Mobistar suspend l'Internet et la téléphonie fixes et abandonne la TV

15/05/13 à 16:12 - Mise à jour à 16:12

Source: Le Vif

Mobistar se recentre provisoirement sur le mobile. L'Internet et la téléphonie fixes ne fonctionneront plus que pour les clients existants, tandis que l'offre de télévision sera arrêtée le 15 septembre. L'opérateur attend l'ouverture du câble à la concurrence pour redéployer ses services fixes.

Mobistar suspend l'Internet et la téléphonie fixes et abandonne la TV

© Image Globe

Coup de tonnerre dans le secteur belge des télécoms : Mobistar suspend la commercialisation de ses services d'Internet et de téléphonie fixes auprès des particuliers dès le 22 mai.
Pratiquement, il ne sera plus possible de s'abonner à ces services. Si l'Internet et la téléphonie continueront à être assurés pour les clients existants (70 103 pour l'Internet et 225 601 pour la téléphonie), l'activité de télédistribution par satellite (25 924 abonnés) sera arrêtée le 15 septembre. L'opérateur contactera ses clients pour leur proposer une solution alternative négociée avec les deux bouquets satellitaires belges, le francophone TéléSAT et le néerlandophone TV Vlaanderen.

Mobistar motive ses décisions par le manque de concurrence sur le marché du fixe résidentiel qu'il juge fermé et dominé par un duopole : l'opérateur historique (Belgacom) et les câblos (VOO, Numericable et Telenet).

Dans les faits, Mobistar utilise le réseau de Belgacom pour proposer ses services d'Internet et de téléphonie fixes. Une location qui lui coûte cher et qui l'empêche de rentabiliser ses activités fixes. Sa seule alternative serait d'utiliser les réseaux des câblo-opérateurs mais il y a un problème : si les autorités de régulation ont décidé d'ouvrir le câble à la concurrence, aucun des câblos ne loue encore ses infrastructures à des opérateurs concurrents. "La mise en route est entravée par des problèmes techniques et financiers, indique le porte-parole de Mobistar, Mathieu Van Overstraeten. Les câblos ont mis une série de propositions sur la table mais les négociations butent, entre autres, sur la fixation des prix auxquels nous pourrions utiliser leurs réseaux." En attendant le dénouement du dossier, l'opérateur a préféré suspendre la commercialisation de ses produits "fixes" aux particuliers, tout en continuant à l'assurer pour les entreprises, marché professionnel sur lequel la filiale de France Telecom reconfirme son ambition d'être un acteur de premier plan.

Le service TV pourrait renaître sous une autre forme

Si l'Internet et la téléphonie fixes ne sont que "suspendus", les services de télévision passent définitivement à la trappe. Lancé en septembre 2010, Mobistar TV n'a pas eu le succès escompté. Fin mars, il comptait près de 26 000 abonnés contre plus de 34 000 un an plus tôt, soit bien moins que l'objectif initial de 50 000. Cette sous-performance s'explique sans doute par le mode de diffusion satellitaire qui oblige les abonnés à se doter d'une antenne parabolique et à disposer d'un logement correctement orienté (les antennes doivent être tournées vers le Sud). Dès le début de la commercialisation, l'opérateur tablait sur la future ouverture du câble pour y véhiculer ses bouquets de chaînes. Deux ans et demi plus tard, alors que cette ouverture semble imminente, Mobistar pourrait revoir ses plans. "Le marché de la télévision évolue à toute vitesse, poursuit Mathieu Van Overstraeten. Il n'est pas certain que le canevas actuel soit toujours d'actualité demain. Les téléspectateurs pourraient avoir davantage recours aux terminaux mobiles, à moins qu'ils n'aillent directement chercher le contenu aux quatre coins d'Internet comme on le voit de plus en plus aux Etats-Unis ? C'est en fonction de ces éléments que nous pourrions redéfinir une stratégie en matière de télévision."
Pour l'heure, Mobistar se recentre sur ses activités mobiles, lesquelles représentent près de 90% de son chiffre d'affaires. La priorité va au déploiement du réseau 4G, la nouvelle génération d'Internet mobile qui offre des connexions plus rapides et performantes que la 3G actuelle.

Laurent Hovine

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