Ne pas extrader Battisti est "une décision gravissime"

31/12/10 à 15:02 - Mise à jour à 15:02

Source: Le Vif

L'Association italienne des victimes du terrorisme (AIVITER) s'indigne du refus du président brésilien Lula d'extrader l'ancien activiste d'extrême-gauche. Le porte-parole international de l'association, Luca Guglielminetti, explique pourquoi à LEXPRESS.fr.

Ne pas extrader Battisti est "une décision gravissime"

© EPA

Comment interprétez-vous la décision du président brésilien?

Cette décision gravissime traduit avant tout la proximité idéologique entre le président Lula et Cesare Battisti. Il faut se souvenir que les deux hommes ont en commun d'avoir été des activistes de gauche. Nous retrouvons chez Lula la sympathie qu'affichait à une époque l'intelligentsia française pour cet homme accusé d'avoir participé, directement ou indirectement, à quatre homicides. Ces gens-là prétendent que l'Italie des années 70 n'était pas une démocratie mais un pays digne du Chili de Pinochet. C'est faux, bien sûr, même la gauche italienne le reconnaît aujourd'hui. Les suspects n'étaient pas jugés dans des stades mais dans des tribunaux qui respectaient leurs droits.

Est-ce une défaite pour la diplomatie?

Absolument. Qu'ils soient de droite ou de gauche, les gouvernements successifs de notre pays ne se sont pas occupés de cette affaire. L'unanimité droite-gauche affichée au niveau parlementaire sur le cas Battisti n'a pas été suivie d'effets au niveau diplomatique. Les intérêts politiques et commerciaux l'ont emporté. N'oubliez pas que l'Italie est le deuxième partenaire commercial européen du Brésil.

Votre association n'a-t-elle pas, elle aussi, une orientation politique?

Aucunement. Nous ne sommes ni dans un camp ni dans un autre et nous n'agissons pas par esprit de vengeance. Les familles des victimes du groupe terroriste de Battisti sont toutes membres de notre association. Elles veulent s'en tenir aux décisions de la justice de notre pays. Et cette justice a condamné Battisti. Encore une fois, l'Italie n'est pas le Chili de Pinochet!

L'Express.fr

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