Présidentielle américaine: les débats qui ont marqué l'histoire (vidéo)

25/09/16 à 15:02 - Mise à jour à 15:02

Source: Afp

Le débat de lundi soir entre Donald Trump et Hillary Clinton, qui espèrent succéder à Barack Obama à la Maison Blanche, devrait être l'un des plus regardés de l'histoire politique américaine.

Présidentielle américaine: les débats qui ont marqué l'histoire (vidéo)

© Capture d'écran YouTube

Mais sera-t-il aussi instructif, controversé, ou drôle que ceux des décennies écoulées ?

Kennedy-Nixon

C'est là où tout a commencé. Il y a 56 ans, à Chicago, un jeune gouverneur du Massachusetts et le vice-président sortant Richard Nixon participent au premier débat télévisé entre deux prétendants à la Maison Blanche.

L'exercice prouvera que si John F. Kennedy était l'outsider, il était aussi l'homme du moment, beaucoup plus télégénique que son rival, mal à l'aise et transpirant sous les projecteurs. Ce dernier sortait d'une hospitalisation et avait refusé tout maquillage...

La performance de Kennedy se révéla beaucoup plus déterminante que quiconque ne l'avait imaginé.

"La maîtrise de Kennedy de cet outil (la télévision) l'a aidé à transformer un léger déficit dans les sondages en une victoire électorale", résume Lance Tarrance, de l'institut Gallup.

Carter-Ford

Si Kennedy a démontré l'impact que pouvait avoir un débat bien mené, Gerald Ford a montré combien une gaffe pouvait coûter cher.

George H. W. Bush s'est attiré les critiques pour avoir regardé sa montre lors de son débat face à BillClinton. Mais l'impact fut limité.

En 1976, en revanche, lorsque Gerald Ford se retrouva à l'écran face au gouverneur démocrate de Géorgie Jimmy Carter, il fit un faux-pas qui lui coûta peut-être la présidence.

Lorsque la conversation s'orienta vers l'attitude de l'Union soviétique en Europe, Ford déclara, de manière inexplicable pour un président qui avait signé plus tôt les accords d'Helsinki, qu'il n'y avait "pas de domination soviétique de l'Europe de l'Est". Surpris, l'animateur intervint et demanda au candidat de clarifier ses propos, mais Ford refusa de reconnaître son erreur.

Les sondages de l'époque montrèrent que la soirée fut en réalité plutôt bonne pour Ford, qui réduisit son écart avec Carter. S'il n'avait pas trébuché, peut-être aurait-il remporté l'élection ?

Obama-Clinton

Certains débats se sont révélés important car ils furent instructifs, à défaut d'être décisifs.

En 2007, lors du débat des primaires démocrates face à Hillary Clinton, Barack Obama livra une réponse qui allait servir de guide à sa politique étrangère à la Maison Blanche.

"Seriez-vous prêts à rencontrer, sans conditions préalables, durant votre première année au pouvoir, les dirigeants de l'Iran, de la Syrie, du Venezuela, de Cuba ou de la Corée du Nord ?", demanda l'animateur aux deux candidats.

"Oui, je le serais", répondit sans détour le jeune candidat, dans ce qui fut à l'époque perçu comme une gaffe. "L'idée selon laquelle ne pas parler avec certains pays est une punition pour eux est ridicule", poursuivit-il.

Après huit années à la Maison Blanche, M. Obama a rencontré les dirigeants de deux de ces pays (Cuba et Venezuela) et le rapprochement qu'il a mené avec l'Iran est considéré comme l'un de ses principaux succès diplomatiques.

Lincoln-Douglas

Si peu de gens ont véritablement lu les débats de 1858 entre Abraham Lincoln et Stephen Douglas, ils sont régulièrement cités comme une référence.

Abordant tour à tour l'esclavage, la guerre, la morale, chacun de ces débats débutait par une intervention d'une heure, suivie de 90 minutes de réponse, puis de 30 minutes de réponse à la réponse.

Mais les débats Lincoln-Douglas ne furent pas présidentiels; les deux hommes se battaient alors pour un poste de sénateur de l'Illinois.

Et le format, trois heures par candidat, n'était pas exactement adapté aux exigences du "prime time".

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