Pénurie de carburants en France : Sarkozy ordonne le déblocage

20/10/10 à 09:57 - Mise à jour à 09:57

Source: Le Vif

Plusieurs membres du gouvernement sont montés au créneau ce mercredi matin pour rassurer les Français sur la pénurie de carburant.

Pénurie de carburants en France : Sarkozy ordonne le déblocage

© Reuters

Contexte

Les douze raffineries françaises ont été touchées par la grève et plusieurs dépôts de carburants ont également été bloqués, étendant les problèmes d'approvisionnement en carburant à l'ensemble du territoire de la métropole. Près d'un tiers des stations-service de France étaient en panne de carburant mardi, a annoncé le gouvernement.

Nicolas Sarkozy a ordonné le déblocage de tous les dépôts de carburant paralysés par des opposants à la réforme des retraites. "Mon devoir est de garantir le respect de l'ordre républicain au service de tous les Français", a-t-il dit lors du Conseil des ministres.

Au lendemain de la réunion de crise à l'Elysée sur le problème des carburants, les ténors de l'UMP étaient mobilisés ce mercredi pour montrer la fermeté du gouvernement sur la question.

Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, a assuré lui qu'il "ne laissera pas bloquer le pays" par les piquets de grève dans les dépôts de carburants. "Manifester est une chose, bloquer en est une autre. Manifester oui, bloquer non", a-il lancé sur RTL.

Déblocage de trois dépôts Des forces de l'ordre sont intervenues dans la nuit de mardi à mercredi pour débloquer trois dépôts de pétrole en France.Le ministre français de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a indiqué ce mercredi matin lors d'une conférence de presse, que 21 dépôts avaient été débloqués depuis vendredi et que les forces de l'ordre continueraient "à débloquer autant que nécessaire les dépôts".

"La situation actuelle ne saurait durer sans de graves conséquences pour notre pays", a-t-il ajouté. Dénonçant des "actes inacceptables et irresponsables", le ministre, qui préside la cellule interministérielle de crise activée lundi pour répondre à la pénurie de carburants, a confirmé le déblocage de deux autres dépôts dans la nuit de mardi à mercredi.

"Nous ne laisserons pas les voyous impunis" Brice Hortefeux a également prévenu que les forces de l'ordre ne laisseraient "pas les voyous impunis" pour des violences commises en marge de manifestations de jeunes contre la réforme des retraites. Des affrontements ont opposé mardi jeunes et forces de l'ordre en banlieue parisienne et à Lyon.

"En une semaine, ce sont, au total, 1.423 casseurs qui ont été interpellés", a ajouté le ministre, et "1.000 (d'entre eux) ont été placés en garde à vue" dont "149 ont d'ores et déjà été déférés" devant la justice.

Il a tenu à avertir "solennellement les individus qui voudraient attiser la haine, provoquer les forces de sécurité et empêcher la démocratie de s'exprimer (que) nous ne laissons pas et ne laisserons pas faire".

Lors de cette sixième journée d'action depuis la rentrée, le nombre des manifestants à travers le pays a atteint 1,1 million selon la police et 3,5 millions selon les syndicats.

59% des Français pour la poursuite de la contestation

Les Français solidaires. Près de six Français sur dix sont favorables à la poursuite du mouvement contre la réforme des retraites même après la probable adoption du texte au Sénat, selon un sondage.

Selon cette enquête, 59% des sondés se disent "favorables à ce que les syndicats poursuivent leurs appels à des mouvements de grève et à des manifestations après l'adoption du texte de la réforme des retraites par le Parlement". Ils sont 40% à penser le contraire et 1% ne se prononcent pas.

Par ailleurs, 62% des sondés demandent au président Nicolas Sarkozy de faire une pause dans les réformes et plus des deux tiers (68%) jugent "mauvaise" la politique économique menée par le gouvernement.

Le sondage a été réalisé par téléphone les 15 et 16 octobre auprès de 1.005 personnes âgées de 15 ans et plus.

Nouveau record d'impopularité pour Sarkozy

69% des Français ont une mauvaise opinion de Nicolas Sarkozy comme président de la République.

C'est le record historique d'impopularité pour Nicolas Sarkozy et pour tout Président de la cinquième république en près de 30 années de mesures.

Le mois dernier déjà, Nicolas Sarkozy parvenait pourtant à égaler son propre record d'impopularité établi en avril 2008 avec 32% de bonnes opinions contre le double (64%) de mauvaises.

Mêmes causes, mêmes effets, le Premier ministre plonge lui aussi, avec 45% de bonnes opinions et 52% de mauvaises, l'impopularité de François Fillon reste tout à fait acceptable, bien loin de celle de son Président.

Le Vif.be, avec L'Express.fr et Belga

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