Rome est-elle prête à accueillir les pélerins, à un mois du début de l'Année sainte?

07/11/15 à 12:52 - Mise à jour à 12:52

Source: Afp

A un mois du début de l'Année sainte proclamée par le pape François, le préfet de Rome, Franco Gabrielli, n'a aucun doute: sa ville sera prête à accueillir les millions de pèlerins attendus. Mais entre défaillances des transports, menaces de l'EI et corruption, tous ne partagent pas son avis.

Rome est-elle prête à accueillir les pélerins, à un mois du début de l'Année sainte?

© Reuters

Ancien chef de la protection civile en Italie, il se veut optimiste, en dépit des Cassandre qui annoncent une catastrophe dans une ville où les transports en commun sont un cauchemar. Sans compter les risques d'attentat régulièrement évoqués depuis que le groupe Etat islamique (EI) a annoncé avoir fait du Vatican un de ses objectifs.

"Mes principales priorités sont la mise en place du numéro unique pour les urgences, le 112, la préparation des plans pour la sécurité et la planification opérationnelle, ainsi que les plans pour la mobilité", explique le préfet lors d'un entretien à l'AFP.

Alors que le maire de la ville, Ignazio Marino, a été contraint de démissionner la semaine dernière, M. Gabrielli a été chargé par le gouvernement Renzi de coordonner toutes les activités concernant la préparation de ce Jubilé, annoncé en mars par le pape et débutant le 8 décembre.

"La principale salle opérationnelle sera celle de la police municipale de Rome, qui sera connectée avec toutes les autres: carabiniers, pompiers, sociétés de transport et d'électricité", précise M. Gabrielli. "Nous avons déjà procédé à des exercices sur les sites de possibles attentats, nous avons accru la formation de nos opérateurs et tout cela m'incite à être optimiste", ajoute-t-il.

Environ 2.000 personnels viendront renforcer la sécurité dans la capitale italienne pendant la durée du Jubilé, "même si nous n'avons aucune information concernant une alerte spécifique" d'acte terroriste, précise le préfet. "Nous sommes vigilants mais pas paniqués", ajoute le préfet, rappelant que "le risque zéro n'existe pas" et que Rome et le Vatican sont confrontés à la menace terroriste depuis des années.

Un 'catalyseur' d'améliorations

Même si des millions de pèlerins -- plus de 10 millions selon M. Gabrielli -- sont attendus pour l'Année Sainte, l'événement ne s'annonce pas si exceptionnel, assure aussi le haut responsable. "Il s'agit, selon nos calculs, de gérer, de transporter, 20.000 à 30.000 personnes en plus chaque jour", explique-t-il rappelant que la ville enregistre quatre millions de déplacements quotidiens et que sa gare principale voit passer 500.000 personnes par jour.

L'Italie est réputée pour tout terminer à la dernière minute, mais là aussi le préfet se veut rassurant."Tout ce que nous avons conçu ne doit pas être forcément achevé avant le 8 décembre, d'autant plus que l'on s'attend à ce que la majorité des pèlerins viennent au printemps", explique-t-il. "On procède par cercles concentriques, en commençant par ce qui est le plus proche du Vatican".

Qui plus est, les touristes et les pèlerins fonctionnent "comme des vases communicants": quand il y a davantage de fidèles, il y a moins de touristes, de sorte que la ville ne devrait pas se retrouver ensevelie sous une avalanche de visiteurs. Et Rome à déjà l'habitude des grandes célébrations rassemblant des dizaines de milliers de personnes aux abords de la place Saint-Pierre, rappelle M. Gabrielli.

Certains médias italiens ont relevé que le pape François n'avait consulté aucune autorité locale avant de décréter une Année Sainte, alors que cette initiative va peser sur une municipalité à la dette abyssale et qui se retrouve confrontée à des scandales judiciaires.

Mais pour M. Gabrielli, ce "Jubilé peut être, précisément en un moment aussi difficile, une incitation à ajuster les choses, un catalyseur dans ce processus d'améliorations prévues".

Le diocèse de Rome a envoyé un message similaire en remettant solennellement jeudi une lettre aux Romains appelant à "un sursaut" pour une ville en pleine crise.

Le Jubilé de la miséricorde "est un don que l'Eglise de Rome veut partager avec les femmes et les hommes qui vivent dans la ville", afin de lui rendre ce "supplément d'âme" dont elle a urgemment besoin, a insisté la lettre.

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