Timothy Brown, le seul humain à avoir vaincu le VIH

25/07/12 à 12:15 - Mise à jour à 12:15

Source: Le Vif

Timothy Brown est le seul cas connu au monde de guérison du sida. Il vient de lancer une croisade pour récolter des fonds de recherche sur la maladie.

Timothy Brown, le seul humain à avoir vaincu le VIH

© Reuters

Il a l'air fragile et timide. Son nom est Timothy Brown, mais tous les médias l'ont rebaptisé "Le Patient de Berlin". Il avait le VIH. Le verbe est au passé parce qu'il est guéri. Il est même la première personne à s'en sortir.

Il a hésité à y croire longtemps. Mais quand il a vu son cas publié dans le New England Journal of Medicine en 2009, deux ans après sa guérison, il a commencé à comprendre que c'était vrai. Il avait vaincu le virus du Sida.

La maladie qui, encore aujourd'hui, tue 2 millions de personnes dans le monde chaque année.
"Je suis une personne assez discrète, je n'ai donc pas réalisé toute de suite que mon histoire devait être racontée. En la partageant, j'espère amener de l'espoir chez les gens qui luttent contre le maladie" affirme Timothy.

Un américain de Seattle

Timothy était étudiant à Berlin en 1995, quand il a fait le test de dépistage. "Quand j'ai découvert que j'avais le virus, j'étais terrifié. J'avais des amis qui étaient déjà décédés à cause du Sida. Je l'ai vraiment vécu comme une sentence de mort . Un ami m'avait même dit qu'il ne me restait plus que quelques années à vivre".

En 1996, un nouveau traitement voit le jour. Les personnes commencent à vivre avec le VIH d'une façon plus ou moins normale. Timothy retrouve alors l'espoir et cherche à conduire sa vie, à réaliser ses projets.
Au cours des onze années suivantes, il continue à se faire soigner en Allemagne, il réagit bien aux médicaments, il prend plusieurs pilules par jours et trouve un équilibre physique et psychologique.

Il découvre alors qu'il souffre d'une forme aiguë de leucémie. "Pour la deuxième fois dans ma vie, j'ai vu la mort en face", explique-t-il dans une vidéo sur Internet. C'est à ce moment-là qu'il rencontre le Dr. Gero Huetter, qui décide de le soigner avec la chimiothérapie.

Le Dr Huetter sera aussi la personne qui changera radicalement sa vie. Il lui propose de recevoir une greffe de moelle osseuse en 2007, pour traiter la leucémie. Après l'opération, grande surprise : Timothy ne montre plus aucun signe d'infection au VIH, il cesse donc de prendre des antirétroviraux.

La moelle greffée provenait d'un donneur qui avait des cellules immunitaires mutantes résistantes au VIH. Les médecins qui le suivaient l'ont alors déclaré guéri.

Selon les estimations, 0,3% de la population est doté de cette immunité naturelle au VIH qui provient de la mutation d'un gène dite CCR5. D'après Timothy, cette proportion serait de 1% parmi les populations européennes.
Aujourd'hui, cinq ans après, Timothy est en forme. Plus de leucémie, mais surtout plus de traces de VIH dans le corps. Il a était analysé, étudié, observé par tous les médecins sous tous les possibles angles.
Selon le Dr. Huetter il est donc possible de conclure que "le traitement anti VIH a enregistré un succès avec ce patient".

"Je me rends compte que la méthode utilisée dans mon cas ne peut pas devenir la règle, explique Timothy. Pourtant, je ne suis pas un concept abstrait. Je représente un cas réel de guérison. Il ne faut donc pas perdre l'espoir et intensifier les recherches dans ce domaine".

Timothy a lancé la "Fondation Timothy Antony" qui a pour but de recueillir des fonds pour soutenir la recherche.

"Il y a des milliers de chercheurs très capables qui ne peuvent pas obtenir de fonds et qui sont prêts à travailler pour trouver un moyen d'éradiquer le VIH", souligne-t-il en notant que l'Europe dépense plus que les Etats-Unis pour trouver ce moyen de guérir du sida.

Interrogé sur le caractère "miraculeux" de sa guérison, comme le disent certains, il a répondu que c'était "difficile à dire". "Cela dépend de vos convictions religieuses: si vous pensez que c'est seulement le fait de la science médicale ou d'une intervention divine", répond-il avant d'ajouter: "Je dirais que c'est un peu les deux".

Anna M. Volpe

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