"Que bola Cuba? ": le président Obama visite La Havane

21/03/16 à 07:19 - Mise à jour à 07:19

Source: Belga

Barack Obama a découvert La Havane dimanche lors d'une visite historique, en famille et sous une pluie battante, devenant le premier président américain en exercice à se rendre à Cuba depuis la révolution castriste de 1959.

"Que bola Cuba? ": le président Obama visite La Havane

© AFP

"¿Que bola Cuba? " ("Comment ça va Cuba ? "), a lancé M. Obama sur son compte Twitter en utilisant une expression populaire, quelques secondes après l'atterrissage d'Air Force One sur l'aéroport Jose Marti, du nom du père de l'indépendance de cette ancienne colonie espagnole.

Barack Obama, sa femme Michelle et leurs deux filles, Malia, 17 ans, et Sasha, 14 ans, ont parcouru à pied les rues détrempées de la vieille Havane.

Mais la pluie et un impressionnant déploiement de forces de police ont contribué à vider cette partie de la ville, classée au patrimoine de l'Unesco, contrariant pour ce premier jour la rencontre souhaitée par le président Obama avec les Cubains.

La famille Obama s'est notamment rendue dans la cathédrale de La Havane, trésor baroque du XVIIIe siècle où elle a rencontré le cardinal Jaime Ortega, un des artisans du rapprochement américano-cubain.

Avant cela, le président américain avait pris le temps de serrer la main à quelques personnes attendant sur le parvis de l'édifice.

Avec ce voyage, M. Obama, qui quittera la Maison Blanche dans 10 mois jour pour jour, veut rendre irréversible le spectaculaire rapprochement engagé le 17 décembre 2014 - après 18 mois de négociations secrètes - avec le président cubain Raul Castro. Barack Obama a lui-même qualifié dimanche sa visite d'"opportunité historique".

Quelques heures avant son arrivée, les autorités cubaines ont arrêté plusieurs dizaines de dissidents lors de l'habituelle procession dominicale des Dames en Blanc, près d'une église de l'ouest de La Havane.

M. Obama, qui devait rencontrer des dissidents mardi, a prévenu qu'il évoquerait "directement" les droits de l'Homme lors de ses entretiens lundi avec Raul Castro, qui a succédé à son frère Fidel voici presque 10 ans. "C'est une visite historique et une occasion historique", a-t-il souligné en rencontrant le personnel de l'ambassade américaine, neuf mois après le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux anciens pays ennemis.

L'arrivée du premier président noir des Etats-Unis - de 30 ans plus jeune que Raul Castro - a une dimension symbolique forte pour la communauté afro-cubaine, notoirement sous-représentée au sein des élites politiques cubaines.

Le temps fort de la visite du 44e président des Etats-Unis sera le discours qu'il prononcera mardi dans un théâtre de La Havane, devant un public sélectionné et les caméras de la télévision cubaine.

"L'idée (de M. Obama) est de promouvoir une transition progressive, d'encourager un atterrissage en douceur à Cuba en évitant une éruption de la violence ou une crise migratoire majeure", souligne Richard Feinberg, de la Brookings Institution à Washington.

Selon la Maison Blanche, aucune rencontre n'est prévue avec l'ex-président Fidel Castro, âgé de 89 ans.

Malgré l'engouement autour de ce déplacement longtemps impensable, l'embargo qui bride le développement de l'île depuis 1962 demeure en place et les changements espérés par Washington pourraient tarder à se concrétiser.

La Maison Blanche a décrété ces derniers mois une série de mesures pour assouplir l'embargo, dont la levée totale dépend du Congrès américain.

La chaîne hôtelière Starwood a annoncé samedi avoir obtenu le feu vert du Département du Trésor pour ouvrir deux hôtels à La Havane, devenant ainsi la première multinationale américaine à s'installer à Cuba depuis l'arrivée au pouvoir à La Havane, en 1959, de Fidel Castro et de ses "barbudos".

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