La pollution annule-t-elle les bienfaits du vélo ?

09/06/16 à 15:19 - Mise à jour à 16:46

Une étude de l'université de Cambridge, au Royaume-Uni, a réussi à déterminer après combien de temps la pollution de l'air annule les bénéfices pour la santé de la pratique du vélo dans différentes grandes villes.

La pollution annule-t-elle les bienfaits du vélo ?

Jeunes activistes népalais manifestent lors de la Journée Internationale de l'Environnement à Kathmandu en juin 2016.Le Népal se trouve à la 177ème position sur 180 pays dans le classement concernant la qualité de l'air selon l'université de Yale. © AFP

La plupart des grandes villes encouragent le recours au vélo ou à d'autres moyens de transport alternatifs. Pédaler et bouger est même excellent pour la santé ! Mais à cause de la pollution, et notamment des particules fines, cela ne se vérifie que jusqu'à un certain point que les chercheurs anglais ont pu déterminer précisément.

Les scientifiques de l'université de Cambridge ont comparé la densité moyenne des particules en suspension dans l'air de grandes métropoles avec les données de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Ils ont obtenu un "tipping point", un "point de bascule", qui détermine le moment où les bénéfices de l'activité physique sont annulés par les particules polluantes présentes dans l'air.

Ainsi, vous pouvez tout de même pédaler jusqu'à 30 minutes dans les rues fortement polluées de Delhi, en Inde, avant d'annuler, voire d'inverser, les bénéfices de la pratique du vélo sur votre santé. En revanche, toujours selon l'étude, vous pouvez faire environ 960 minutes, donc seize heures, de vélo à New York avant d'y atteindre le "tipping point".

Ces données sont valables pour les journées "normales". Lors des pics de pollution, ce délai est fortement raccourci. Par exemple, lors d'un pic de pollution à Paris, les bienfaits du vélo sur la santé s'annulent après 45 minutes, alors que durant une journée "normale" les cyclistes peuvent rouler jusqu'à 8h avant d'arriver aux mêmes effets.

La situation à Bruxelles s'apparente à celle de Paris. En effet, en 2012, la moyenne spatiale annuelle des concentrations de PM 2.5, autrement dit les particules inférieures à 2,5µg/m³, s'élevait à 17,6µg/m³ pour la capitale. Selon l'étude, pour les agglomérations se trouvant entre 17 et 18µg/m³, le "tipping point" est atteint après 480 minutes, soit environ huit heures de vélo.

Cette moyenne se trouve sous la valeur limite européenne fixée à 25µg/m³; mais elle reste supérieure à la valeur recommandée par l'OMS, à savoir 10µg/m³.

Chaque année, environ 7 millions de personnes décèdent des suites d'une maladie liées à la pollution de l'air, estimait l'OMS en 2014. Les principales victimes se trouvent dans des pays très pollués d'Asie, comme la Chine.

En outre, la Belgique a l'une des moins bonnes qualités de l'air d'Europe, selon unrapport international. Hans Bruyninckx, de l'Agence européenne pour l'environnement, estimait il y a peu sur VTM que les particules fines provoquent environ 12.000 décès prématurés par an dans notre pays.

Par Axelle Verstraeten

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