Sida: des millions de vies sauvées grâce aux antirétroviraux

22/07/14 à 08:09 - Mise à jour à 08:09

Source: Le Vif

Des millions de vies ont pu être sauvées dans le monde grâce à la généralisation des antirétroviraux, souligne une étude publiée mardi dans The Lancet à l'occasion de la conférence internationale sur le sida qui se tient à Melbourne (Australie).

Sida: des millions de vies sauvées grâce aux antirétroviraux

© ThinkStock

Un groupe de chercheurs emmenés par l'Institut américain IHME de l'Université de Washington a conduit "l'étude la plus complète", réalisée à ce jour sur les "objectifs du millénaire pour le développement", dans la lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose, selon cette revue médicale britannique.

Le point numéro six de ces objectifs, adoptés en 2000 par l'ONU, visait spécifiquement ces trois maladies, avec comme ambition de les enrayer voire de les faire reculer tout particulièrement dans les pays pauvres à l'horizon 2015.

Les chercheurs ont analysé les données sur ces trois maladies pour 188 pays et la période allant de 1990 à 2013. Ce travail a été financé par la Fondation Bill et Melinda Gates.

L'auteur principal de l'étude, le Dr Christopher Murray, de l'Université de Washington, souligne dans un communiqué du Lancet qu'il y a eu une "forte hausse du financement et de l'attention politique sur le sida, la malaria et la tuberculose depuis 13 ans".

Or "notre recherche démontre que l'attention portée à ces maladies a eu un impact réel", assure-t-il. "Cependant beaucoup reste encore à faire et ces trois maladies restent un problème majeur de santé en 2013".

Concernant le sida, les antirétroviraux qui permettent de combattre efficacement le virus du sida, le VIH, jusqu'à le rendre indétectable dans le sang, n'offrent pas de guérison complète mais permettent de prolonger durablement la vie des personnes infectées.

Chez les femmes enceintes, ils permettent aussi de prévenir la transmission du virus de la mère à l'enfant.

D'après l'étude, leur utilisation depuis 1996 a permis de gagner un total estimé de 19,1 millions d'années de vie, en grande majorité (à 70,3%) dans les pays en développement.

Ce travail offre aussi des chiffres sur l'état de l'épidémie de sida dans le monde qui sont sensiblement inférieurs à ceux diffusés la semaine passée par l'Onusida (l'organisme de l'Onu qui coordonne la lutte anti-sida).

Pour 2013, le nombre des morts du sida a été estimé à 1,3 million (1,5 million pour Onusida), le nombre des nouvelles infections à 1,8 million (2,1 millions pour Onusida) et nombre de porteurs du VIH à 29,2 millions (35 millions pour Onusida).

A son pic en 2005, l'épidémie de sida faisait 1,7 million de morts. Depuis 1997, le nombre des nouvelles infections a diminué au rythme de 2,7% par an.

L'étude estime que l'épidémie de sida en Amérique Latine et en Europe de l'Est est plus limitée que ce qui avait pu être estimé auparavant. En revanche, la situation est pire que prévu aux Philippines.

"L'investissement global dans les traitements anti-VIH permet de sauver des vies à un rythme élevé", assure le Dr Murray, selon lequel la qualité et l'efficacité des programmes anti-sida varient toutefois fortement d'un pays à l'autre.

La conférence internationale sur le sida organisée par le Société internationale sur le sida (International Aids Society ou IAS) réunit plus de 12.000 scientifiques, experts et militants jusqu'au 25 juillet à Melbourne.

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