Tir sur une journaliste : l'UE met en garde le Monténégro

11/05/18 à 18:43 - Mise à jour à 18:42

Source: Afp

Le processus d'adhésion du Monténégro à l'Union européenne sera "entravé" sans progrès sur la question de la protection des journalistes et de la liberté de la presse, a prévenu vendredi le commissaire européen à l'Élargissement.

Tir sur une journaliste : l'UE met en garde le Monténégro

Johannes Hahn © BELGA

Spécialisée dans les questions criminelles, la journaliste Olivera Lakic, 49 ans, a été blessée par balle à une jambe après qu'un inconnu lui a tiré dessus mardi soir en bas de son domicile à Podgorica. Cette agression est la dernière d'une longue série, sans que les coupables soient jamais identifiés.

"S'il n'y a pas de progrès sur ces questions, un véritable progrès sur lequel nous pourrons nous reposer, cela entravera évidemment la perspective européenne du Monténégro", a déclaré Johannes Hahn, en visite dans le petit pays des Balkans où il a rencontré Olivera Lakic.

L'agression de la journaliste "est clairement une attaque contre la liberté des médias", a estimé le responsable, qui a mis en garde : "C'est quelque chose d'inacceptable à nos yeux. Et cela a bien-sûr un impact sur la réputation du pays".

Il a demandé à ce que "les coupables soient trouvés", mais "aussi que leurs soutiens, ceux qui sont derrière, soient traduits en justice".

Candidat à l'Union européenne, qu'il espère rejoindre en 2025, le Monténégro est en butte à un lourd problème de criminalité organisée.

L'assassinat en 2004 du rédacteur en chef du quotidien Dan, Dusko Jovanovic, n'a jamais été élucidé, pas plus que la dizaine de graves agressions contre des journalistes survenues au cours des quinze dernières années.

Le Monténégro se situe au 103ème rang au classement 2018 de Reporters sans frontière (RSF) sur la liberté de la presse. Dans ce pays, "La question de l'autocensure et de la sécurité des journalistes reste un défi majeur", selon RSF, qui met également en cause le comportement des responsables politiques monténégrins vis-à-vis des journalistes.

Milo Djukanovic, qui a dirigé le Monténégro quasiment sans interruption de 1991 à 2016 et s'apprête à retrouver la présidence du pays après sa victoire au scrutin du 15 avril, a condamné l'attaque contre Olivera Lakic. Il s'agit d'"une attaque contre l'objectif stratégique du Monténégro d'appartenir à une société européenne libre et développée dans un avenir proche", a-t-il dit sur Radio Danilovgrad, fustigeant l'"arrogance des structures criminelles" dans son pays.

AFP

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