Excision : "la chirurgie seule ne suffit pas à la reconstruction"

06/02/15 à 11:06 - Mise à jour à 11:05

En Belgique, 13 112 filles sont très probablement excisées et 4084 seraient potentiellement à risque de l'être, selon une étude de l'Institut de Médecine Tropical (IMT) d'Anvers commandée par le SPF Santé Publique.

Excision : "la chirurgie seule ne suffit pas à la reconstruction"

Le 6 février est la Journée Internationale contre les Mutilations Génitales Féminines (MGF) © iStockPhoto

Ce vendredi 6 février, c'est la Journée internationale contre les Mutilations Génitales Féminines (MGF). En Belgique, deux Centres sont spécialisés dans la prise en charge de ces mutilations.

Le Centre Médical d'Aide aux Victimes de l'Excision (CeMAViE) est l'un des deux centres de référence en Belgique s'occupant des mutilations génitales féminines. L'approche y est multidisciplinaire, à la fois sexologique, psychologique et médico-chirurgicale.

"Lorsque j'ai débuté, je savais que les femmes excisées avaient beaucoup souffert, mais je ne me doutais pas que certaines difficultés pouvaient les poursuivre tout au long de leur vie", confie le Dr Martin Caillet, gynécologue responsable au Centre.

Depuis l'ouverture du Centre, 14 patientes ont pu bénéficier d'une reconstruction clitoridienne. Cette chirurgie est proposée dans certains cas particuliers. Depuis le premier mars 2014, cette prise en charge est d'ailleurs entièrement remboursée par les mutuelles.

Cette intervention est efficace pour restituer l'intégrité corporelle de la patiente qui en ressent le besoin. Dans certains cas, la fonction clitoridienne peut être restaurée, mais la capacité d'atteindre l'orgasme après l'opération n'est pas garantie. "Néanmoins, les femmes que nous avons opérées sont très satisfaites", explique le Dr Caillet. Cette chirurgie contribue à l'épanouissement de ces femmes, comme certaines l'ont confié à Sonia Zeghli, psychologue du CeMAViE : "Pour la première fois de ma vie, je marche la tête haute ", a témoigné l'une d'elles.

Cependant, le Dr Caillet insiste : "la chirurgie isolée n'est pas la reconstruction,la prise en charge mixte psycho-sexologique et médico-chirurgicale offre aux patientes la meilleure garantie de pouvoir aborder toutes les facettes de leur trauma. Notre but étant de leur apporter les solutions les plus adaptées et les plus durables possible ".

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