Irak - L'EI détruit les sanctuaires édifiés sur des tombes parce qu'ils sont contraires à l'islam

29/07/14 à 20:41 - Mise à jour à 20:41

Source: Le Vif

(Belga) Les jihadistes de l'Etat islamique (EI) ont justifié la destruction de sites religieux dans la seconde ville irakienne, Mossoul, par le fait qu'ils avaient été édifiés sur des sépultures, apparentant cela à de l'idolâtrie.

"La démolition de structures érigées sur des tombes est une question très claire du point de vue religieux", a assuré le groupe radical sunnite, dans un communiqué publié mardi. "Nos pieux prédécesseurs ont procédé ainsi (...) et il n'y a pas de débat sur la légitimité de démolir ou d'éliminer ces tombes et sanctuaires", poursuit le groupe, qui s'est emparé à la faveur d'une offensive lancée le 9 juin de régions entières dans le nord, l'est et l'ouest de l'Irak. Le texte fait référence à la démolition par Mohammad Ibn Abdel Wahhab --fondateur du wahhabisme, une forme stricte de l'islam suivie par les jihadistes-- d'un dôme érigé sur la tombe de Zayd Ibn al-Khattab, le frère du second calife de l'islam (VIIe siècle). Khattab, qui serait mort héroïquement au combat, avait acquis une renommée posthume, et Abdel Wahhab voyait dans le dôme construit sur sa tombe un objet d'idolâtrie. Au cours des derniers jours, l'EI a détruit plusieurs des principaux sites religieux de Mossoul, devenue de facto la capitale du "califat" proclamé fin juin par le groupe sur les zones qu'il contrôle en Irak et en Syrie. Parmi ces sites figurent la tombe du prophète Jonas (Nabi Younès) et le sanctuaire du prophète Seth (Nabi Chith), considéré comme le troisième fils d'Adam et Eve dans la tradition juive, islamique et chrétienne. Les jihadistes ont également menacé de détruire le "bossu", surnom d'un minaret légèrement incliné construit au XIIe siècle, trait caractéristique du paysage de la ville. Selon l'EI, toutes les écoles de jurisprudence islamiques "s'accordent sur le fait que l'usage d'une mosquée construite sur une tombe est contraire à l'islam". Une position que contestent de nombreux spécialistes. (Belga)

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