RDC: Kabila porte plainte pour corruption contre quatre gouverneurs, dont Katumbi

25/06/15 à 07:52 - Mise à jour à 07:52

Source: Belga

Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, a déposé mardi à Kinshasa une plainte pour corruption, au parquet de la République, qui vise notamment quatre gouverneurs de province et un ancien conseiller présidentiel, a rapporté mercredi la radio onusienne Okapi, citant l'AFP.

RDC: Kabila porte plainte pour corruption contre quatre gouverneurs, dont Katumbi

© Reuters

Le document d'une vingtaine de pages adressé mardi au procureur général de la république, Flory Kabange Numbi, vise nommément quatre gouverneurs: Moïse Katumbi Chapwe (Katanga, sud-est), Alphonse Ngoy Kasanji (Kasaï-Oriental, centre), Alex Kande (Kasaï-Occidental, centre) et Marcellin Chisambo Ruhoya (Sud-Kivu, est). La plainte, adressée au nom de M. Kabila par son conseiller spécial pour la lutte contre la corruption, le blanchiment et le terrorisme, Luzolo Bambi, vise également l'ancien directeur de cabinet du président, Gustave Beya Siku, et une quinzaine d'autres personnes, parmi lesquelles d'anciens hauts fonctionnaires. La plainte dénonce des faits de "corruption", fraudes" et "détournements".

Elle demande au procureur général Kabange d'enquêter sur des allégations de fraude douanière à l'encontre de M. Katumbi - le populaire gouverneur sortant de la riche province du Katanga et potentiel rival -, et de corruption à l'encontre des trois autres gouverneurs. Selon le document, M. Beya Siku, récemment remercié par M. Kabila et dont le nom avait ensuite été cité comme possible ambassadeur de RDC en Belgique, se voit reprocher d'avoir empoché des pots-de-vin en échange de l'attribution du marché du raccordement de Kinshasa par fibre optique à Moanda (sud-ouest), point d'arrivée du câble de télécommunication transatlantique. Aucun des intéressés n'avait pu être joint mercredi soir pour réagir à cette plainte.

Populaire homme d'affaires richissime passé à la politique, M. Katumbi, membre du parti présidentiel, le PPRD (Parti du Peuple pour la Reconstruction et le Développement) fait figure d'éventuel successeur à ce-dernier, au pouvoir depuis 2001. La Constitution interdit à M. Kabila de se présenter à la prochaine présidentielle prévue pour novembre 2016, mais l'opposition le soupçonne de vouloir se maintenir au pouvoir au-delà de cette date, et demande en vain au chef de l'État d'annoncer publiquement qu'il quittera ses fonctions à la fin de son mandat. En janvier, alors qu'un conflit larvé opposait MM. Katumbi et Kabila, le gouvernement avait révoqué le chef de la Direction générale des douanes et accises (DGDA) au Katanga en affirmant vouloir ainsi lutter contre la fraude à la frontière de cette province par laquelle transite la quasi-totalité de la production minière du pays. Mi-mai, une commission d'enquête de l'Assemblée nationale dénonçait le coût exorbitant du raccordement de Kinshasa à Moanda par la fibre optique et les conditions d'attribution de ce marché. Pays parmi les moins développés de la planète, la RDC est aussi l'un des plus corrompus au monde. M. Chisambo, qui est gouverneur du Sud-Kivu depuis janvier 2007 - son mandat était de cinq ans, mais les élections des gouverneurs n'ont plus été organisées depuis en RDC - est un ancien conseiller diplomatique du président Kabila.

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