RDC: l'UDPS se retire des préparatifs du "dialogue national" avec Kabila

14/09/15 à 07:28 - Mise à jour à 07:28

Source: Belga

L'opposant historique congolais Etienne Tshisekedi a annoncé dimanche soir avoir demandé à ses délégués de se retirer des négociations entamées avec le régime de Kinshasa pour préparer un "dialogue national" voulu par le président Joseph Kabila à l'approche de plusieurs élections, à la suite de l'"échec" d'entretiens avec des représentants du camp présidentiel.

RDC: l'UDPS se retire des préparatifs du "dialogue national" avec Kabila

Etienne Tshisekedi © Reuters

"L'Union pour la Démocratie et le Progrès social (UDPS), par la voix de son président (Etienne Tshisekedi wa Malumba, ndlr), a pris acte de l'échec des entretiens de Venise et d'Ibiza ayant mis aux prises ses représentants et ceux du camp Kabila et a demandé à ses délégués de se retirer dès cet instant de la table des négociations", a annoncé le vieil opposant dans un communiqué daté de Bruxelles et adressé à l'agence Belga.

"Ces entretiens avaient pour but de prédéfinir le format, la thématique et de régler tous les problèmes liés à l'organisation d'un dialogue devant se dérouler à Kinshasa entre les acteurs politiques congolais, sous la facilitation de la communauté internationale, en vue de préparer, pour la première fois dans l'histoire de notre pays (la République démocratique du Congo), une alternance politique et asseoir ainsi les bases d'un état de droit et de démocratie", ajoute le texte.

L'UDPS était le seul parti d'opposition congolais à avoir entamé des discussions avec le régime de M. Kabila après avoir fait volte-face en juin dernier - ce qui lui avait valu de nombreuses critiques, tant en RDC qu'au sein de la diaspora congolaise vivant en Belgique. Le parti d'Étienne Tshisekedi, battu lors des élections de 2011, entachées de fraudes massives et à l'origine de la crise politique actuelle, avait toutefois posé comme condition à sa participation au dialogue que celui-ci soit orchestré par un médiateur étranger.

M. Tshisekedi, 82 ans et qui séjourne en Belgique en "convalescence" depuis plus d'un an, a par ailleurs lancé dimanche un "appel solennel" à "toutes les forces politiques et sociales acquises au changement" de s'unir à l'UDPS pour poursuivre les objectifs recherchés au travers du dialogue. Il s'agit selon le communiqué, de "l'organisation d'un processus électoral crédible et dans un climat apaisé", de "l'élaboration d'un calendrier consensuel et qui tienne compte des délais constitutionnels" et du "transfert pacifique du pouvoir, dans le respect de l'expression de notre peuple".

La RDC doit organiser un cycle électoral complet, censé débuter par des scrutins locaux en octobre prochain - mais sérieusement compromis par le manque de fonds et la scission hâtée du pays en 26 provinces - et se terminer par une présidentielle et des législatives le 26 novembre 2016.

Les deux autres grands partis de l'opposition, le Mouvement de Libération du Congo (MLC) et l'Union pour la Nation congolaise (UNC), avaient pour leur part refusé tout dialogue, soupçonnant une manoeuvre du pouvoir pour retarder la présidentielle.

M. Kabila dirige la RDC depuis 2001 et la Constitution lui interdit de se représenter en 2016.

L'opposition l'accuse de vouloir tout faire pour s'accrocher à son poste après la fin de son mandat, en faisant "glisser" les différents scrutins prévus.

Selon la presse congolaise, les discussions entre l'UDPS et des émissaires du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD, la formation de M. Kabila) ont notamment porté sur le partage des postes, notamment ministériels.

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