Panneaux solaires: De Gucht accuse la Chine de pression sur les pays européens

28/05/13 à 14:23 - Mise à jour à 14:23

Source: Le Vif

(Belga) Le commissaire européen au commerce Karel De Gucht a ouvertement accusé la Chine, dans un communiqué, d'exercer des pressions sur les États membres afin qu'ils s'opposent à la procédure anti-dumping visant les importations de panneaux solaires.

Panneaux solaires: De Gucht accuse la Chine de pression sur les pays européens

Après une rencontre lundi avec le vice-ministre du commerce chinois, Zhong Shan, M. De Gucht a indiqué lui avoir "dit très clairement" être "conscient des pressions exercées par la Chine sur un certain nombre d'États membres, ce qui explique leur positionnement vis-à-vis de la Commission". Ce langage peu diplomatique se comprend dans le contexte des difficiles négociations intra-européennes sur de possibles surtaxes à appliquer aux panneaux solaires chinois. Les producteurs européens souffrent beaucoup de la concurrence asiatique, au point que plusieurs ont déjà mis la clé sous la porte. La tendance est jugée d'autant plus inacceptable que l'Europe voit dans l'industrie verte un important gisement d'emplois pour l'avenir. En septembre dernier, la Commission a décidé d'ouvrir une enquête anti-dumping afin de déterminer si les panneaux solaires importés de Chine étaient vendus à perte, en violation des règles du commerce mondial, comme le prétendent les producteurs européens. Après plusieurs mois de consultations, elle s'apprête à imposer provisoirement de lourdes taxes aux importations chinoises, dans les prochains jours. Une décision définitive doit intervenir en décembre, avec un vote des États membres. Mais le commissaire De Gucht semble mal embarqué depuis que l'on sait qu'une majorité de pays, dont l'Allemagne, le Royaume-Uni et la Belgique, s'opposent aux taxes anti-dumping. Ces États membres craignent les mesures de rétorsion. Pékin a, par exemple, déjà signifié à l'Union européenne l'ouverture d'une procédure pour dumping dirigée contre certains chimistes, dont Solvay. M. De Gucht se voit donc contraint de négocier avec la Chine dans une situation peu confortable. Il s'attend à recevoir dans les prochains jours une proposition de rééquilibrage des prix qui permettrait de rétablir une concurrence plus juste. "Ce n'est pas du protectionnisme. C'est une question de défense commerciale et de justice commerciale", a assuré mardi son porte-parole. (Belga)

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