Turquie : la maternité, la seule "carrière" possible pour les femmes

02/01/15 à 14:35 - Mise à jour à 14:35

Source: Belga

La polémique lancée par le président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan sur la place "naturelle" des femmes a rebondi vendredi en Turquie après une sortie de son ministre de la Santé jugeant que la maternité était leur seule "carrière" possible.

Turquie : la maternité, la seule "carrière" possible pour les femmes

Illustration. © Reuters

A la faveur jeudi d'une tournée des premiers bébés de l'année dans les maternités d'Istanbul, le ministre a dispensé quelques conseils à leurs mères.

"Les mères ne doivent pas mettre d'autres carrières que la maternité au centre de leur vie. Elever de nouvelles générations doit être au centre de leurs préoccupations", a lancé Mehmet Müezzinoglu cité par les médias turcs.

Ces déclarations ont suscité une volée de critiques sur les réseaux sociaux.

"La maternité n'est pas une carrière", a réagi sur son compte Twitter l'écrivaine à succès Eli Safak, "les femmes turques doivent décider elles-mêmes de leur chemin dans la vie (pas se la faire imposer par des hommes politiques)".

Une députée de l'opposition, Aylin Nazliaka, a pour sa part suggéré à M. Müezzinoglu "d'arrêter de parler". "Il a des motifs cachés derrière ces déclarations. Leur but est de faire des femmes des citoyennes de seconde zone", a-t-elle écrit sur Twitter.

Droit dans ses bottes, le ministre de la Santé a réitéré ses propos vendredi. "La maternité n'est pas une carrière ouverte à tous (...) c'est une carrière indiscutable et sacrée", a-t-il insisté devant la presse.

Habitué des déclarations à l'emporte-pièces, M. Erdogan s'est lui aussi illustré récemment par une série de sorties sur le même thème qui ont outré les féministes. Fin novembre, il avait jugé l'égalité hommes-femmes "contre nature" et souligné que l'islam avait "défini une place pour les femmes: la maternité". Le mois dernier, le chef de l'Etat, qui milite fermement pour que les femmes aient au moins trois enfants, avait également comparé la contraception à une "trahison".

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