Création d'une "banque de selles" aux Pays-Bas pour les greffes de matière fécale

13/02/16 à 13:39 - Mise à jour à 13:39

Source: Belga

Une "banque de selles" a été créée aux Pays-Bas afin de faciliter les transplantations de matière fécale et soulager les patients qui souffrent d'infections chroniques des intestins, a expliqué samedi à l'AFP un professeur de l'université initiatrice du projet.

Création d'une "banque de selles" aux Pays-Bas pour les greffes de matière fécale

Image prétexte © BELGA

"Notre 'banque du caca' va faciliter l'accès aux transplantations de matière fécale pour les médecins et les hôpitaux du pays", a expliqué Ed Kuijper, professeur en microbiologie à l'université de Leyde, dans l'ouest des Pays-Bas.

C'est dans cette université qu'est installée la "Banque néerlandaise de donneurs d'excréments", qui va récolter, traiter et distribuer le matériel nécessaire à des greffes de matière fécale.

Cette procédure est souvent "l'unique solution", selon M. Kuijper, pour des personnes souffrant d'infections chroniques des intestins, en particulier au "Clostridium difficile", une bactérie qui se développe parfois après un traitement antibiotique.

"Certains antibiotiques détruisent la flore intestinale, ce qui permet à cette bactérie de se propager", assure le professeur : "la transplantation de matière fécale permet de transplanter des bactéries saines, qui repeuplent alors les intestins et recréent une flore intestinale saine".

Environ 3.000 cas sont enregistrés par an aux Pays-Bas, selon l'université. Environ 5% de ces cas développent une condition chronique et entre trois et quatre greffes de matières fécales sont effectuées tous les mois sur l'ensemble des Pays-Bas.

Dans certains cas, l'infection peut être mortelle après avoir provoqué diarrhées graves, inflammations du colon et perforations intestinales.

"Pour pouvoir être donneur, il faut être en bonne santé, ni trop gros, ni trop maigre et avoir une bonne flore intestinale", assure Ed Kuijper. Les dons, qui ne sont pas payés et restent anonymes, sont récoltés par le donneur à son domicile.

Ils sont ensuite transmis à la banque, qui les transforment en "produit transplantable", notamment à l'aide d'un puissant congélateur.

"Donner ses excréments n'est pas encore bien accepté, comme le don de sang", regrette le professeur. "Mais je pense que c'est une question d'habitude, et les donneurs offrent aux patients la possibilité d'un traitement sûr contre une maladie difficile", plaide-t-il.

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