Syrie : de nouvelles offensives militaires et l'attente d'une réponse à Annan

26/03/12 à 21:50 - Mise à jour à 21:50

Source: Le Vif

L'armée syrienne menait des offensives ce lundi contre plusieurs villes rebelles, particulièrement Homs pilonnée sans relâche depuis une semaine, la Russie demandant au régime de Bachar al-Assad d'approuver le dernier plan de paix de Kofi Annan pour éviter la guerre civile.

Syrie : de nouvelles offensives militaires et l'attente d'une réponse à Annan

© Image Globe

L'auteur de ce plan, l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe, Kofi Annan, a reçu une nouvelle réponse ce lundi du régime syrien qu'il va étudier avant d'y répondre "très prochainement", selon son porte-parole. Il avait reçu une première réponse le 14 mars pour laquelle il avait demandé des clarifications.

Le président russe Dmitri Medvedev et son homologue américain Barack Obama ont tous deux exprimé leur soutien au plan Annan qui préconise la cessation des violences par toutes les parties sous supervision de l'ONU, la fourniture d'aide humanitaire et la libération des personnes détenues arbitrairement.

Ce plan proposé lors d'une mission de M. Annan à Damas les 10 et 11 mars n'a pas empêché les troupes du régime de Bachar al-Assad de continuer leur répression de la révolte avec des assauts et bombardements des villes rebelles, des perquisitions, des arrestations et des tortures, selon les militants.

Les combats s'intensifient

Entretemps, les combats entre soldats et militaires dissidents se sont intensifiés, ces derniers disant prendre les armes pour défendre leurs cités et les civils, face à l'impuissance de la communauté internationale à arrêter les violences. Celles-ci ont encore tué 32 personnes, dont 19 civils, 11 soldats et deux déserteurs, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Depuis une semaine, l'armée pilonne sans relâche de nombreux quartiers de la ville de Homs, où neuf civils dont deux enfants ont péri, a précisé l'ONG.

L'armée a mené des assauts contre la province d'Idleb, où elle a aussi affronté des déserteurs, selon les militants. Des campagnes d'arrestations ont été menées à Deraa et Deir Ezzor et des opérations sécuritaires ont été lancées près de Damas et à Alep. La région de Hama (centre) a été aussi attaquée. Des combats ont par ailleurs eu lieu entre soldats et déserteurs près de la frontière turque et près de la capitale Damas, selon l'OSDH.

La Russie et la Chine soutiennent le plan Annan

Face à l'escalade, le président russe, qui a reçu la veille M. Annan à Moscou, a apporté de nouveau son soutien à son plan estimant qu'il représentait la dernière chance pour éviter la guerre civile en Syrie.

La Russie et la Chine ont voté en faveur d'une déclaration à l'ONU soutenant le plan Annan après avoir bloqué deux résolutions condamnant la répression du mouvement de contestation en Syrie où les violences ont fait plus de 9.100 morts, selon l'OSDH.

M. Annan doit se rendre mardi à Pékin. Il a dit, selon les médias russes, qu'il revenait aux Syriens de décider si M. Assad doit quitter le pouvoir, alors que les Occidentaux réclament avec insistance le départ du président syrien, soumis à des sanctions et accusé de "tuer son peuple". L'opposition syrienne a critiqué la déclaration du Conseil de sécurité, excluant toute solution politique avant un départ de M. Assad.

Mais cette opposition peine à se rassembler en un front uni face au régime. A l'approche d'une réunion internationale sur la Syrie le 1er avril à Istanbul, le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, ainsi que de nombreuses formations et personnalités doivent se réunir en séance plénière mardi dans la ville turque. Des opposants ont refusé d'y participer.

Au niveau diplomatique, la Turquie a fermé son ambassade à Damas, de même que la Norvège, suivant ainsi l'exemple de plusieurs pays européens, des Etats-Unis et des monarchies arabes du Golfe.

Enfin, le Parlement syrien a exhorté M. Assad à reporter les élections législatives prévues le 7 mai. L'Occident s'était moqué de la tenue de ces élections en plein conflit, jugeant très peu crédibles des réformes annoncées par le régime alors qu'il réprime son peuple.

Levif.be, avec Belga

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