Naît-on meurtrier ?

17/03/15 à 14:20 - Mise à jour à 14:20

Les scientifiques essayent régulièrement de déterminer qu'elle est la part de prédisposition chez les personnes violentes. Ou autrement dit, est-ce que la violence est inscrite dans nos gènes ? La réponse n'est pas simple.

Naît-on meurtrier ?

Image d'illustration © iStock

Depuis près de deux siècles, la science cherche à savoir si la violence est héréditaire ou acquise. La question traîne dans son sillage de nombreuses questions éthiques. Que fait-on des individus potentiellement violents, mais qui n'ont encore commis aucun acte violent et qui ne le feront peut-être jamais ? Le sujet, qui est au coeur du film Minority Report, n'intéresse pas que les auteurs de science-fiction. Les études qui se penchent sur la question ne manquent pas. En voici quelques-unes.

Dans les années 1980, un neuroscientifique britannique, Adrian Raine, a scanné le cerveau de personnes condamnées pour des homicides. De cette étude, il ressort que les condamnés étaient nombreux à avoir une activité réduite dans le cortex préfrontal qui contrôle les pulsions émotionnelles tout en montrant une suractivité dans le complexe amygdalien, qui génère les émotions.

Une autre étude menée sur des jeunes montre que la violence a tendance à augmenter lorsque la verbalisation de l'individu est faible ou en cas de déficience mentale.

Publiée en 2011, une étude a examiné le parcours de 12,5 millions de Suédois sur plus de trente ans. Les chercheurs ont découvert qu'une personne ayant un parent du premier degré criminel a 4,3 fois plus de risques de commettre un crime violent.

Les gènes et le cerveau d'un psychopathe

En 2013, Fallon, un chercheur en neurosciences raconte dans The Psychopath Inside qu'il a le cerveau et les gènes d'un psychopathe. Il le découvre lorsqu'il a comparé le scan de son cerveau à celui de personnes à tendance psychopathes. C'est-à-dire que son cerveau présentait une faible activité dans certaines zones des lobes frontaux et temporaux liées à l'empathie, la moralité et la maîtrise de soi. Les tests génétiques ont par ailleurs montré qu'il avait les mutations génétiques connues pour être liées à risque élevé d'agression, de violence et de faible empathie. En faisant des recherches plus approfondies, il découvre aussi que parmi ces ancêtres, pas moins de 7 étaient des meurtriers. Pourtant, s'il a les gènes et le cerveau d'un psychopathe, le chercheur est doux comme un agneau. Fallon pense que c'est dû à une enfance aimante et heureuse. Depuis qu'il a découvert qu'il avait tout d'un psychopathe, il avoue tout de même qu'il travaille davantage sur lui-même pour lutter contre cette influence. Selon Atlantico cela aurait également à voir avec l'intelligence de monsieur Fallon qui lui aurait permis de comprendre les risques d'une attitude psychopathique, mais aussi à mieux verbaliser son ressenti.

En octobre 2014, une étude effectuée sur plus de 800 Finlandais publiée dans la revue spécialisée Molecular Psychiatry a fait beaucoup de bruit. Elle avance que les gènes mutés, appelés Maoa et CDH13, seraient "associés à des comportements extrêmement violents". Un individu sur cinq en serait porteur. Le gène Maoa muté réduit la production d'une enzyme (la monoamine-oxydase) qui joue un rôle dans le risque de devenir délinquant. Le gène CDH13 est lui impliqué dans des troubles du contrôle de l'impulsivité. Lorsque l'étude sort, plusieurs voix s'élèvent néanmoins pour indiquer que la mutation de ce gène entraîne des anomalies dans l'ensemble du physique. Et ne peut donc être tenu comme unique responsable d'une plus grande agressivité.

Pas de boule de cristal

Quoi qu'il en soit, il ressort de ces différentes études que les actes criminels sont difficilement prévisibles, voire impossibles à prédire. La science ne peut pas encore remplacer la boule de cristal. Ce que l'on peut déterminer par contre ce serait les tendances ou une "certaine potentialité à". Des tendances qui peuvent se réveiller, ou non, selon le contexte. Sans l'occasion, il n'y a pas d'acte en quelque sorte. On estime généralement que l'hérédité jouerait un rôle dans entre 30% et 40% des cas. Il ne s'agit là que d'une estimation.

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