Les vocalisations des bonobos présentent des similarités avec le langage humain

05/08/15 à 18:52 - Mise à jour à 18:52

Source: Belga

Les bonobos, les plus proches parents primates de l'homme, gazouillent tels des nourrissons humains, émettant les mêmes sons, quel que soit leur état émotionnel. C'est la connaissance du contexte qui permet à leurs congénères d'en faire sens, révèle une étude suisse.

Les vocalisations des bonobos présentent des similarités avec le langage humain

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Dans son étude menée au Laboratoire de cognition appliquée de l'Université de Neuchâtel (UniNE), dirigé par le primatologue Klaus Zuberbühler, Mme Clay montre ainsi une continuité entre le comportement vocal de nourrissons humains et celui des bonobos. Ce travail est publié dans la revue en ligne 'PeerJ'.

Les cris des animaux sont généralement émis en réaction à des états émotionnels bien précis, comme la peur pour signaler la présence d'un prédateur potentiel. Chez les humains en revanche, avant même que le langage émerge, les bébés produisent des vocalises semblables, mais dans des contextes différents.

L'interprétation de leurs cris ne peut donc se faire correctement que si le destinataire a connaissance du contexte dans lequel ils ont été produits. Cette flexibilité fonctionnelle sert de substrat au développement du langage.

Or Zanna Clay et ses collègues viennent d'identifier chez des bonobos sauvages du Parc national de Salonga en République démocratique du Congo (RDC) des "peep" qui, tout comme certains gazouillis de bébés, peuvent être émis dans différentes situations, qu'elles soient positives, négatives ou neutres.

"Les 'peep' sont des vocalises aiguës de courte durée produites avec la bouche fermée. Ils sont émis pour signifier soit la présence de nourriture, l'invitation à se déplacer ou, au contraire à se reposer ou à se laver", indique Mme Clay, citée mercredi dans un communiqué de l'UniNE. Seuls les "peep" associés à des sentiments négatifs, l'agression par exemple, se distinguaient des autres en étant plus aigus.

Cela signifie que les congénères qui reçoivent ces "peep" doivent avoir intégré le contexte dans lequel ils sont émis pour interpréter correctement le message. "Cette faculté reflète une importante transition évolutive qui part des vocalisations animales fixes vers des vocalisations humaines flexibles", indique la biologiste.

Cette transition serait apparue chez l'ancêtre commun aux grands singes et aux humains il y a six à sept millions d'années. La découverte rapportée par les chercheurs de l'UniNE livre ainsi des indications précieuses sur l'origine biologique du langage. Elle montre que bon nombre des caractéristiques de base du langage humain ont leurs racines profondes dans la lignée des primates.

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