Poutine: il y a un an, la Russie était "prête" à mettre en alerte ses forces nucléaires

15/03/15 à 20:41 - Mise à jour à 21:21

Source: Belga

Le président russe Vladimir Poutine a estimé dans une émission diffusée dimanche que l'envoi de soldats russes en Crimée avait permis d'éviter une "effusion de sang" au cours du référendum de mars 2014, à l'issue duquel cette péninsule ukrainienne a été rattachée à la Russie.

Poutine: il y a un an, la Russie était "prête" à mettre en alerte ses forces nucléaires

© Reuters

"Nous avons été contraints de prendre les mesures nécessaires pour nous assurer que les habitants de Crimée puissent exprimer librement leur volonté" il y a un an, après l'arrivée au pouvoir en Ukraine des forces proeuropéennes, a affirmé M. Poutine, dont des déclarations ont été reproduites par écrit par la chaîne publique de télévision Rossia 1 avant la diffusion du documentaire dimanche soir à Moscou. "Nous devions renforcer notre présence militaire en Crimée pour que le nombre de nos soldats permette de créer les conditions propices à l'organisation d'un référendum, un référendum sans effusion de sang", a jugé M. Poutine.

Le documentaire "Crimée. Le retour au bercail" a été diffusé dimanche en Extrême-Orient russe et doit être présenté au public moscovite à 19H00. La Russie a dépêché en Crimée des milliers d'hommes des forces spéciales et du renseignement en vue du "renforcement des sites militaires russes" sur cette péninsule, après la destitution le 22 février 2014 du président ukrainien prorusse Viktor Ianoukovitch, a raconté M. Poutine. Il a toutefois assuré que le nombre des militaires russes envoyés sur cette péninsule n'avait pas dépassé celui de "20.000 personnes autorisées" par un traité avec l'Ukraine sur la base navale russe de Sébastopol, le port d'attache de la Flotte russe de la mer Noire en Crimée. Un commando prorusse a pris le 27 février 2014 le contrôle du parlement de Crimée et a convoqué à la hâte les députés pour qu'ils votent en faveur d'un gouvernement favorable à Moscou et de l'organisation d'un référendum sur le rattachement à la Russie. Le président Poutine a reconnu que la Russie avait "agi de manière assez ferme" en Crimée. Mais "je suis sûr que si nous ne l'avions pas fait, les événements en Crimée se seraient déroulés conformément à un scénario similaire à celui que nous voyons aujourd'hui dans le Donbass", bassin minier de l'est de l'Ukraine où un conflit armé entre Kiev et séparatistes prorusses a fait près de 6.000 morts en onze mois, a martelé M. Poutine.

La Russie était "prête" à mettre en alerte ses forces nucléaires

La Russie était "prête" à mettre en état d'alerte ses forces nucléaires en mars 2014 en cas d'intervention militaire occidentale en Crimée, la péninsule ukrainienne annexée il y a un an par Moscou, déclare Vladimir Poutine dans une émission diffusée dimanche. "Nous étions prêts à le faire", a dit M. Poutine dont des déclarations ont été reproduites par écrit par la chaîne publique de télévision Rossia 1 avant la diffusion du documentaire dimanche soir. La direction russe était prête à faire face "à la tournure la plus défavorable qu'auraient pu prendre les événements", ajoute M. Poutine. Il indique notamment que l'armée russe avait positionné en Crimée des batteries de missiles de défense côtière "Bastion", des armes susceptibles de dissuader un navire de guerre américain qui était alors en mer Noire d'intervenir. "C'est la batterie de défense côtière la plus efficace à ce jour. Et à un certain moment, pour que tout le monde comprenne que la Crimée est bien défendue, nous avons transféré là-bas ces batteries", a-t-il déclaré selon la chaîne. "On ignorait alors" si l'Occident allait intervenir militairement, poursuit Vladimir Poutine dans ces déclarations. "C'est pourquoi j'ai été obligé de donner les instructions qu'il fallait à nos forces armées (...), de donner des ordres sur l'attitude de la Russie et de nos forces armées en toutes circonstances". "J'ai parlé avec mes collègues (occidentaux, ndlr) et je leur ai dit que c'était notre territoire historique, que des Russes habitaient là-bas, qu'ils étaient en danger et que nous ne pouvions pas les abandonner", a raconté le président russe. "C'était une position franche et ouverte. Et c'est pourquoi, je ne pense pas que quelqu'un ait eu envie de déclencher un conflit mondial", a ajouté M. Poutine.

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