquisitions, ... Les répressions continuent", déplore-t-elle. "Il est important que nous obtenions justice et réparation". (Belga)

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