L'éolien belge n'a pas le vent en poupe

14/04/10 à 14:23 - Mise à jour à 14:23

Source: Le Vif

Les medias ne cessent d'en parler : tout le monde se met au vert. Alors que beaucoup d'industries émergeantes parient sur l'énergie éolienne, la Belgique reste la lanterne rouge des pays européens.

L'éolien belge n'a pas le vent en poupe

© thinkstock

Depuis quelques années, l'Europe joue la carte de l'éolien mais la Belgique trainasse. Avec 563 Mégawatt (MW) de capacité énergétique sur son sol, le plat pays comptabilise à peine un quart de la production des Pays-Bas (2 400 MW). Quant au Portugal, il affiche une capacité proche de 3500 MW. Ces chiffres sont rapportés par L'Echo, sur des bases de données du Conseil mondial de l'énergie éolienne (GWEC).

En juin 2010, la Belgique doit présenter à la Commission européenne, son Plan d'Action National en matière d'énergies renouvelables. A cette occasion, les autorités expliqueront comment parvenir à l'objectif des 13% d'énergie propre d'ici 2020. L'éolien sera au coeur du débat.

Aujourd'hui, les pouvoirs publics ne peuvent pas ignorer la dernière enquête de l'Edora. Cette fédération de producteurs d'énergie renouvelable vient de publier une étude épluchant le potentiel belge réalisable d'ici à 2020. Selon eux, l'objectif des 13% est largement atteignable. En revanche, le gouvernement doit lâcher du lest. "Si l'on veut optimiser le développement des parcs éoliens, il est impératif de lever certaines contraintes. En effet des zones militaires restent encore inexploitables alors que la présence d'éoliennes n'aurait aucun impact", s'insurge Michel Helbig, président d'Edora. Quant à Bart Bode, directeur de l'association flamande pour l'énergie renouvelable (ODE), il ajoute : "A l'horizon 2020, si la Belgique fait un petit effort, près de 7 300 MW d'énergie éolienne pourraient voir le jour : 1500 MW en Flandre, 2000 MW en Wallonie et 2800 MW en off-shore dans la mer du Nord". Ces ambitions sont loin d'être irréalisables souligne Bart Bode, cependant, il déplore la lenteur des procédures.

L'engouement pour l'éolien ne fait pas l'unanimité

Véritable cancre de l'éolien, la Belgique a pourtant triplé sa consommation d'énergie éolienne depuis 2006. Il y a 4 ans, elle ne comptait que 194 MW. Aujourd'hui, son essor aspire parfois à des réticences. De fervents opposants aux éoliennes devraient prochainement interpeller José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, et Günther Oettinger, commissaire européen à l'Energie, en vue d'obtenir l'arrêt du parc à éoliennes situé à Estinnes. Depuis l'implantation des dernières turbines, les riverains des villages avoisinants se plaignent "d'un bruit sourd et incessant". Ce "brouhaha" leur causerait quotidiennement insomnies, maux de tête, acouphènes...

Que nenni ! Face à de telles contestations, le président d'Edora tire son épingle du jeu : "Les décibels induits par les éoliennes sont bien moindres que ceux d'une autoroute. De plus, ils sont éloignés des maisons. Entre 500 et 800 mètres en fonction de la taille des machines". Agacé par ces bisbilles, Michel Helbig renchérit : "Quand les riverains pestent sur l'arrivée d'un parc éolien, ils se plaignent généralement des nuisances sonores. Or des études allemandes ont démontré que les tensions s'apaisent au fil du temps. Les gens s'inquiètent du changement mais il n'y a pas de danger pour la santé."

L'éolien boosté à l'échelle mondiale

Selon une étude du Conseil mondial de l'énergie éolienne GWEC, la capacité mondiale installée s'élèverait à 409 000 MW en 2014 contre 158 500 MW disponibles actuellement. A titre de comparaison, le parc nucléaire mondial représente actuellement environ 370 000 MW et ne connaît pratiquement plus de croissance depuis 2002. L'éolien gagne du terrain.

L'Europe devrait rester un des leaders du secteur, du moins jusqu'en 2013. La tendance sur le Vieux Continent est notamment soutenue par l'Allemagne (25 700 MW en 2009) et l'Espagne (19 000 MW). Actuellement, la Chine et les Etats-Unis restent les plus grands producteurs d'énergie éolienne. Il sera difficile de les détrôner.

Sarah Bourhis, avec Belga

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