Les enfants défavorisés entendent moins bien

30/10/13 à 14:24 - Mise à jour à 14:24

Source: Le Vif

Selon une étude de l'Université américaine de Northwestern publiée dans le Journal of Neuroscience, les enfants défavorisés assimilent moins bien les sons que leurs congénères plus aisés. La faute à un manque de communication verbale avec leur mère.

Les enfants défavorisés entendent moins bien

© Thinkstock

Les chercheurs ont examiné l'activité cérébrale d'élèves de quinze ans originaires de Chicago en leur faisant entendre des sons dans un casque audio. Ils ont constaté que les enfants dont la maman n'a pas été longtemps à l'école présentaient une activité cérébrale qui semblait comme brouillée, et ce, même quand ils n'entendaient pas de sons.

Grésillement

"Ce grésillement, comparable à une radio mal réglée, les empêche de bien entendre" explique la neurobiologiste Nina Kraus. Ils obtiennent également de mauvais résultats pour les tests de lecture et de mémoire.

La recherche a été inspirée par une étude pionnière de 1995. Celle-ci avait démontré que les enfants issus de familles aisées étaient confrontés à trente millions de mots de plus que les enfants de milieux défavorisés. Les chercheurs avaient établi un lien évident entre la quantité de mots entendus très jeune et le taux de réussite aux études supérieures.

Plus de bruit ambiant

Selon les scientifiques, le fait que les enfants pauvres assimilent moins de mots peut influencer la façon dont le cerveau absorbe les sons. N'étant pas confrontée à certains sons, l'activité cérébrale augmente avec comme conséquence un grésillement qui vient parasiter les sons. Les enfants pauvres sont également plus exposés aux sons non structurés tels que le bruit ambiant.

"Si le cerveau crée un signal différent chaque fois que l'on entend un son, certains détails du son peuvent se perdre" explique l'expert en langue et en ouïe Erika Skoe, l'auteur principal de l'étude. "Cette perte de détails peut compliquer l'audition en classe et dans d'autres environnements bruyants".

L'université de Northwestern étudie si l'enseignement musical ne peut pas compenser l'appauvrissement auditif.

IPS/TE

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